Avec Barkhane à la frontière Mali-Niger, pour « taper dans la fourmilière »

L’opération Garikou a mobilisé 550 hommes des armées de trois pays. Récit d’une expédition de contrôle transfrontalier.

Il est une heure du matin, quelque part dans le désert malien. En cette nuit du 17 décembre, les soldats français de l’opération Barkhane s’équipent en silence. Vision nocturne et sac allégé. C’est parti pour une « marche d’infiltration », cinq kilomètres avant le point d’observation. « Ensuite, on attend le lever du jour en bouclant la zone puis il nous restera 11 kilomètres de patrouille pour contrôler les villages et les hameaux que l’on va croiser », détaille le lieutenant Yvan, chef de la section « Rouge 30 » du groupement tactique blindé Conti.

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La lune éclaire les pas de la petite colonne qui s’ébranle. Tant mieux pour les forces armées maliennes (FAMA), qui ne sont pas équipées d’instrument de vision nocturne. C’est le lieutenant Coulibaly qui est à la manœuvre, sur ce qui a été désigné comme le « fuseau ouest » de l’opération Garikou. Une opération d’une dizaine de jours à la frontière entre le Mali et le Niger démarrée le 15 décembre et mobilisant, en tout, 550 hommes des armées française, malienne et nigérienne, plus de 100 véhicules et d’importants moyens aériens.
Appui tactique aux forces maliennes

Barkhane n’est là que pour « apporter un appui en hommes et en matériel » aux Maliens, explique le lieutenant Yvan. Dans les faits, les officiers des deux armées fonctionnent en binôme. Barkhane peut guider l’évolution des FAMA dans ces zones, abandonnées au moment de l’avancée des djihadistes en 2012. « Ce que l’on veut, c’est accompagner les FAMA dans une progression opérationnelle et tactique. Faire en sorte qu’ils soient, à terme, capables de faire seuls ce que l’on fait ensemble aujourd’hui ». Point d’orgue de l’opération de la nuit, des troupes maliennes sont transportées sur la zone par des hélicoptères de Barkhane.
5 h 35. Les hélicoptères atterrissent à quelques kilomètres de la position du lieutenant Yvan. Il chuchote à ses troupes : « Le bruit aura alerté tout le monde. Le premier hameau est à 300 mètres. On attend le feu vert et on y va ». Le soleil se lève rapidement et le village de Tinssalati dévoile une mosquée, plusieurs concessions délimitées par de petits murets en terre et des maisonnettes, la plupart fermées à clef. « Le cadenas vaut plus cher que la porte entière », plaisante un soldat français de la section du génie.

Source : aBamako

aBamako

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