Insécurité et menace sur la paix: complaisance ou incapacité des forces étrangères ?

Si les djihadistes ont pu se dispersés grâce à l’opération Serval, malgré les coups d’éclat de Barkhane et des forces de la MINUSMA, à travers des perquisitions, des bribes d’arrestations de présumés criminels, la sécurité des personnes et de leurs biens reste une véritable préoccupation dans notre pays.

Aujourd’hui, le processus de paix engagé depuis plus d’une année avec les groupes signataires de l’accord est en difficulté. De plus en plus, les Maliens s’interrogent sur le rôle de ces milliers de forces étrangères avec tous les moyens déployés au nom de la paix au Mali, depuis 2013.
Depuis la veille du 56e anniversaire de l’armée, le 20 janvier dernier, notre pays ne cesse de pleurer ses morts victimes de la barbarie des ennemis de la paix. Ainsi le 18 janvier dernier, le camp du MOC de Gao enregistrait le plus meurtrier drame de l’histoire de notre pays avec plus de 70 morts et plusieurs dizaines de blessés. Au fait, c’est peu avant 5 h du même matin du mercredi, que des individus armés à bord d’un véhicule ont attaqué le check-point des FAMA à Goundam, situé sur la route de Tonka, faisant un mort et 5 blessés. Ces derniers ont été conduits aux urgences du Centre de santé de référence de Goundam.
Les assaillants, après avoir commis leur forfait, se sont évaporés dans la nature.
Dans le même sillage, à Douentza, dans la région de Mopti, le maire de la Commune de Mondoro, Souleymane Ongoiba, a été assassiné, le vendredi dernier, dans l’après-midi. L’édile, selon les sources locales, a été tué devant son domicile à Douentza par un individu armé et embusqué. Le tueur est venu à moto pour accomplir son forfait, avant de disparaitre sans être inquiété.
La recrudescence de ces tueries illustre la psychose qui anime les populations de notre pays quant à leur sécurité et la présence parmi elles des éléments djihadistes qui n’attendent que l’occasion pour retourner leur arme contre leur propre peuple.
La présence de ces obscurantistes est signalée fréquemment en plusieurs endroits de notre pays, même s’ils ont la capacité de se volatiliser au moindre signal des forces armées et de sécurité.
Le dernier rapport de l’ONU sur la situation sécuritaire de notre pays et la présence djihadistes sont sans équivoque. Il ressort dudit rapport de l‘ONU que la situation sécuritaire est demeurée instable dans les régions du nord et du centre, «compte tenu de la présence limitée des Forces de défense et de sécurité maliennes et des autorités de l’État». Les attaques asymétriques, indique le rapport, ont continué de prendre pour cible les forces maliennes, françaises et de la MINUSMA, usant de tactiques complexes, de véhicules piégés conduits par des kamikazes, de bombes d’accotement et d’obus de mortier.
Au regard des moyens et des forces déployées, le commun des Maliens ne pense pas moins que la crise sécuritaire dans laquelle vivent nos populations aujourd’hui est entretenue par les forces étrangères, notamment Barkhane et la MINUSMA pour justifier la nécessité de leur présence dans notre pays.
En tout cas, il ressort de plusieurs constats que cette crise s’explique beaucoup plus par une question de l’absence de l’État, à travers l’ensemble du pays, qu’une véritable incapacité des forces à mener à bien leur mission.
Dans ce contexte, la plus importante aide que la communauté internationale peut apporter à notre pays est d’aider au redéploiement de l’administration, comme signalé dans le mandat de la MINUSMA, au lieu d’un renforcement des forces étrangères présentes.
Déjà, il y a lieu de remercier la communauté internationale et la France pour ce qu’elles ont déployé et continuent de faire pour notre pays, mais le temps est aussi venu pour ces partenaires de reconnaître l’inefficacité de leurs aides ; admettre leurs erreurs et de les corriger pour un retour rapide et définitif de la paix au Mali. En effet, grâce à l’opération Serval, ‘’il n’y a plus de sanctuaire pour les groupes terroristes au Mali’’. C’est bien ‘’une mission qui a été parfaitement accomplie’’, comme l’assurait le président François Hollande, qui avait instruit une réorganisation des forces françaises dans la zone » du Sahel.
À la suite de Serval, l’opération « Barkhane », avec plus de trois mille hommes, a été donc mise en place le 1er août 2014 en partenariat avec cinq pays de la bande sahélo-saharienne (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), mais aussi des moyens considérables : 20 hélicoptères, 200 véhicules blindés, 10 avions de transport tactique et stratégique, 6 avions de chasse et 3 drones, a précisé le ministère de la Défense.
Quant à la MINUSMA, elle déploie actuellement pas moins de 12 000 Casques bleus avec comme mission d’appuyer les autorités maliennes afin de stabiliser les principales agglomérations, notamment dans les régions du nord, et d’empêcher le retour des éléments armés.
À cet égard, les Forces armées du Mali, qui constituent le premier rempart légitime de protection des populations maliennes et des frontières nationales, bénéficieront le soutien de la communauté internationale et de la MINUSMA en termes de formation et d’appui-conseil.
Par cette décision, il s’agira pour la MINUSMA de s’atteler en priorité à aider le Gouvernement à appliquer les principales dispositions de l’Accord, en particulier celles relatives au rétablissement et à l’extension progressive de l’autorité de l’État.
La mission doit aussi continuer de jouer pleinement son rôle qui est d’aider les parties à tenir les engagements qu’elles ont pris dans l’accord de paix.
Autre mandat à elle assigné : la poursuite des efforts de soutien aux efforts fournis par le Gouvernement pour rétablir et étendre effectivement et progressivement l’autorité de l’État dans tout le pays, y compris les régions du nord du Mali.
Elle doit veiller également au redéploiement progressif, conformément aux modalités qui seront arrêtées conjointement avec le Gouvernement, des Forces de défense et de sécurité maliennes une fois que celles-ci auront été réformées et reconstituées. Sans compter le soutien qu’elle doit apporter au régime pour l’élargissement de l’autorité de l’État et le renforcement de la présence des FAMA dans la région de Mopti afin de prévenir une nouvelle détérioration des conditions de sécurité, d’atténuer les tensions intercommunautaires et de faire face à l’extrémisme violent, ainsi que de faciliter la prestation des services de base.
En clair, la MINUSMA semble manquer au rendez-vous sur la plupart de ces chantiers. Toute chose qui, visiblement, n’a pas arrangé la situation sécuritaire du pays, depuis le renouvellement de son mandat.
La mission onusienne s’est fréquemment abritée derrière le manque ou l’insuffisance de ses moyens pour justifier ses défaillances et s’est illustrée par ses prises de parties en faveur de certains groupes signataires de l’accord, notamment ceux de la CMA, au détriment des autres.

Par Sidi Dao

Source : aBamako

aBamako

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