Opération Ami Kane au «Malitelda » : Le désarroi des détenteurs de petits kiosques

Entreprise pour assainir notre capitale, l’opération Ami Kane semble tomber dans l’excès. La Gouverneure du District est décidée à pourrir la vie aux commerçants dans la ville des trois caïmans. Elle ne laisse rien subsister après son passage. Ses dernières victimes sont les détenteurs de petits kiosques de la célèbre place communément appelée «Malitelda» et aménagée à coups de millions par le premier opérateur de téléphonie de notre pays. Ami Kane est venue nuitamment balayer les installations.
L’opération de déguerpissement déclenchée par la Dame de fer continue lentement mais douloureusement sa trajectoire, au grand désarroi de milliers de petits commerçants. En effet, alors que tout le monde pensait que la mythique place était épargnée par l’opération Ami Kane, voilà que ses occupants viennent d’être poignardés dans le dos. Une démolition nocturne a condamné des chefs de familles à rester dans la rue.

Le «Maliteldà» a tout simplement été saccagé par les forces de l’ordre. Deux semaines après le déguerpissement, ce sont des chefs de familles désespérés et désemparés qui se faufilent aux abords du Carrefour des jeunes, à la recherche du pain quotidien. Dans les regards pitoyables de ces centaines de jeunes s’affiche une certaine injustice.
Le principe du déguerpissement est noble, et participe même à l’assainissement de la capitale. Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Depuis le début du processus, la méthode Ami Kane laisse à désirer. Aucune mesure d’accompagnement concrète n’a été mise en place pour soulager les victimes de l’opération. Question: où vont-ils s’installer, ces jeunes débrouillards devenus des sans emplois?
Cheick Oumar Dem est un vendeur de téléphones victime de cette opération. Du haut de ses quarante ans, l’homme s’indigne et s’insurge contre le régime. «Personne n’est contre l’assainissement. Comment allons-nous faire pour nourrir nos familles? Nos enfants sont à l’école. Sans mesures d’accompagnement, il nous est difficile de nous épanouir. Si je savais que ce régime allait nous remercier de cette manière, je n’allais pas voter pour le Président IBK.
Au lieu de créer et de renforcer des emplois, on jette d’autres chômeurs dans la rue, pour alourdir l’effectif existant. Casser les lieux n’est pas un problème, mais c’est la gestion des personnes déguerpies qui pêche. Nous sommes déçus. Nous respectons les droits de notre pays. Nous demandons à IBK de regarder derrière lui. Il ne doit jamais oublier que ce sont les pauvres qui lui fait confiance en votant pour lui en 2013».
Un autre déguerpi, Vieux Soumaoro, affirme que tout ce qui arrive aux petits commerçants prouve la défaillance de la CCIM. «Dieu seul règlera cette injustice. Nous sommes dans un Etat d’injustice», a-t-il regretté.
Des sources municipales de la Commune III indiquent que cette affaire relève du Gouvernorat du District qui décide de tout. «Nous ne pouvons que nous soumettre à la loi», confesse un conseiller communal. Que faire pour redresser le tir? C’est à cela que les autorités doivent s’atteler.
Bamey Diallo

Source : aBamako

aBamako

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