Appel de groupes armés à manifester à partir de samedi dans plusieurs régions

Bamako, Les présidents des autorités intérimaires dans le nord du Mali prévues par l'accord de paix de 2015 ont été désignés et leur installation débutera samedi à Kidal, bastion de l'ex-rébellion, a-t-on appris vendredi auprès du ministère malien de l'Administration territoriale.

Les signataires de l'accord de paix au Mali ont établi le 10 février un
nouveau calendrier prévoyant l'entrée en vigueur avant la fin du mois de deux
dispositions importantes de cet accord, aux échéances constamment repoussées:
les "patrouilles mixtes" et les autorités intérimaires dans les cinq régions
administratives du Nord.

"Sur proposition du gouvernement malien, Hassan Ag Fagaga de la
Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion à dominante
touareg) a été nommé président des autorités intérimaires dans la région de
Kidal" (nord-est), selon un communiqué du ministère.

M. Ag Fagaga, colonel et ex-déserteur de l'armée régulière, sera installé
samedi par le ministre de l'Administration territoriale et de la
Décentralisation Mohamed Ag Erlaf, a-t-on appris auprès du ministère.

A Gao (nord), c'est Djibrila Maïga, de la coalition des groupes armés
pro-gouvernementaux qui a été désigné président alors qu'à Tombouctou
(nord-ouest), c'est "Boubacar Ould Hamadi de la CMA qui a été choisi", selon
le communiqué.

Pour les régions récemment créées de Ménaka (nord-est) et de Taoudénit, ce
sont respectivement Abdoul Wahab Ag Ahmed Mohamed, du Mouvement pour le salut
de l'Azawad (MSA, issu d'une scission d'un groupe de la CMA) et Hamoudi Sidi
Ahmed Aggada, un homme d'affaires résidant à Bamako, retenu par le
gouvernement, qui doivent en prendre les rênes.

Plusieurs mouvements ont néanmoins contesté certains de ces choix,
dénonçant l'absence de concertation.

La branche du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA) au sein de l'ex-rébellion
"rejette catégoriquement toute tentative d'imposer un président au collège
transitoire" de Taoudénit, selon un communiqué de ce groupe. Des associations
et chefs de tribus de la région de Tombouctou ont adopté une position
similaire.

Par ailleurs, un collectif de quatre groupes armés d'implantation plus
locale, dont plusieurs de création récente, a appelé à partir de samedi à des
marches "contre la désignation non consensuelle des autorités intérimaires
dans les régions de Taoudénit, Tombouctou, Gao et Ménaka".

Ces marches de protestation débuteront samedi par Tombouctou et Taoudénit
et se poursuivront dans les prochains jours, selon un communiqué de ces
mouvements.

En vertu de l'accord de paix signé en mai-juin 2015, les autorités
intérimaires devront gérer ces cinq régions, en attendant l'élection par la
population d'Assemblées dotées de pouvoirs importants.

Leur mission sera notamment de préparer ces élections et de favoriser le
retour des déplacés.
La calendrier adopté la semaine dernière prévoyant la mise en place des
autorités intérimaires "du 13 au 20 février" et le lancement des patrouilles
mixtes à partir du 20 février sera respecté, a-t-on assuré au ministère.

Ces patrouilles mixtes entre militaires maliens, combattants des groupes
pro-gouvernementaux et de la CMA, sont censées préfigurer la refonte d'une
armée malienne unitaire.
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes
jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la
rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.
Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention
militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France,
qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes
et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la
signature de l'accord, censé isoler définitivement les jihadistes.
sd/sst/mrb/lp

Source : aBamako

aBamako

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