Attentat-suicide de Gao : La CMP et l’opposition, ensemble pour un Mali débout

Il s’agissait pour la classe politique d’exprimer l’union sacrée et de regarder dans la même direction quand il s’agit de l’intérêt du seul Mali qui est en jeu
L’évènement de Gao devrait consacrer la prise de conscience et l’unité de l’ensemble de la classe politique pour faire face aux défis de ce qui nous est le plus cher et que nous avons en commun, le Mali. La classe politique dans toutes ses sensibilités se saisit aujourd’hui de l’occasion pour donner un signal fort pour un Mali debout. Elle l’a fait à travers une visite conjointe majorité-opposition, le lundi 30 janvier à Gao. Une parfaite illustration de la capacité des filles et des fils de la nation de se retrouver pour l’essentiel.

Mémorable, cette visite ainsi que les messages livrés par les hommes politiques resteront gravés dans l’histoire. C’est à bord d’un appareil cargo de la MINUSMA que le lundi 30 janvier, tôt le matin, une importante délégation de la classe politique malienne (Convention de la majorité et Partis membres de l’opposition) s’est rendue à Gao pour présenter les condoléances aux familles endeuillées, prompt rétablissement aux blessés et apporter le soutien ferme au processus de paix en cours.

La délégation était conduite conjointement par Bocari Tréta, président de la CMP et président du RPM et honorable Soumaila Cissé, président de l’URD et chef de file de l’opposition. Aux côtés de ces deux principales figures, on notait la présence de Tiebilé Dramé du PARENA (opposition), du président de l’APR, Oumar Ibrahim Touré (majorité), Mamadou Kassa Traoré du MIRIA (majorité), le président de l’APDM-Equité, Bandiougou Diawara (majorité), M. Ismael Sacko du PMDR (majorité), Idrissa Ganamé du FAMA (majorité), Cheick Oumar Diaby du parti RPC (majorité), Makan Moussa Kanouté du PIDS (opposition), Amadou Sidibé du RDR (majorité), Mamadou Lamine Sylla du PSO (majorité), Mody Fily Sissoko du PSP (opposition), Mamadou Sidibé du parti PRVM Faso Ko (opposition), Moussa Diallo du parti Elan patriotique (opposition), madame Amoye Cissé du PDS (majorité) et Amadou Cissé, représentant du parti FARE (opposition). L’on notait également la présence de plusieurs autres représentants de partis politiques.

A leur arrivée dans la Cité des Askia aux environs de 10 heures, les visiteurs du jour ainsi que les journalistes qui les accompagnaient ont été accueillis à l’aéroport par le maire de Gao, Dacka Boubacar et son conseil puis au gouvernorat par le chef de l’exécutif régional, Seydou Traoré. Après un bref entretien au gouvernorat, la délégation s’est rendue à l’Hôpital régional de Gao, où sont admis encore des blessés. Les visiteurs ont fait le tour des salles pour constater et donner des mots de réconfort aux blessés, avant de leur offrir deux tonnes de riz.

A la fin de la visite, retour au gouvernorat où s’est tenue une grande rencontre avec des notables, religieux, des chefs militaires et des représentantsde la classe politique régionale ainsi que de la société civile de Gao. La délégation a présenté les condoléances de toute la classe politique malienne à l’endroit des familles des vaillants militaires tués au camp du MOC. Les membres de la délégation ont eu aussi une pensée pieuse pour tous ceux qui ont perdu la vie au cours des divers événements dramatiques qui se déroulent fréquemment dans notre pays du fait la crise sécuritaire.

Les deux chefs de la délégation ont ensuite remis une enveloppe symbolique de 2000 000 F au gouverneur en guise de contribution dans la prise en charge des blessés.
Message d’union nationale : Deux interventions ont marqué cette rencontre dans la salle de conférence du gouvernorat qui a duré une trentaine de minutes: celles de Bocari Trétaau nom de la majorité et de l’honorable Soumaila Cissé au nom de l’opposition. Les deux intervenants ont abondé dans le même sens. Ils ont dit être venus pour apporter à Gao le message d’union nationale, celui de l’unification du pays. Selon le président de la CMP Bocari Tréta, ce qui s’est passé à Gao a ébranlé toute la nation. Il a exhortéla classe politique à se lever comme un seul homme pour dire que « ça suffit ».

« Il y a des situations qui doivent mettre le Mali au-dessus de nos divergences, et nos contradictions. Nous devons avoir la conscience aigüe pour faire face aux défis », a indiqué Dr Bocari Tréta, avant d’ajouter que le sentiment qui l’anime est celui d’une grande solidarité vis-à-vis de populations martyres de Gao.Pour honorable Soumaila Cissé, il s’agit pour la classe politique d’exprimerl’union sacrée et de regarder dans la même direction quand il s’agit de l’intérêt du seul Mali qui est en jeu.Le chef de file de l’opposition a réaffirmé leur volonté à accompagner le gouvernement dans l’instauration de la paix avant de conclure que « Gao est l’histoire du Mali ».

A noter que, la visite conjointe des responsables de la classe politique (majorité-opposition) intervient moins de deux semaines après l’attentat à la voiture piégée perpétré contre le camp du MOC le 18 janvier. Elle s’inscrit dans la même logique que celle du président de la République, les femmes parlementaires, des responsables du RPM qui ont tous su donner du confort à la population de Gao meurtrie par la barbarie humaine. Cette visite conjointe fait suite également aux grandes retrouvailles du samedi 21 janvier à Bamako pour le recueillement au monument de la paix. Ce jour, toute ensemble, la classe politique a rendu visite aux blessés dans les hôpitaux de Bamako.

Daniel KOURIBA
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Ils ont dit….
Tiebilé Dramé du PARENA : « Quand l’essentiel est en cause, il n’y pas d’opposition ou de majorité, mais le Mali »
« Le 18 janvier dernier c’est le Mali tout entier qui a été frappé.Quand l’essentiel est en cause, il n’y pas d’opposition ou de majorité mais le Mali. Et ceux qui ont frappé le MOC n’ont pas fait de différence entre majorité et opposition. En de pareilles circonstances, la classe politique doit parler le même langage pour apporter une réponse commune et unique à l’attaque du 18 janvier.C’est pourquoi,nous sommes venus apporter un message d’union nationale, dire que Gao n’est pas seul. Le Mali tout entier est avec Gao. Les combattants qui se mettent ensemble ne sont pas seuls. Le sang des Gandakoye, Kandaizo, ifoghas, arabes, Bambara etc., versé à Gao doit désormais être notre référence ».

Seydou Traoré, gouverneur de la région de Gao : « Cette visite est une démarche hautement patriotique »
« La visite de la classe politique est un motif de réconfort pour nous. Cette visite est un symbole hautement patriotique pour les populations de Gao. C’est désormais, la reprise de l’initiative et de l’action ici. Nous devons nous réunir pour aller à l’assaut. Ceux qui sont en train d’opérer contre le Mali font des subversions, mais l’accord sera appliqué malgré les insuffisances. Suite à l’attaque, le président de la République a demandé l’ouverture d’une enquête qui est en cours. L’opération « filidio » prendra fin sous peu et une autre opération conjointe entre FAMA-Barkhane et Minusma, dénommée « Lasomi » va bientôt commencer ».

Dacka Boubacar, maire de Gao : « Avec des initiatives du genre, nous aurons la victoire ».
« Nous sommes très heureux de recevoir la délégation de l’ensemble de la classe politique malienne dans notre ville. C’est une fierté pour nous de voir les illustres hommes politiques du Mali se donner la main pour la cause de Gao. C’est un honneur pour le Mali. Nous les saluons très sincèrement pour leurs actions.Je suis très conforté par cette visite. Avec des initiatives du genre, nous aurons la victoire ».
Mamadou Kassa Traoré, président du MIRIA : « C’est un pas très important pour la classe politique malienne ».

« Cette démarche est très importante pour le devenir du Mali. C’est la première fois que publiquement, les représentants des partis politiques de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition expriment clairement la volonté de se donner la main pour les questions d’intérêt national en laissant tomber de côté les petits « moi ». C’est un pas très important pour la classe politique malienne qui reconnait que le Mali vaut plus que chacun. Je remercie les populations de Gao pour leur mobilisation et leur capacité de résilience après cette crise ».
Amadou Cissé du parti Fare Anka Wuli : « Aujourd’hui, notre engagement est total pour que Gao retrouve la paix ».

C’est l’ensemble de la classe politique malienne qui s’est retrouvée à Gao pour montrer d’abord notre compassion et pour dire que Gao n’est pas seul. Gao martyrisée, où il y a eu des bras coupés, des femmes violées, Gao qui a vécu des bombes… Gao a souffert, il est temps que les Maliens aillent dans une même direction pour qu’enfin la population puisse avoir la paix. Sans paix, il n’y a pas de développement. Notre présence aujourd’hui,c’est pour leurapporter notre soutien et pour que la paix revienne à Gao.Les jeunes et les femmes de Gao ont besoin de la paix sans laquelle il n’y a pas de développement. Aujourd’hui, notre engagement est total pour que Gao retrouve la paix ».

Source : aBamako

aBamako

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