Société civile et diaspora malienne: Habib Sylla va en guerre contre Bouréima Allaye Touré

Tout est parti des travaux de l’assemblée générale tenue les 21 et 22 décembre 2016. Après présentation du bilan de plusieurs années de gestion, les organisations de la société civile du Mali viennent de renouveler leur bureau central. C’était à l’occasion de la 2e Assemblée Générale ordinaire du Conseil national de la société civile (CNSC).
Pour rappel, le but du CNSC est de favoriser la mobilisation, la concertation et le dialogue entre les OSC et les autres partenaires et les appuyer à agir sur les politiques et les stratégies de développement économique, social et culturel en cours ou d’actualité. A ce titre, sa vision est donc inclusive. Au terme des travaux, Bouréima Allaye Touré, président sortant est réélu et dans cette nouvelle équipe, c’est le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne (CSDM) et le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME) qui auront en charge les questions liées à la diaspora.
Bien naturel, serait-on tenter de dire. Sauf que Habib Sylla lui, est rentré dans une colère noire depuis le jour où le HCME qu’il dirige est désignée Secrétaire adjoint chargé de la diaspora malienne et migration. En fait, le Secrétaire titulaire de ce poste n’est autre que le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne (CSDM) dont la direction est tenue par Mohamed Cherif Haidara.
La réalité est que, depuis que le CSDM existe, Habib Sylla du HCME n’a jamais pardonné à cette nouvelle structure sa fulgurance et son courage affichés sur le champ des questions migratoires au Mali. Surtout en cette année 2016 qui vient de s’achever avec des épisodes douloureux de rapatriements et de maltraitance subis par les migrants maliens en Algérie, en France et ailleurs dans le monde. Des moments qui ont davantage frustré la diaspora malienne qui s’est sentie orpheline des autorités centrales, mais d’abord, de l’organisation qui dit la représenter et défendre ses intérêts.
A plusieurs reprises, le CSDM a vigoureusement interpelé les autorités de Bamako ainsi que les services consulaires dans les pays où les Maliens ont connu ces traitements dégradants. Les actions de soutien qui ont été réservées aux rapatriés par le CSDM à leur retour à Bamako ont définitivement marqué les esprits et suscité beaucoup d’admiration.
Les vagues d’adhésion à cette nouvelle faitière qui s’en sont suivies n’ont pas été du goût du Président du HCME. Les initiatives du CSDM en faveur d’un rapprochement et d’une mise en synergie des efforts n’y ont rien fait. Habib Sylla préfère y voir une concurrence sur un terrain sur lequel il était jusque là le seul à régner. En tout cas pour marquer son désaccord vis-à-vis du Conseil National de la Société Civile, le HCME n’a pas eu des mots tendres.
Pour lui, « Un tel traitement est totalement incompréhensible de la part d’une organisation qui affirme respecter la légalité et défendre des valeurs d’équité ». Au regard de toute l’antipathie à l’égard du CSDM, la position d’adjoint de ce dernier est une pilule très amère à avaler pour le HCME qui accuse presque le CNSC de complaisance sinon d’allégeance à l’égard du CSDM. « Nous ne pouvons participer à une entreprise dont nous ne connaissons pas les véritables motivations, sauf à cautionner l’imposture », proteste le HCME.
Tout le monde pensait que les échecs antérieurs avaient pu servir de leçon à l’homme de Libreville. L’on se rappelle qu’il y a quelques mois, Habib Sylla avait livré une bataille judiciaire avec sa base de Paris avant d’être désavoué par la justice française qui avait donné raison à ses protagonistes. Pour l’heure, le Conseil National de la Société Civile n’a même pas daigné répondre à ce courrier qu’ii trouve insultant à leur égard. En attendant de connaitre la suite de ce nouvel épisode HCME, beaucoup de voix commencent à s’élever pour réclamer un Haut Conseil moins belliqueux et strictement attaché à ses objectifs de création. Il s’agit entre autres de rassembler et représenter tous les ressortissants maliens résidents à l’étranger et d’apporter les secours nécessaires aux maliens en situation difficile.
MAMA PAGA

Source : aBamako

aBamako

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