Route Kayes-Bamako ou la route de la mort: Trop d’accidents, beaucoup de morts et personne n’en parle !

Les accidents des bus effraient les Kayesiens car ils en font généralement plus que les autres engins. Certains d’entre eux se sont produits ces six derniers mois. Malgré son état désastreux, la route nationale N° 1 est devenue très vite la route de la mort.

Des chiffres qui font peur…

A Kayes, il ne se passe pas un mois sans que la route ne fasse des victimes. La recrudescence des accidents sur le tronçon Kayes-Bamako durant l’année 2016 risque de doublée voire triplée ceux de 2015 qui étaient au total 440 dont 157 blessés grave et 67 décès, un chiffre publié dans le recueil des statistique des accidents corporels de la circulation routière de l’année 2015.

Cette recrudescence ne laisse personne indifférent dans la 1ère région où le transport occupe une place importante sur l’échiquier économique. Il ne se passe pas un seul mois où les pompiers ne déroulent une comptabilité macabre en termes de pertes en vie humaine ou des dégâts matériels importants. « Un car est entré en collusion avec un autre par-ci, un autre s’est renversé sur la voie du côté opposé par-là », des situations qui défraient la chronique dans la cité des rails. Des cars de poubelles ou neuf venus de l’Europe avec des conducteurs « qui laissent à désirer » au volant et qui prennent parfois des risques ahurissants sont les causes principales de ces accidents sur la RN1.

La RN1 indexée !

Il est vrai que l’état de cette route construite sous le règne du président Amadou Toumani Touré est à déplorer mais ceci n’explique pas tout cela, selon un agent routier.

Depuis quelques années les compagnies de transport en direction de la première région administrative du pays ont poussé comme des champignons. Il suffit d’avoir deux ou trois cars à son compte pour en faire une compagnie de transport. Avec ou sans correspondant sur place à Kayes, les responsables de ces compagnies de transport n’arrivent pas à suivre les mauvais comportements de ses chauffeurs, l’état des cars, des pneus défectueux, des surcharges et des excès de vitesse sont monnaie courante. « La seule chose qui importe aux propriétaires des compagnies : la vente des billets, le service bagage ou courrier en marche. Le reste est dans la main de Dieu » s’exclame un passager !

Un autre voyageur de dire « certes, la RN1 est en mauvais état mais si on roule correctement, certains accidents pouvaient être évités ».

Le car, moyen de locomotion le moins sûr ?

Deux compagnies ne finissent pas de parler d’elles en termes d’accident sur l’axe Kayes-Bamako. Les clients attirés par des nouveaux bus « MCV ou King long’’, les compagnies Gana transport et Sonef sont entrain de battre le record d’accidents et le record de décès liés aux accidents sur le sol Kayesien.

La sûreté d’une compagnie de transport s’explique grâce à plusieurs données. L’état des véhicules, les chauffeurs, la gestion de la compagnie toute entière doit être soumise à des normes strictes.

Les témoignages de plusieurs des survivants des accidents indexent les chauffeurs qui roulent trop vite ou qui ne respectent pas le code de la route. Selon une autre enquête que nous avons menée au sein de certaines compagnies, nous nous sommes rendus compte que le temps de repos n’est pas respecté par le conducteur qui somnole au volant ou souvent est généralement distrait par le téléphone portable.

Réparation du dommage corporel après l’accident ?

Ces conséquences peuvent être énormes, en perte de vie humaine. Certaines victimes peuvent être handicapées ou traumatisées à vie, ce qui suscite des mesures d’accompagnements. Le dommage corporel ou préjudice corporel défini les atteintes physiques qui touchent les victimes d’accidents.

La réparation du préjudice corporel et ses techniques doivent répondre à deux grands principes du droit de la responsabilité civile ne sont pas toujours respecté c’est-à-dire la réparation intégrale qui consiste à vouloir remettre la victime dans sa situation avant l’accident.

Le silence complice des autorités ?

Après les accidents, les gendarmes et la protection civile viennent sur le lieu, inspectent, transportent les blessés ou les morts. Les résultats de l’enquête se retrouvent dans les tiroirs comme des centaines d’autres ; c’est la population qui paye le lourd tribut. Aucune autorité ne lève le petit doigt pour savoir si les blessés sont pris en charge correctement. ‘’Quand les compagnies toussent, les autorités kayesiennes s’enrhument’’, m’a lancé au figure un agent d’une compagnie lors de nos enquêtes.

Sensibilisation et sanction !

Il est temps que nous acceptions de regarder les choses en face, de se remettre en question pour que nos enfants ne nous interpellent pas tout comme nous le faisons à nos autorités.

La sécurité routière incombe à toute la société. Chaque acteur de la route doit tenir compte de sa sécurité et de la sécurité des autres. Ces conducteurs doivent connaitre leur rôle et celui des autres, ceci résulte d’un long apprentissage. Les hautes autorités de ce pays doivent avoir la mainmise sur la délivrance des permis de création de compagnie, des suivis réguliers et de sanctions aux fautifs.

Kayes occupe la troisième place des villes maliennes qui enregistrent plus de morts sur ces routes. En 2015, la ville de Bamako a décompté 222 tués, suivi de Sikasso avec 80 morts.

A. SISSOKO

Source : aBamako

aBamako

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