Nord du Mali: premières patrouilles mixtes à Gao (AFP)

Les premières patrouilles mixtes formées de soldats maliens, combattants de groupes pro-gouvernementaux et de l'ex-rébellion, censées préfigurer la refonte d'une armée unitaire, ont été lancées jeudi à Gao, plus grande ville du nord du pays, a constaté l'AFP.

La cérémonie de lancement s'est déroulée au camp de regroupement de ces mouvements, siège du "Mécanisme opérationnel de coordination" (MOC), chargé d'organiser ces patrouilles en périphérie de Gao.

Après un rassemblement protocolaire sur le site du MOC, une centaine de soldats, des combattants de la CMA et de la Plateforme, armes au poing, sont montés ensemble dans des véhicules pick-up en direction du centre de Gao.

"Dans un premier temps, les patrouilles mixtes se dérouleront à Gao. Ensuite elles vont s'étendre dans tout le Nord", a déclaré a l'AFP Ibrahim Ould Sidy, combattant d'un groupe armé. Un officier malien s'est dit "très satisfait" de l'opération.

Cette cérémonie de lancement des patrouilles mixtes a eu lieu près de cinq semaines après un attentat-suicide contre le camp où la cérémonie a eu lieu jeudi.

L'attaque, qui a été revendiquée par le groupe Al-Mourabitoune du jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, rallié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a fait près de 80 morts selon des bilans concordants. Mais un document interne du MOC consulté jeudi par l'AFP évoque 61 morts et 116 blessés.

La formation de ces patrouilles mixtes fait suite à un accord signé en mai-juin 2015 vise à isoler définitivement l'ex-rébellion des jihadistes qui avaient pris en 2012 le contrôle du Nord. L'accord a été signé par le gouvernement malien, les groupes qui lui sont favorables, formant la Plateforme, ainsi que l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du Mali, composant la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA).

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature de l'accord, censé isoler définitivement les jihadistes.

sd-mrb/cs/sba


Source : Africatime

Africatime

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