GREVE DES MAGISTRATS • Le président du SAM appelle les militants au travail ce lundi • Une fronde s’organise

Quelques heures avant la déclaration et suite à une Assemblée générale extra ordinaire des deux syndicats, tenue à la Cour d’appel, les magistrats ont décidé à la grande majorité de poursuivre la grève illimitée

Dans une déclaration lue à l’ORTM le vendredi soir, le comité directeur du Syndicat autonome de la magistrature suspend le mot d’ordre de grève et appelle les magistrats à reprendre le travail dès ce lundi 6 février 2017. Selon la déclaration lue par le président du comité directeur du SAM, Cheick Mohamed Cherif Koné, « La mesure de suspension sollicitée par le gouvernement, en vue de la poursuite des négociations dans un cadre plus fécond, loin de porter préjudice aux intérêts des magistrats, va plutôt dans le sens de l’apaisement souhaité par les membres de la commission des bons offices, les médiateurs, les facilitateurs, le barreau, les défenseurs des droits de l’Homme, le Groupement des leaders religieux, les autorités traditionnelles, l’ensemble des composantes de la nation et la société civile toute entière ». Par conséquent, le président du comité directeur du SAM appelle les militants à reprendre le travail ce lundi sur toute l’étendue du territoire.
Mais cette suspension ne fait pas l’unanimité et est intervenue contre toute attente de la majorité des magistrats. En effet, quelques heures avant la déclaration et suite à une Assemblée générale extra ordinaire des deux syndicats, tenue à la Cour d’appel, les magistrats ont décidé à la grande majorité de poursuivre la grève illimitée. L’AG du vendredi 3 janvier avait rejeté les propositions de certains magistrats qui prônaient une suspension de la grève illimitée. Juste après cette AG, les deux syndicats des magistrats (SAM et SYLIMA) étaient face à la presse pour s’expliquer de leur position.
Dans un communiqué conjoint, des membres du comité directeur du SAM et le bureau exécutif du SYLIMA, « portent à la connaissance de l'opinion nationale et internationale que l'Assemblée générale extraordinaire du vendredi 3 février 2017 à la Cour d'appel de Bamako, a décidé de la poursuite de la grève illimitée. Cette décision fait suite aux propositions dérisoires du gouvernement en vue de la suspension du mot d'ordre de grève, selon le même communiqué. « Tout communiqué contraire n'engage que son rédacteur », avait précisé ledit communiqué.
C’est donc dire que la division est consomméeau sein du mouvement des deux syndicats et la fronde fait surface. Beaucoup de magistrats affiliés au SAM sont considérés comme des traitres par bon nombre de ceux du SYLIMA. Ce dernier qui compte en son sein la plupart des jeunes magistrats est aussi considéré comme le faucon de la guerre. Pour les frondeurs, la décision de poursuivre la grève illimitée fait suite aux « propositions dérisoires » du gouvernement en vue de la suspension du mot d'ordre de grève. Lors de la conférence de presse qui est intervenue juste après l’AG, les conférenciers issus des deux syndicats, entre autres, Mahamadou Yattara et Ibrahim Maiga, estiment que le gouvernement n’est pas prêt à respecter les éléments essentiels même du principe de l’indépendance du pouvoir judiciaire et ses engagements internationaux relatifs aux normes minimales sur l’instruction judiciaire et sur le traitement des magistrats.Toutefois, les syndicalistes disent rester disponibles pour un dialogue fécond.
Daniel KOURIBA

Source : aBamako

aBamako

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