Sommet Afrique France : Ce que pensent les Bamakois

Cette 27 ème édition du sommet Afrique-France revêt sans doute un moment historique pour notre pays. Dans ce micro-trottoir réalisé à la veille de l’ouverture, il ressort un aperçu général sur ce que les maliens pensent et attendent de cette rencontre.

Nous vous livrons certains de ces avis.

Issa Fagaba Sissoko, journaliste

« Je pense qu’il faut redéfinir le cadre des relations entre la France et les pays africains »

« Fondamentalement, le sommet s’inscrit dans le cadre normal des relations entre les dirigeants africains et la France qui est la puissance coloniale. Mais si le 27ème sommet Afrique-France est encore une rencontre pour parler des relations traditionnelles qui ont existé entre l’Afrique et la France, ce sera une rencontre pour rien. Il faut qu’on sorte des thématiques classiques pour poser les vrais problèmes de l’Afrique. Au nombre de ceux-ci, il y a la problématique de l’immigration dont les questions essentielles ne sont jamais abordées. La France et les autres pays d’Europe veulent mettre fin à cette immigration dite irrégulière sans s’attaquer véritablement aux vraies causes de l’immigration qui sont autres que l’absence de perspectives pour la jeunesse, le chômage, le problème de formation, entre autres. Je pense qu’il faut redéfinir le cadre des relations entre la France et les pays africains. La France sait ce qu’elle veut mais les dirigeants africains ne savent pas véritablement ce qu’ils veulent pour l’Afrique ».

Soumana Touré, journaliste

« Ce sommet est un sursaut pour le Mali »

« Je profite du micro pour remercier le Journal 22 Septembre. Pour moi, le sommet constitue un sursaut pour le Mali après ces années passées en crise. Notre pays a été beaucoup vilipendé par les médias occidentaux suite à la crise. Après tout ce qui s’est passé, si le Mali parvient aujourd’hui à rassembler sur son sol les dirigeants africains et français, c’est vraiment significatif et consacre évidemment le retour du Mali dans le concert des nations. Il faut qu’au sortir de ce sommet, que nous nous sentons en paix. Que la jeunesse se sente confiante, dans la mouvance de la paix, en la gouvernance, à l’intégration et aux perspectives. Il faut aussi que le gouvernement se saisisse de cette relance ».

Lanfia Sinaba, journaliste écrivain

« Le sommet n’a pas été une affaire des seules autorités »

« Le sommet est une bonne chose dans la mesure où chaque malien s’est senti concerné dès l’annonce de son organisation par le Mali. Ce 27ème sommet Afrique France n’a pas été une affaire des seules autorités, même si au niveau de la presse, certains ont estimé que la presse malienne a été un peu négligée dans le processus. Il faut aussi que la population comprenne que les désagréments causés çà et là dans le cadre des préparatifs du sommet ont été nécessaires. Mais le plus important c’est de savoir que toutes les mesures prises, l’ont été c’est dans l’intérêt du peuple. Et on a su surmonter tous ces défis. Nous devons nous estimer heureux et prier Dieu pour que les sessions et le séjour de nos hôtes se passent dans de meilleures conditions ».

Mme Sissoko Abibatou Diawara, cadre du ministère de l’Artisanat et de Tourisme

« Ce sommet constituera pour notre pays un nouveau départ »

Ce 27ème sommet Afrique-France permettra de mettre la lumière sur le Mali. Parce qu’il servira à réhabiliter l’image touristique de notre pays. Mettant l’accent sur ce secteur de l’économie du pays, Mme Sissoko Abibatou Diawara dira que dès l’arrivée à l’Aéroport, les étrangers se feront une idée sur la richesse artisanale et touristique du Mali. Pour la circonstance, le Ministère de l’Artisanat et de Tourisme a aménagé des espaces. C’est pourquoi, de l’Aéroport en passant par le Musée National et le Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah, des sites ont été retenus pour l’exposition du savoir-faire de nos artisans.

Parlant des retombées du sommet, ce cadre du département de l’artisanat, soutient qu’il servira à rehausser l’image du Mali sur la scène internationale. Aussi par ce sommet, notre pays se fera un nouveau départ. Il sera une invitation aux étrangers à la découverte de notre pays. Parce que, les participants au sommet se rendront compte que le Mali à emprunté la voie de la paix et de réconciliation.

Komane Konta, vendeur et cireur de chaussures

« Les chefs d’Etats doivent faire de ce sommet, le retour définitif de la paix au Nord-Mali »

Ce sommet a véritablement contribué changer l’image de notre capitale. Maintenant, des infrastructures sont visibles partout à Bamako. Il a permis de réhabiliter plusieurs brettelles. Des bordures de certaines pistes qui étaient occupées auparavant par certains commerçants, sont désormais libérées. Cela, a permis de rendre plus fluide la circulation dans la ville de Bamako. « Nous attendons que ce sommet permette de restaurer définitivement la paix dans le septentrion de notre pays. » Il est temps de finir avec cette histoire de rébellion, pour que dorénavant, chaque malien puisse mener librement ses activités, où qu’il soit.

Aly Tounkara, sociologue, enseignant –chercheur à l’Université de Bamako

Pour moi, ce sommet Afrique-France s’inscrit dans deux dimensions. D’abord, certains le perçoivent comme étant une dépendance des pays africains de la France. Cela se traduit par une domination politique et économique au regard de leur ancienne métropole. Si, ce grand rendez-vous entre chefs d’Etat africains et français est perçu de la sorte, il constitue à ce moment une gêne pour certains. Dans la mesure ou ceux-ci pensent que le sommet est le témoignage éloquent de la non maturité des pays africains-là vis-à-vis de la France.

Pour d’autres, il sert d’opportunités d’échange entre les Chefs d’Etats africains et français. S’inscrivant dans une logique de partenariat, ce sommet permettra de signer des accords entre investisseurs et décideurs. Lesquels des accords peuvent aboutir à des implantations d’usines dans certains secteurs de la vie économique de notre pays. Avec l’implantation des unités industrielles dans notre pays, on assistera à la réduction du taux de chômage par la création d’emplois.

Egalement, ce sommet sert de grandes retrouvailles entre investisseurs étrangers et nationaux qui vont certainement nouer des relations fructueuses dans l’intérêt de notre développement. En ce moment, il devient une tribune d’opportunités économique à saisir. Parce qu’il servira d’aubaine pour ces entrepreneurs qui noueront des relations.

Au plan sécuritaire, il permettra de mesurer sa capacité par rapport à son dispositif. Une de plus, « ce sommet devrait permettre de faire une évaluation sans complaisance de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation, issu processus d’Alger. Donc pour ceux-ci le sommet Afrique-France doit être vu comme un partenariat gagnant-gagnant et un espace d’échanges entre dominés et dominateur.

Amadou Coulibaly, maitre maçon : « le sommet va favoriser le retour de la paix »

La tenue d’un tel évènement ne peut qu’apporter à notre pays la cohésion, l’entraide et l’entente. Car ce sera une occasion rare pour tous les maliens de se retrouver autour de l’essentiel pour montrer nos valeurs sur le plan économique, culturel etc. le Mali est un pays qui sait relever les défis. Nous allons le démontrer à cette occasion. Et c’est ce qui nous permettra de mettre nos petites querelles de côté pour démontrer à nos invités ce que nous valons. C’est ce qui va favoriser aussi le retour de la paix. Déjà nous constatons les aspects positifs de ce grand rendez-vous à Bamako. Plusieurs routes ont été goudronnées. La capitale a changé de visage grâce aux grands travaux d’assainissement en cours. Les dallages, et les travaux de rénovations de bâtiments et autres infrastructures ne font qu’embellir notre capitale.

Madina Traoré, lycéenne : « c’est un évènement majeur pour Mali »

Le 27eme sommet Afrique France sera le plus grand évènement que notre pays organise depuis le début de la crise. Je suis convaincue que cette grande rencontre va être le début des évènements heureux. Elle va tourner une grande page pour le Mali. Celle des évènements malheureux.

L’insécurité avait atteint sa vitesse croisière dans notre pays. De 2012 à maintenant, que de morts on en a comptés. On constate avec bonheur aujourd’hui les efforts entrepris dans le secteur de la sécurité. C’est vraiment rassurant le travail qui se fait dans ce domaine. D’un autre côté, nous remarquons que la capitale se refait un peu de beauté avec les travaux de revêtement des abords de goudrons, et le grand lifting en cours. Avec tout ça, je pense que c’est un évènement majeur pour le Mali.

Cheick Oumar Keita, directeur de Anwar TV : « le sommet est à la fois un défi et une grande opportunité pour les maliens »

Ce sera la deuxième fois que notre pays va abriter ce sommet en moins de 15 ans. Ça, c’est une marque de confiance renouvelée de la France à notre pays. Malgré la situation difficile que vit le pays. Le président français François Holland a bien voulu confier l’organisation de cet important rendez-vous intercontinental. C’est pourquoi nous sommes obligés de réussir le pari de son organisation.

En un mot, ce sommet est à la fois un défi et une grande opportunité pour tous les maliens. Défi, en ce sens que c’est un évènement énorme dont l’organisation demande beaucoup d’efforts et de compréhension. C’est une opportunité car la réussite de cet évènement offrira à notre pays une opportunité de redorer son image en termes de fréquentation. C’est pourquoi, il est du devoir de chaque malien de s’investir à fond pour gagner le pari de l’organisation. Devant la France et l’Afrique nous devons montrer notre capacité à nous relever pour sortir de ce cycle de crise qui n’a que trop duré. Nous sommes un grand pays nous avons les ressources et l’énergie suffisante pour cela.

Mariam Sidibé, direction des affaires religieuses et du culte : « il faut une telle rencontre pour que puisse régner la paix en Afrique »

Ce sommet revêt une importance capitale pour notre pays, car à l’heure où nous vivons, le Mali est en sortie de crise. Il vit actuellement dans la totale insécurité. Il faut une telle rencontre pour la paix et l’émergence des pays africains. Notre pays a perdu beaucoup de choses. Lors de ce sommet, ce serait l’occasion de les retrouver. Les réfugiés seront totalement de retour.

Ce sommet à n’en pas douter, sera facteur de cohésion sociale. Beaucoup de conventions seront signées dans le cadre la sécuritaire, pour que puissent régner la paix, l’émergence des pays africains.

Abdoulaye Diop, vendeur d’eau de robinet : « Sans paix, pas de développement, sans paix pas de bonne démocratie »

Cette rencontre sera une très bonne opportunité pour le Mali et ses hôtes d’échanger sur beaucoup de maux qui gangrènent le continent africain qui est victime de menace de terrorisme, avec notamment Boko haram au Nigéria, les bandits armés au nord du Mali. Ce sommet sera l’occasion de palier toutes les menaces d’insécurité.

Sans paix pas de développement, sans paix, pas pas de bonne démocratie.

Les pays africains ont longtemps souffert de terrorisme, il est grand temps que des échanges sur le plan international soient tenus autour de ce sujet.

La France et l’Afrique sont les mêmes. La France ne peut pas aller sans l’Afrique, et l’Afrique aussi ne peut pas aussi aller sans la France. Dans ce cas, il faut renforcer la coopération entre les deux parties dans le domaine militaire, politique, économique, social et culturel. A n’en pas douter, des recommandations pertinentes sortiront de ce sommet qui vont permettre aux Etats africains d’être beaucoup à l’abri du terrorisme.

Propos recueillis par la rédaction

Source : aBamako

aBamako

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