Propos mémorable : Alpha Oumar Konaré Président de la République (1994)

« La situation dans les régions du nord du Mali et la menace que sa perpétuation fait peser sur l’ensemble de notre pays sont au centre des préoccupations de toute la Nation. Les mesures de mise en œuvre du Pacte national sont diversement appréciées. Les jugements portés se fondent souvent sur une connaissance, dans le meilleur des cas, approximative des éléments d’appréciation, mais aussi et surtout sur la persistance pour les personnes et leurs biens, d’une insécurité que l’Etat malien ne saurait tolérer et qu’il appartient à chacun de nous de combattre dans le respect des normes de l’Etat de droit… De toutes les remises en cause que nous vivons, celle concernant le fait National, le rejet de ses expressions autoritaires et oppressives et le besoin de lui conférer de nouvelles significations, libératrices de l’homme, constitue l’interpellation principale…
La signature du Pacte national scelle une réconciliation que nous voulons définitive. Le silence des armes ouvrait alors la voie à la réconciliation des cœurs. Nous voulons vous dire, qu’il n’y a pas d’alternative au Pacte national, hors l’aventure et la nation déchirée…
Il est de la responsabilité de l’Etat, de donner la preuve qu’il entend et qu’il est en mesure d’assurer la sécurité de toutes les personnes à quelques à quelque groupe socio-éthique qu’elles appartiennent, ainsi que la sécurité de leurs biens.
Il appartient aux Mouvements, (NDLR : Mouvement et Fronts unifies de l’Azawad) de confirmer leurs engagements en faveur de la paix et de la sécurité. Il leur appartient, sans plus aucun retard, de contribuer à la lutte contre les actes de banditisme. Le Pacte national, son nom le dit assez, est le pacte de toute la Nation, de toutes ses composantes…
Nous devons nous élever contre la tentation facile de la division, contre les errements qui conduiraient à faire du Pacte national ou de ses piétinements le bouc émissaire des angoisses d’un peuple… Il en va également de l’indispensable fermeture des bases, mesure acceptée par les Mouvement et fronts unifiés de l’Azawad… Il faut renforcer les capacités des forces Armées et de sécurité nationales au service de toutes les populations sans exclusive, sur toute l’étendue du territoire national. C’est la garantie la plus sûre pour éviter les règlements de compte, la désagrégation de notre pays…
Je lance un appel aux médias pour contribuer à l’apaisement, à la concorde, pour éviter toute incitation à la haine raciale ou ethnique, ou aux règlements de compte.
Je souhaite aussi, que tous les partis politiques, toutes les associations qui veulent prendre en charge les préoccupations et les aspirations légitimes des populations aillent dans le même sens.
J’’invite tous à dénoncer les excès d’où qu’ils viennent… Si l’émergence de regroupements, d’associations prenant en charge les préoccupations des populations est normale dans une démocratie, leur expression sous des formes armées, de violence ou de haine, ne saurait être que condamnable. Prenons-y garde’’ !

Source : aBamako

aBamako

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