Conférence de presse : le RPM se prononce sur les sujets brulants de l’actualité

Respectant une tradition qu’ils ont établie depuis octobre dernier afin d’échanger sur les grands sujets d’actualité, les responsables du Rassemblement Pour le Mali (RPM) ont rencontré hier jeudi la presse dans la salle de réunion du Centre national du patronat malien à Hamdallaye ACI 2000. Dirigée par le président du parti, Dr Bocari Tréta, la conférence de presse a été principalement animée par le secrétaire général Me Baber Gano assisté de Mahamadou Camara, le secrétaire aux relations extérieures du Bureau politique national du Parti des Tisserands.

Dans ses propos liminaires, le président du RPM s’est longuement penché sur les récents développements de l’actualité nationale, surtout au sein de l’Assemblée nationale. Dr Bocari Tréta juge qu’il est normal, dans le fonctionnement des institutions de la République, que les députés interpellent les ministres, et déposent au besoin une motion de censure contre le gouvernement. Il a, toutefois, fustigé ce que lui même qualifie de « campagne destructrice et méchante » menée contre le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta, avant le vote de la motion de censure. « Notre opposition est déstabilisatrice, putschiste, elle s’est installée dans la déstabilisation. Or, s’il n’y a pas de stabilité des institutions, il n’y aura jamais la paix dans notre pays », a martelé l’ancien ministre. Dr Tréta se dit persuadé que le candidat du parti à l’élection présidentielle de 2018, le président Ibrahim Boubacar Kéïta sera réélu dans les règles de l’art.

Le patron des Tisserands a qualifié d’historique le vote des résolutions par le parlement sur l’abandon des poursuites contre l’ancien président Amadou Toumani Touré et l’ouverture d’une enquête judiciaire pour situer les responsabilités relatives à l’assassinat d’agents civils et militaires à Kidal en mai 2014. Sur le cas ATT, Dr Bocari Tréta s’est réjoui de la décision prise par l’Assemblée nationale, estimant que celle-ci s’inscrit dans le cadre de la réconciliation nationale. Il a aussi soutenu qu’il est important que l’opinion sache ce qui s’est exactement passé à Kidal en mai 2014.

Le conférencier a salué la tenue récente des élections communales de même et se dit satisfait de l’état des préparatifs de l’organisation du sommet Afrique – France prévu en janvier prochain à Bamako. De son côté, le secrétaire général Me Baber Gano a fustigé le comportement des auteurs des propos « désobligeants et déstabilisateurs » tenus contre le chef de l’Etat. Au RPM, selon Me Gano on n’écarte pas l’éventualité de l’ouverture d’une enquête judiciaire contre de tels auteurs.
Actualité oblige, les questions des journalistes ont essentiellement porté sur le communiqué conjoint entre le Mali et l’Union Européenne concernant les émigrés maliens. Ce communiqué co-signé par notre ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop et son homologue néerlandais Bert Koenders « n’a aucune valeur juridique et ne peut être considéré comme un accord », indique Me Baber Gano,. Son camarade chargé des Relations extérieures Mahamadou Camara, estime que les questions migratoires « suscitent forcement l’émoi, la crispation et la tension car elles concernent quasiment tous nos compatriotes ». Pour M. Camara, il n’a jamais été question de signature d’un accord de réadmission des Maliens. Un tel « accord est de nature à affaiblir notre pays », selon l’ancien ministre de la Communication qui explique que la déclaration du ministre des Affaires étrangères des Pays Bas intervient dans un contexte où les discours populistes contre l’immigration ont de plus en plus la cote dans le monde pour des raisons électoralistes.

« Nous n’acceptons pas que le Mali soit le marchepied de l’ambition de certains politiques européens », a lancé Mahamadou Camara.
Revenant sur un autre point chaud de l’actualité, certains confrères de la presse ont évoqué le vote des résolutions concernant respectivement l’ancien président de la République Amadou Toumani Touré et les événements consécutifs à la visite de l’ex-Premier ministre Moussa Mara à Kidal en mai 2014. S’agissant de la résolution concernant l’ancien chef de l’État, Me Gano soutient qu’elle ne constitue aucunement un revers ni pour le RPM, ni pour la majorité présidentielle encore moins pour les autorités du pays. Cette résolution prise en toute souveraineté par les députés « confirme plutôt le principe de la séparation des pouvoirs et s’inscrit dans le cadre de la réconciliation nationale », note le secrétaire général du RPM. En ce qui concerne le cas de l’ancien Premier ministre, Me Baber Gano indique : « jamais il n’a été dit dans la résolution votée que la responsabilité pénale de Moussa Mara est établie, on n’est pas encore à ce niveau. Il s’agit d’ouvrir une enquête » judiciaire pour faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé à Kidal en mai 2014..

Par ailleurs, des journalistes ont posé des questions relatives à l’étrangéité des alliances ‘’contre nature’’ entre des partis de la majorité et de l’opposition lors des élections ainsi que l’état des lieux des préparatifs du sommet Afrique France. En réponse, Me Baber Gano affirme que les alliances nouées avec les partis politiques de l’opposition ne décrédibilisent pas leur action politique.
Elles leur permettent au demeurant d’obtenir des postes électifs, objectifs légitimes de tous les acteurs politiques. En outre, Me Gano souligne que l’administration est à pied d’œuvre pour accueillir le sommet Afrique France qui consacre la réconciliation, la paix, la relance de l’économie, la sortie de crise et un hommage à la résilience de notre pays. « Dans un pays en crise, on ne peut organiser ce genre de rencontres internationales », conclut le secrétaire général du RPM.

M. SIDIBÉ


Source : Africatime

Africatime

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