14ème édition de la journée internationale de lutte contre l’excision : Les femmes se mobilisent pour l’adoption d’une loi interdisant cette pratique

Le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille en collaboration avec le Programme National de Lutte contre l’Excision, a commémoré hier jeudi 9 février, la journée internationale de lutte contre l’excision au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). C’était en présence du ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille Mme Sangaré Oumou Bâ, du ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamadou Ismaila Konaté, du représentant de l’Unicef au Mali, Fran Equiza, de l’honorable Issaka Sidibé, président de l’Assemblée Nationale du Mali et parrain de l’évènement, de Thierno Oumar Hass Diallo, ministre des Affaires Religieuses et du Culte. L’invitée d’honneur de l’évènement était Mme Keïta Aminata Maïga, première dame du Mali.

Cette 14ème édition était placée sous le thème : « une loi contre les violences basées sur le genre, un facteur de protection des droits humains ».

D’entrée de jeu, Fran Equiza a souligné que si l’excision n’est pas abordée au plan juridique, tous les efforts faits depuis des années sur la mise en œuvre de programmes ne pourront pas produire de réels résultats pour les filles, les femmes et les familles au Mali. Selon lui, sur les filles de 0 à 14 ans, sept (7) filles sur 10 ont subi la pratique d’une forme de Mutilation Génitale Féminine. Pour lui, c’est une blessure physique et psychologique des plus graves, mais aussi des plus évitables. C’est pourquoi, il a demandé aux femmes de ne pas faire subir à leurs filles, ces pratiques. Aussi, il a invité les leaders et décideurs à inscrire dans le cadre légal, l’interdiction de l’excision au Mali.

Le ministre Mamadou Ismaïla Konaté pour sa part dira que les images projetées lors de cette cérémonie ont suscité en lui un sentiment de révolte.

Selon lui, le corps de la fillette devient un objet de jeu. Et l’on s’amuse avec en oubliant que la fillette d’aujourd’hui est la femme de demain.

« Le corps de la fillette est violé, violenté et humilié, la femme est bafouillée et pourtant on est incapable de se passer de la femme », a déclaré le ministre Konaté. Qui dira que les femmes ont raison d’être fière d’elles-mêmes. Avant de promettre qu’ils vont mettre en place une brigade contre les violences faites aux femmes. Il s’agit d’une plateforme avec des numéros verts à la disposition des filles et des femmes victimes de violences.

A en croire le ministre Konaté, la loi donne aux femmes la possibilité de porter plainte. C’est pourquoi, il a demandé à celles-ci de se mettre débout car ce ne sont pas les hommes qui le feront à leur place.

Quant à Sangaré Oumou Bâ, elle dira que le thème de cette 14ème édition est une reconnaissance de tant d’années d’efforts et de sacrifices pour la promotion et la protection contre toutes les formes de violences en lien avec le genre. Et singulièrement, les Mutilations Génitales Féminines dont les auteurs et les complices ne sont ni punis, ni dissuadés par une loi dans notre pays. En même temps dit-elle, c’est une invitation aux plus hautes autorités du pays, aux forces vives de la nation pour aller encore plus loin en adoptant une loi sur les violences basées sur le genre.

Cependant, elle a souligné que les autorités du Mali ont fournis des efforts dans le domaine juridique et réglementaire en adoptant la loi N°02-044 du 24 juin 2002 relative à la santé de la reproduction. Ajoutées à cela, la loi circulaire N°0019 du 17 janvier 1999 interdisant la pratique de l’excision dans les établissements sanitaires et la lettre circulaire N°0055-554 du Ministère de la Justice du 12 octobre 2012 pour la prise en charge diligente des cas de violences basées sur le genre dans les tribunaux, entre autres. Autant de mesures qui ont pour but de protéger davantage les droits des couches les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants.

A noter que l’objectif de la journée était de sensibiliser les populations sur les Mutilations Génitales Féminines pour l’abandon de cette pratique à travers l’adoption d’une loi.

Fatoumata Fofana

Source : aBamako

aBamako

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