Qu’ont fait les griots pour réconcilier Alpha et IBK ?

Qu’ont fait les griots pour réconcilier Alpha et IBK ?

Comme à l’accoutumée, les officiels maliens ne tarissent pas d’éloges chaque fois qu’il est question d’évoquer la mémoire des morts. On est même tenté de dire que pour avoir droit à des compliments il faut d’abord mourir. La cérémonie funèbre consacrée au chef des griots de Bamako n’a pas dérogé à cette règle. Il a donné lieu, en effet, à un torrent de dithyrambes des plus enviables à l’endroit de l’illustre défunt mais également sur les performances par lesquelles sa communauté professionnelle s’illustre depuis quelques temps sous sa gouverne, à savoir : le dénouement de nombreuses crises sociales y compris des grèves. Seulement voilà : mot n’est jamais pipé sur les domaines où les médiations traditionnelles ont soit échoué ou ont tout simplement fait défaut. On y dénombre par exemple l’inextinguible incendie entre Alpha et IBK qui continue d’affecter le pays entier et dont la persistance continue de défier les capacités du monde malien des griots.

IBK ne distingue plus les morts des vivants

Qu’arrive-t-il au président de la République du Mali ? À chacune de ses apparitions, IBK confirme un peu plus les rumeurs d’affaiblissement physique qu’on attribue à ses malaises récurrents. Le dernier épisode en date remonte à une dizaine de jours. Aux obsèques du chef des Griots de Bamako, un ami et compagnon de longue date du chef de l’Etat dont a hissé la dépouille au rang d’Officier de l’Ordre national, le Grand Officier des Ordres a omis de mentionner, dans sa proclamation solennelle, que c’est à titre posthume que l’illustre défunt Modibo Koïta accède à cette distinction. Il n’en fallait pas plus pour déclencher les murmures de commentaires et interprétations dans la masse. Pour certains observateurs de la nombreuse assistance, l’omission faite par le président traduit tout simplement son regret de n’avoir pu faire le geste du vivant de son ami, tandis que d’autres estiment qu’il est si affecté par la maladie qu’il ne distingue plus les morts des vivants.

ATT lâche les siens

Au lieu d’être lâché, c’est ATT qui lâche. Au lieu d’être victime de lâchage, c’est lui qui en est fautif. En effet, depuis qu’il s’est tiré d’affaire par une spectaculaire disculpation, ATT se comporte avec ses anciens soutiens politiques comme s’ils étaient des citrons qu’il a fini de presser. Plus aucun signe, moins de contact également avec les milieux qu’il entretenait naguère afin qu’ils tiennent la dragée haute aux partisans de sa poursuite pour haute trahison. Pis encore, il semble aussi que plus un seul rotin ne tombe plus de sa poche et n’est plus acheminé de Dakar vers Bamako. Il laisse à la charge de ses soutiens l’ensemble des charges afférentes à l’entretien du principal instrument politique dont il dispose, le PDES. Après avoir longtemps et laborieusement sauvé les meubles suite à l’abandon du parti par d’autres qui auraient jadis donné leur sang pour accéder à sa direction, le président de fortune, Sadou Diallo, a fini par jeter l’éponge faute de pouvoir supporter seul le poids financier. Quant à ATT, il semble se suffire d’être épargné par les ennuis judiciaires qu’a voulu lui coller son successeur.

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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