Sommet Afrique France : Hollande l’Africain, IBK le visionnaire, le Mali éternel

Onze pays africains ont déjà hébergé le Sommet Afrique France depuis ses débuts en 1973, sur initiative de l’ancien président français, Georges Pompidou. Après le succès de l’organisation de l’édition de 2005, le Mali est le seul pays africain à organiser une deuxième fois le sommet, qui se tiendra les 13 et 14 janvier 2017 à Bamako. Une rencontre qui réunira, autour du président François Hollande et de la délégation française, une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement du continent. Et à peu près autant de membres dans les délégations des différents pays, soit 2 500 à3 000 participants attendus. Koulouba a sorti le grand jeu pour convaincre la France de maintenir l’événement sur le sol malien malgré les nombreuses critiques dont les plus acerbes remettaient en cause les capacités de Bamako d’abriter un tel sommet. Au plus haut sommet de l’Etat, le président de la République en a fait son cheval de bataille.

Hollande-IBK, une même vision : sauver le Mali

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique », révélait le président français François Hollande en février 2013, le jour où il a défilé en « sauveur » dans les rues de Tombouctou, trois semaines après avoir lancé les troupes françaises contre les djihadistes. Rarement un président français aura été accueilli avec tant d’honneurs, admiré et adulé par peuple dont le destin venait d’échapper au pire grâce à l’intervention de l’opération serval qui a repoussé les djihadistes loin de Bamako.

Quelques mois plus tard, en septembre 2013, l’élection présidentielle au Mali permet à IBK, un socialiste comme Hollande d’accéder à la tête du pays qu’il tient à sortir d’une situation sécuritaire précaire dont il a hérité. Pour cela une réforme de l’armée malienne est en cours, car il ne saurait avoir de sécurité sans une armée puissante et bien formée.

Les enjeux militaires du sommet

La France a signé de nombreux accords de défense depuis la fin de la colonisation avec les pays africains. Huit pays sont aujourd’hui liés à la France par des accords militaires. Il s’agit notamment des pays suivants : Cameroun, Centrafrique, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Togo. Leurs objectifs :

Rétablissement de l’ordre si besoin est, police ou plus,
Mettre fin à des conflits régionaux.
Quant aux accords d’assistance militaire technique (AMT), ils concernent 23 pays, visant une assistance matérielle, en personnel, en formation de cadres locaux (militaires, sanitaires). L’objectif officiel : amener les forces autochtones à l’autonomie et éviter l’intervention militaire française directe.

Dans le passé déjà, plusieurs sommets semblables au sommet de Bamako, (sommets de 1978, 1983, 1994, 1998) se sont penchés sur la prévention et la gestion des conflits sur le continent africain.

L’aide au développement, un enjeu de taille

Selon l’Association Pollens, « Les relations France- Afrique sont les liens qui existent encore entre la France et ses anciennes colonies de l’Afrique occidentale et de l’Afrique équatoriale. La diplomatie française en Afrique est une diplomatie bilatérale, pragmatique, dont le principal objectif est d’assurer la stabilité politique intérieure de ses anciennes colonies pour préserver les intérêts nationaux. »

Avec 8,1 milliards d’euros en 2015, la France est le 5ème contributeur mondial de l’Aide publique au développement (APD). L’Afrique est le premier bénéficiaire de l’APD française (45%), en particulier l’Afrique subsaharienne (41%). L’Aide publique au développement désigne des dépenses publiques au bénéfice des pays en développement dont le but est de favoriser le développement économique et l’amélioration des conditions de vie dans les pays concernés.

L’épineuse question de l’immigration

L’épineuse question qui risque de fâcher les Africains à ce sommet, c’est notamment l’immigration. La France doit expliquer aux yeux du monde pourquoi l’Union européenne accueille sur son sol des réfugiés syriens en leur offrant git et nourriture, tout en expulsant manu militari les Africains qui fuient des conflits dans leurs pays.

En affirmant que c’est désormais aux Africains « d’assurer la sécurité de leur continent », la France, par la voix de son président, François Hollande, compte ouvrir une nouvelle ère dans les relations avec ses anciennes colonies. Pour cela, à l’instar du Mali, la plupart des pays présents au sommet de Bamako devront opérer de grandes réformes au sein de la grande muette, sans complaisance. Un le véritable défi, que le Président Ibrahim Boubacar Keita est en train de relever, pour un Mali éternel.

K. Eloi

Source : aBamako

aBamako

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