Syndicats des magistrats : Le mot d’ordre de grève maintenu

54

Le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) maintient toujours son mot d’ordre de grève illimitée même si un communiqué laconique de son président vite battu en brèche appelant à la fin des hostilités, avait été annoncé. Le président qui avait lu le communiqué était démissionnaire. Hier, les hommes en robe noire se sont réunis, toutes tendances, pour décider de la poursuite de la grève qui ne souffre d’aucune ambigüité. Il faut savoir que la classe politique dans son entièreté et sa diversité de même que les organisations de la société civile ont, après l’échec de la médiation du gouvernement, rencontré les responsables syndicaux des magistrats, mais sans réussir à les faire fléchir dans leur décision de continuer avec leur mouvement de grève.

Aux dernières nouvelles, ce sont les leaders religieux, sous l’égide du Guide spirituel d’Ançardine, Ousmane Chérif Madani Haïdara, qui avaient pris le relais pour amener les magistrats à mettre en avant les intérêts supérieurs de la nation. Là aussi, l’échec est patent car les faiseurs de lois restent campés sur leur position.
De quoi refroidir les ardeurs et donner certainement à réfléchir au gouvernement qui, apparemment, n’avait pas encore pris la mesure des conséquences de cette grève des magistrats, désormais décidés à faire aboutir, coûte que coûte, leurs revendications. Aussi, nombreux sont nos compatriotes qui pensent que le temps est en train de donner raison au SAM qui a toujours fustigé la mauvaise volonté du gouvernement dans le traitement de cette crise.
Et à un confrère de s’indigner en ces termes : « En effet, voilà exactement plus de 20 jours que les magistrats sont en cessation de travail, sans que les autorités en place ne daignent engager véritablement le dialogue constructif. Incompréhensible pour le commun des Maliens qui souffrent de cette rupture dans la distribution de la justice. Des dossiers pendants, des candidats aux différents recrutements qui attendent impatiemment leurs documents, des centaines de prisonniers (certains innocents) qui attendent d’être jugés… autant de « dégâts collatéraux » de cette grève… ».
Si l’on ne peut faire porter le chapeau à Mamadou Ismaël Konaté, ministre de la Justice et principal concerné par cette grève des magistrats, le dernier mot revenant au gouvernement et non à un détenteur de portefeuille, il y a cependant des choses qui ne plaident pas en sa faveur. En effet, le ministre semble s’embourber dans une campagne médiatique visant à se disculper, ce qui n’est pas pour l’arranger.
Mamadou Ismaël Konaté a certes hérité d’une situation de crise larvée au mauvais moment quand il arrivait sur le terrain de la magistrature. Mais cela est-il suffisant pour que lui Konaté trouve un alibi et cherche des poux sur la tête de ses collègues du gouvernement ?
Chacun sait que les conclusions du dialogue national initié par le Garde des Sceaux avec la participation de tous les acteurs clés pour diagnostiquer les problèmes de la justice, ne sont pas toujours adoptées par le gouvernement. Mais ce retard ne saurait être la faute du ministre du Travail et de la Fonction Publique, Diarra Racky Talla, par exemple, comme tente de le faire croire Mamadou Ismaël Konaté, surtout que lui-même consent que c’est au gouvernement de décider. Mieux, nul ne peut se substituer au gouvernement pour dire que les propositions de salaires et primes faites par les magistrats sont exponentielles et à laisser. Pire, Diarra Racky a-t-elle intérêt à une cabale contre son collègue de la Justice ?
Chacun sait aussi que les ministres trouvent toujours un moyen pour préserver leur poste, mais ils doivent savoir qu’il y a la solidarité gouvernementale même si Konaté s’amuse à dire, selon des informations, qu’il peut bien vivre sans être ministre. Il faut qu’il mette la balle à terre en calmant le jeu. Les Maliens sont conscients des souffrances qu’il endure actuellement. Qu’il sache qu’à l’impossible, nul n’est tenu. Cela est d’autant plus vrai qu’il ne doit pas abdiquer et croire qu’il sera jeté en pâture. IBK ne jettera pas l’enfant avec l’eau de bain. Pour cette raison, le ministre Konaté ne doit pas croire que ses collègues du gouvernement ourdissent un plan machiavélique contre lui jusqu’à voir des représailles à son encontre venant des partis de la majorité présidentielle, des proches dont IBK lui-même en raison des réformes en cours au niveau de la justice, entre autres : déclaration des biens avant toute prise de fonction, traduction des ministres fautifs devant la justice, guerre contre le détournement de biens publics…
Mais qu’il sache que la grève continue, qu’aucune médiation n’a abouti, que les magistrats sont soudés et qu’en rang serré, ils sont déterminés d’aller jusqu’au bout…
Nous y reviendrons
Salif Diallo

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here