Exposition “l’Afrique des routes” : A la redécouverte d’un continent qui cultive l’art des échanges depuis la préhistoire

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“L’Afrique des routes” est une exposition qui se déroule présentement au musée du quai Branly “Jacques Chirac”, à Paris (France, du 31 janvier au 19 novembre 2017). Avec une sélection d’œuvres fondées sur l’esthétique et la pédagogie, elle met en “lumière” la richesse des échanges qui ont “toujours nourri les cultures et les arts du continent africain et de ses voisins”.
Faire connaître et reconnaître l’Afrique en tant que continent impliqué dans l’histoire du monde est l’ambition affichée par les organisateurs de l’exposition “L’Afrique des routes” qui se déroule depuis le 31 décembre dernier (31 janvier-19 novembre 2017) au musée du quai Branly “Jacques Chirac” de Paris, en France.
Elle revisite l’Afrique à travers ses “Routes” fluviales, terrestres, maritimes, commerciales, migratoires, coloniales et même parfois spirituelles. Des voies qui ont contribué à la circulation et aux contacts des hommes, des matériaux et des œuvres. Cette initiative met en relief ce que “l’Afrique a donné et a reçu de l’extérieur”, de la préhistoire à l’époque contemporaine.
Elle prouve, pour ceux qui ont encore du mal à s’en convaincre comme Nicolas Sarkozy (ancien président de la France), que l’Afrique n’est pas un “continent sans Histoire”. Bien au contraire, “les Africains n’ont jamais vécu dans l’isolement”.
En effet, “longtemps ignorés, les échanges panafricains et extra-africains ont pourtant débuté voici des millénaires, bien avant l’arrivée des premiers navires portugais au XVe siècle, la colonisation et les indépendances”. Les 300 pièces présentées dans cette exposition l’attestent éloquemment. Leur sélection est fondée sur l’esthétique et la pédagogie.
Des chars gravés de l’Oued Djerat du Sahara aux porcelaines chinoises de Madagascar, des cultes et rituels candomblé d’Amérique du Sud aux œuvres contemporaines métissées du Nigérian Yinka Shonibare… c’est un “portrait d’un continent au cœur de l’histoire globale” qui y est dressé.
Ainsi, explique Gaëlle Beaujean (commissaire de l’exposition et responsable des collections à l’unité patrimoniale Afrique du musée), rites, histoires et traditions prennent corps dans les mots, gestes et jeux sonores de ce guide singulier pour une approche mythologique des objets (masques, objets du quotidien, objets de culte, sculptures, statues…)
“Berceau de l’humanité, pourvoyeur de force de travail, d’or et de matières premières depuis des millénaires pour les autres continents, l’Afrique a une histoire inscrite dans la dynamique internationale. Cette exposition est le panorama d’un continent au carrefour des mondes, à contre-courant des idées reçues”, raconte une consœur française après avoir visité l’expo.
Le 12 février 2017, les familles ont bénéficié d’une programmation spéciale (contes, musiques, visites surprises) pour appréhender le continent au centre de l’exposition.
Les 18 et 19 février 2017, le musée du Quai Branly “Jacques Chirac” invitait les visiteurs à partir à la découverte des carnavals de la Nouvelle Orléans, des Caraïbes, de Bahia avec des ateliers, dégustations, initiations artistiques, musiques, interventions surprises… “Une façon enlevée et conviviale de découvrir et de vivre l’exposition”, rappelle le commissaire.
Le 3 mars 2017, se tiendra une grande soirée “Before Afrique” avec saveurs culinaires, initiation au Kuduro, défilé de mode, DJ, performances… afin de permettre aux visiteurs de vivre l’exposition de façon festive.
Comme le reconnaissent les critiques de nombreux médias français, de RFI notamment, cette “exposition démonte les idées reçues”. Ainsi, alors que certains réduisent encore le passé du continent à la colonisation, on apporte des preuves matérielles que “l’Afrique est, depuis des millénaires, traversée par de routes terrestres, fluviales, maritimes qui ont permis des échanges multiples à l’intérieur du continent, et avec l’extérieur” !
L’Afrique cultive donc l’art de l’échange depuis des millénaires. Et les peuples africains n’ont pas attendu l’Europe, la colonisation puis les indépendances, pour commercer, pour entrer dans la civilisation… C’est une terre civilisation vieille d’au moins 5000 ans. Cela doit être clair pour tout le monde grâce à cette expo.
“L’Afrique des routes” aurait pu être aussi intitulée “L’Afrique des civilisations” !
Moussa Bolly

Source : aBamako

aBamako

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