Après sa décision de suspendre sa participation au CSA: la CMA suppliée par la médiation

La CMA ne finit pas de surprendre dans le processus de paix engagé dans notre pays depuis plus d’une année. Elle vient de donner une fois encore du grain à moudre à la médiation internationale, en annonçant, mardi dernier, sa décision de suspendre sa participation au Comité de suivi de l’Accord et à ses différents sous-comités. Ainsi, la CMA, qui devait rendre compte à la Médiation internationale au cours de cette session, demande des comptes.

Hier encore les tractations étaient toujours en cours pour la faire revenir à la table de négociations, à travers le Comité technique de suivi (CTS) de l’accord qui se tient aujourd’hui.
Contrairement à la treizième session du Comité de suivi de l’Accord de paix, la 14e tenue, les 19 et 20 décembre dernier, n’a pas été sanctionnée par des recommandations appropriées. Et pour cause ? La CMA, habituée à prendre les autres parties prenantes de l’accord, y compris la communauté internationale, comme de grands enfants, a encore joué au dilatoire. Se sentant coincée face à ses propres engagements, la CMA a choisi de prendre le devant en suspendant sa participation au CSA avant d’appeler ‘’urgemment à une rencontre de haut niveau de la médiation internationale élargie en vue de sauver l’Accord et préserver la crédibilité du processus et de tous les acteurs impliqués’’.
La stratégie est bien peaufinée par les responsables de l’ex-mouvement rebelle qui au lieu de rendre des comptes pour sa responsabilité dans l’opérationnalisation du MOC à Gao et à Kidal ainsi que la mise en place des autorités intérimaires, la CMA s’est mise à accuser le gouvernement et la médiation internationale. Ainsi, le document remis par la CMA, daté du 19 décembre, signé de son président en exercice, Alghabass Ag INTALLA, justifie cette décision par l’intensification des violences et l’absence de progrès en matière de réformes de la part du gouvernement. La Coordination estime que 18 mois après la signature aucun des points inscrits dans la période intérimaire n’a été opéré de façon concertée entre les parties. Elle dénonce également ‘’les violations répétées du cessez-le-feu, les atteintes aux droits humains et le déplacement forcé des populations’’. Les responsables de la Coordination mettent en cause la prolifération des groupes armés encouragés et entretenus selon eux, par le gouvernement dans le but d’entraver la mise en œuvre de l’accord. Enfin, la CMA pointe du doigt la difficulté pour la médiation internationale à encadrer et faire respecter les engagements pris.
Comme l’on peut s’en rendre compte, la CMA ne fait cas d’aucun effort fourni par le gouvernement et les partenaires dans la mise en œuvre de l’accord, notamment la nomination d’un Haut représentant du Président de la République pour la mise en œuvre de l’Accord ; la mise en place (en cours) des commissions DDR et Réinsertion et la nomination de leur président respectif ; l’élaboration du Programme national de DDR et d’un plan stratégique pour la stabilisation du Mali. À cela s’ajoute, l’opérationnalisation du MOC à Gao où d’ailleurs les seuls combattants de la CMA sont incessamment attendus pour son démarrage.
Aujourd’hui, la réalité et la volonté qui s’affichent derrière cette suspension consistent à rebeloter, parce qu’il s’agit de la CMA, des enfants gâtés de la République, des protégés d’une certaine communauté internationale qui font d’eux des intouchables.
Le gouvernement et la Médiation internationale ont-ils le choix de ne pas courir aujourd’hui derrière ces ex-rebelles qui ont toujours du mal à s’accommoder avec la notion de normalité ?
En tout cas, depuis mardi, c’est une médiation internationale qui jouait tout son va-tout pour faire revenir cet ex-mouvement rebelle à la table de négociation.
Par Sidi Dao
Programme de DDDR : Plus de combattants que prévu
Alors qu’il était censé concerner quelque 10 000 combattants, le Programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), qui se met lentement en place dans notre pays, voit ses effectifs croître de manière exponentielle.
Selon des sources concordantes, au sein de la Commission nationale de DDR, qui vient de s’installer dans le quartier huppé de la Cité du Niger, à Bamako, on évoque une fourchette de 12 000 à 15 000 hommes !
À l’approche du début des opérations, les groupes armés signataires de l’accord de paix ont gonflé – et parfois triplé – leurs effectifs.
À ce rythme, l’on s’inquiète déjà que les 50 millions de dollars sur lesquels les autorités tablaient pour financer l’ensemble du processus ne suffisent.

Par Sidi DAO

Source : aBamako

aBamako

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