IBK chez Ousmane Chérif : Les leçons d’un acte

La chose n’est pas passée inaperçue. D’ailleurs il ne pouvait en être autrement puisque la seule présence de membres du gouvernement à la traditionnelle rencontre médiatisée du Mahloud signifiait à faire comprendre que le président de la  république avait averti de sa  venue au stade du 26 mars. Grâce aux images prises par nos confrères de l’ORTM, les Maliens ont aperçu le président IBK à la fête populaire du prêcheur Ousmane Chérif Haïdara. Un homme très satisfait et heureux d’avoir eu, parmi ses disciplines du jour, le chef de l’Etat lui-même. Qu’est-ce qu’IBK était-il venu faire au stade du 26 mars, la nuit du Mahloud ? On ne peut pas imaginer que c’était uniquement pour les propos dans lesquels M. Haidara allait prêcher puisque depuis quelques années, il s’est épargné cette peine de tenir en haleine ses milliers de fans sur les préceptes clés de l’Islam. La raison de cette “irruption” du président IBK sur la pelouse du stade du 26 mars devrait être ailleurs. Ousmane Chérif Haidara n’est pas le seul prêcheur des grands jours à Bamako. Ils fouisonnent, les Imams et autres exégèses à prier et faire des bénédictions pendant de longues heures dans les mosquées pour célébrer les dates de naissance et de baptême du Prophète (Paix sur Lui). Et là ce sont de vraies prêches et non du dilatoire qui s’apparente même à des comptes-rendus de bilans matériel et financier. Donc, si le chef de l’Etat a choisi d’aller “fêter” Mahloud avec M. Haidara, ce n’est ni plus ni moins qu’une façon de choisir son camp. L’acte, à n’en pas douter, ne sera pas sans conséquence. Nous ne sommes pas dans les secrets des dieux. Mais il y a fort à parier que des associations (ançar dine de Ousmane Haidara en est une) musulmanes ont grincé des dents. Elles qui n’ont pas caché que c’est grâce à leurs apports que le candidat IBK à la présidence de la République du Mali. Ce sont donc elles qui crieront à la trahison surtout que dans notre contexte social, les associations musulmanes se tirent des rivalités très mal dissimulées. Les autres sont convaincus que si ce geste d’IBK n’était pas un appel prématuré de pieds à Ousmane chérif Haidara, il se serait rendu à Dravela où tous ses prédécesseurs ont l’habitude d’assister à la lecture du Saint Coran dans une famille de ressortissants de Tombouctou. Qui, pour tout dire, se limitent strictement à l’esprit du Mahloud, ne faisant ni dans le tambour ni dans la trompette. C’est dire que la logique et la clairvoyance devraient prévaloir chez le président IBK. La question que d’autres se posent est celle-ci : pourquoi n’était-il pas allé fêter avec Haidara, dans le même contexte, il y a un an, deux ans ? Calcul politicien, répond-on. Mais un calcul dont les conséquences sont à attendre.

A.L.G

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