Rentrée solennelle des grandes écoles et universités : Le leadership du MRTC dans la lutte contre le paludisme en vedette

La rentrée a été l’occasion de partager avec la communauté scientifique nationale et avec l’ensemble de nos compatriotes, quelques résultats des travaux d’un des fleurons de la recherche scientifique malienne

« La recherche universitaire au service du développement, le MRTC (Malaria research and training center) : un centre d’excellence dans la lutte contre le paludisme », tel est le thème retenu pour la rentrée solennelle 2016-2017 des grandes écoles et universités. L’événement s’est déroulé hier au Palais de la culture sous la présidence du chef de l’État, Ibrahim Boubacar Kéïta. C’était en présence du Premier ministre, Modibo Kéïta, des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique, des enseignants chercheurs et de nombreux étudiants.

Dans son discours de bienvenue, le maire de la commune V, Amadou Ouattara a remercié les autorités pour avoir choisi le Palais de la culture comme site pour abriter la cérémonie de la rentrée solennelle des grandes écoles et universités. La présence du président de la République témoigne de son engagement pour l’école en général et pour l’université en particulier, a-t-il ajouté.

Juste après l’intervention de l’édile, l’éminent professeur Ogobara Doumbo a fait une majestrale présentation de la leçon inaugurale. On y apprend que la malaria a un impact négatif sur la qualité de la scolarisation de l’enfant africain. Le Pr Doumbo a également abordé l’impact du MRTC sur les ressources humaines au sein de l’université entre 1976 et 2016 : 50 professeurs de rang A issus du MRTC servant à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB) ; 12 leaders d’unité-laboratoire ; 2 présidents de conseil d’université ; 2 recteurs d’universités ; 1 directeur du Centre national de recherche scientifique et technologique (CNRST) ; 3 doyens de facultés et 1 directeur d’école doctorale.

Toujours aux dires du Pr Ogobara Doumbo, pendant la même période, le Centre a obtenu des résultats tangibles dans la lutte contre certaines maladies comme la malaria (épidémie, stratégies, vaccins) ; onchocercose ; schistosomiases ; filarioses (épidémiologie, traitement) ; dracunculose etc. Toujours à en croire Pr Doumbo, le MRTC a, en outre, impacté sur l’ensemble de la cartographie du paludisme au Mali, à travers notamment l’enquête le long de la route transsaharienne en 1988 ; la gestion efficiente de la première épidémie du paludisme au Nord du Mali en 1998 et la gestion efficiente de la seconde épidémie du paludisme dans la Région de Kidal en 2015.

D’autres faits importants pour le MRTC, a explique Pr Doumba, ont trait à la présentation des résultats de la structure au président de la Banque islamique de développement (BID) à Djedda et la mobilisation des pays du Sahel pour l’élimination de la malaria. Les responsables du Centre ont aussi été doublement reçus par le président tchadien Idriss Deby qui a manifesté sa volonté de les soutenir dans leurs louables efforts.
Le MRTC a aussi ouvert des centres de recherche et a mis en place des projets de lutte contre le paludisme dans nombre de localités maliennes comme Bancoumana, Ouéléssébougou, Bandiagara, Kalifabougou etc, et des appuis aux autorités décanales et universitaires, a rappelé Pr Doumbo. Il a annoncé que les stratégies de développement des vaccins « made par des chercheurs du MRTC » seront bientôt une réalité. « Nous sommes fiers de tous ces résultats obtenus par le MRTC qui est une véritable Success Story », a-t-il conclu.

À sa suite, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Assétou Founé Migan a déclaré que la présence du président de la République confirme sa conviction quant au rôle central de l’éducation et du travail intellectuel dans le progrès d’une nation. Pour le ministre, la question de l’enseignement demeure le problème des problèmes, le problème le plus pressant auquel l’enseignement supérieur doit apporter des solutions et le plus rapidement possible. Et Pr Assétou Founé Migan d’affirmer que certains chiffres donnent froid au dos. En effet, a-elle expliqué, des chiffres indiquent que le rapport enseignant et étudiant pour notre pays est de 1 enseignant pour 51 étudiants, la norme envisagée par l’UNESCO indiquant un ratio d’un enseignant pour 30 étudiants.

Ce ratio se creuse davantage quand il s’agit des enseignants de rang magistral, il s’agit donc de doter notre pays de ressources enseignantes, cela le plus rapidement possible, dira le chef du département en charge de l’Enseignement supérieur.

Pr Assétou Founé Migan d’annoncer que face à ce problème, le ministère s’est engagé à un recrutement massif, souhaitant néanmoins dissocier le budget de recrutement de celui des heures supplémentaires.

De plus, l’amélioration des ressources allouées aux étudiants avec la bancarisation, l’achèvement de la cité universitaire de Kabala, la rénovation de l’École normale supérieure (ENSUP) sont autant d’acquis et de chantiers pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, selon le ministre.

« Dans le domaine de la recherche, le fonds compétitifs de recherche et de l’innovation technologique est enfin accessible. Une journée de mérite du chercheur et de l’innovateur aura lieu le 30 juin de chaque année », a conclu le ministre.

DES PERTERS ECONOMIQUES ENORMES.
Intervenant à son tour, le président de la République a souligné que le paludisme qui touche près de 100 pays à travers le monde, est en Afrique au sud du Sahara un problème majeur de santé publique. En 2015, 90 des 300 millions de cas de paludisme et 92 des cas de décès au moins un million dus à la maladie étaient enregistrés dans cette partie du monde, avec des pertes économiques estimées à plus de 12 milliards de dollars pour l’Afrique, a révélé Ibrahim Boubacar Kéïta.

Selon le chef de l’Etat, au Mali, le nombre de cas enregistrés en 2014 s’élevait à 2.584.317, le paludisme représentant 39% des motifs de consultation dans nos cabinets et étant la principale cause de mortalité avec 13%. Ces quelques chiffres justifient amplement le choix du thème de la rentrée solennelle de cette rentrée académique, a indiqué le chef de l’État.

En décidant de partager avec la communauté scientifique nationale et avec l’ensemble de nos compatriotes quelques résultats des travaux d’un des fleurons de la recherche scientifique malienne sur un thème d’intérêt mondial comme le paludisme, a poursuivi Ibrahim Boubacar Kéïta, vous démontrez parfaitement combien l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la recherche universitaire peuvent et doivent contribuer au développement socioéconomique du pays.

« Tout n’est pas noir, tout ne saurait être noir, la recherche malienne est rose malgré sa pauvreté en ressources humaines et en ressources financières. Savoir que nous sommes à un tel niveau de l’édifice mondial de recherche nous fait obligation, pas seulement d’y demeurer mais d’aller encore plus loin, plus haut », a lancé le président de la République. Avant de demander au ministre de l’Économie et des Finances d’accompagner la recherche malienne.
Ibrahim Boubacar Keïta a ensuite soutenu que le MRTC, cette jeune institution de recherche, doit être source de légitime fierté et d’inspiration pour ce Mali qui, dans un contexte de crise sévère dont il se remet à peine, a besoin de quelques exemples de réussite. Pour lui, les prix prestigieux qui ont été décernés au Centre à travers le monde constituent à cet égard des raisons d’espérer. Cette reconnaissance mondiale atteste que les maliens peuvent trouver des solutions intelligentes à toutes les difficultés qui les assaillent dès qu’ils s’en donnent la volonté, a ajouté Ibrahim Boubacar Kéïta.
« Les résultats obtenus par le MRTC prouvent qu’il existe un génie malien, que nous mais surtout que vous les universitaires devez vous mobiliser au service de notre peuple. Pour ma part, j’engage le gouvernement à mobiliser toutes les ressources nécessaires indispensables à l’accomplissement de votre mission », a conclu le président de la République.

M. SIDIBÉ

Source : aBamako

aBamako

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