Motion de censure : Modibo échappe bel

Depuis sa nomination à la primature, le Premier ministre fait face à une fronde interne au sein du parti majoritaire. Profitant de l’actualité brûlante, ces cadres pétris dans l’ombre auraient envenimé la situation jusqu’à pouvoir soutenir une partie de l’opposition au dépôt d’une motion de censure contre le gouvernement du vieil instituteur Premier ministre. D’où la non inscription de certains barons de l’opposition à la liste de la motion.

Les vœux de l’opposition (ou d’une certaine majorité) n’ont pas été exaucés, suite au dépôt de la motion de censure du 16 Décembre de 18 députés de l’opposition (VRD et ADP MALIBA – SADI), malgré la soumission de l’Assemblée nationale au débat et au vote. Le vote ayant donné 112 voix pour le maintien du gouvernement et 33 pour sa destitution.

Le débat sur la prétendue signature d’un accord entre le Mali et l’Union Européenne s’est invité à l’Assemblée nationale avec l’interpellation de trois ministres du gouvernement Modibo Kéïta (mardi 20 décembre) et le débat et vote d’une motion de censure par l’opposition contre ledit gouvernement le mercredi 21 décembre 2016. Coïncidant avec la clôture de la session d’octobre de la représentation nationale qui était contraint de faire d’une pierre deux coups.

En effet, l’une des raisons principales de la motion de censure qui, selon nos sources, était soutenue par certains cadres du Rpm dont les alliés à l’hémicycle n’ont finalement pas pu jouer le jeu, est l’affaire d’une prétendue signature d’un accord entre le Mali et l’UE pour la migration. Ceux-ci n’ont eu qu’à faire des yeux doux au Premier ministre Modibo Kéïta qui l’a bien comprise en tant que psychologue. Voici le contenu du communiqué commun MALI – Union Européenne

A la suite du Dialogue de Haut Niveau sur la Migration

Bamako, le 11 Décembre 2016

À l’invitation de S.E.M Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, S.E. M. Bert KOENDERS, Ministre des Affaires Étrangères du Royaume des Pays-Bas, a visité le Mali au nom de S.E Mme Federica MOGHERINI, Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne, dans le cadre du dialogue de Haut Niveau sur les questions migratoires.

Cette visite s’inscrit dans le cadre du dialogue de Haut Niveau sur les questions migratoires initié entre le Mali et l’Union Européenne depuis le Sommet de La Valette (11 et 12 Novembre 2015) sur la migration. Cette visite intervient deux mois après celle du Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, S.E. M. Neven MIMICA au Mali.

Le Ministre Koenders a été reçu par S.E.M. Diop, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine de la République du Mali, M. Mamadou Konaté, Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et Garde des Sceaux, ainsi que des représentants des Ministres des Maliens de l’Extérieur, de la Sécurité et de la Protection Civile.

Les deux Parties ont rappelé la qualité des relations et les liens étroits de partenariat entre le Mali et l’Union européenne et les Etats Membres, qui se manifestent par ailleurs par une coopération englobant une multitude de domaines, y compris ceux du développement, des Droits de l’Homme, de la Sécurité, de la lutte contre le terrorisme, de la culture et des sciences.

Concernant plus spécifiquement les questions migratoires, guidés par l’esprit et les principes de coopération qui ont prévalu au Sommet de La Valette sur la migration, les deux Parties ont eu des échanges sur l’ensemble des aspects de la migration et leur coopération dans ce domaine. En se référant au Communiqué commun Mali – Union Européenne du premier dialogue de Haut Niveau de 14 Avril 2016, les discussions ont rappelé leur détermination de renforcer leur coopération dans l’ensemble des domaines retenus lors du Sommet de La Valette, notamment :

– La lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées ;

– La coopération concernant la mobilité légale ;

– La Protection des migrants et refugiés;

– La prévention et la lutte contre la migration irrégulière, y compris le trafic des êtres humains ;

– Le retour, la réadmission et réintégration des migrants en situation irrégulière, le tout en respect des engagements internationaux.

Lors de leur rencontre en avril 2016, les autorités maliennes et européennes ont souligné la convergence entre le Plan d’Action de la Valette et la Politique Nationale de Migration du Mali (PONAM) et ont convenu qu’ils constituent une base solide pour déterminer des mesures concrètes de coopération en la matière. Ainsi, les échanges ont permis d’approfondir l’analyse des défis et potentialités de la migration, en tenant compte des intérêts et priorités partagés.

Les deux Parties se sont félicitées de l’intensification de la coopération en matière de migration depuis le dialogue de Haut Niveau du 14 Avril 2016, tout en constatant des initiatives concrètes, une mobilisation de ressources importante et des premiers résultats encourageants. A travers le “ Fonds fiduciaire d’urgence en faveur de la stabilité et de la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière “, neuf projets ont été approuvés pour un montant total de 145.1 millions d’euros, dont trois initiatives régionales (pour 53.6 millions d’euros) et six projets qui ciblent le Mali (91.5 millions d’euros). Il s’agit notamment des initiatives de création d’emploi, d’appui aux investissements en faveur de la diaspora malienne, de sécurité et développement au Nord du Mali et du renforcement de la résilience et l’accès aux services de base.

Comme résultat concret du Dialogue de Haut Niveau sur la Migration de 11 décembre 2016, les deux parties ont marqué leur accord sur les domaines d’une coopération renforcée, en prévoyant des actions prioritaires dans des domaines d’intérêts partagés, à intégrer dans une Feuille de Route conjointe.

Les domaines prioritaires sur lesquels les deux parties envisagent de renforcer leur collaboration sont la création d’emploi pour les jeunes dans les régions de départ et d’origine des migrants ; le renforcement des systèmes cohérents et robustes de registres de l’état civil, ainsi que la délivrance des cartes d’identité et passeports sécurisés et l’utilisation des passeports biométriques; la gestion des frontières et un meilleur contrôle du territoire ; la protection des migrants en transit au Mali et la lutte contre la traite des êtres humains et les “passeurs” ; l’accompagnement des retours d’Europe des personnes en situation irrégulières, sur la base des procédures standard, conclus entre les deux parties tout en respectant leurs obligations mutuelles. Les deux Parties ont également mis un accent particulier sur le respect des droits de l’homme des personnes concernées.

Les deux Parties ont convenu de mettre en place une structure appropriée de concertation locale, sous l’égide du gouvernement du Mali et avec la pleine participation de la partie européenne, pour permettre de coordonner les différentes actions et programmes dans le cadre de la coopération sur les questions migratoires et pour en assurer la cohérence avec les orientations stratégiques nationales.

Les deux Parties se sont mis d’accord de mener le prochain dialogue de Haut Niveau, permettant d’évaluer le progrès enregistré, avant le mois de Septembre 2017.

Bamako, 11 Décembre 2016.

En ce qui concerne les autres points de la motion, ils sont : l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité des populations et, son incapacité à organiser des élections municipales sur l’ensemble du territoire.

A la fin, sur les 147 députés que compte l’hémicycle de Bagadadji, ils ont été seulement 33 députés à vouloir la démission du gouvernement Modibo Kéïta. Contre 112 qui se sont opposés. Ainsi, Modibo Kéïta qui n’est pas de sainteté avec un certain nombre de cadres du Rpm l’a échappé bel. Il est bien parti pour remplir le reste de son contrat, si Dieu le lui permet. Vivement Modibo Kéïta pour accueillir l’Afrique-France, à la fin duquel sommet, il risque de se décharger pour pouvoir se mettre au service de ses petits enfants qui l’attendent de pied ferme.

En tous les cas, s’il s’avère qu’il y eut des injonctions de cadres du Rpm, il faut dire que rien n’est surprenant en politique. Sachant bien que le Rpm ne digère toujours sa mise à l’écart par rapport à la gestion de la primature.

Boubacar DABO

Source : aBamako

aBamako

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