Leadership au sein de L’opposition: Soumy contesté

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Un panier de crabes, c’est le visage hideux de l’Opposition qui brille par un manque de leadership et où la légitimité de Soumy champion est mise à rude épreuve sur fond de contestation à peine voilée. Chronique d’une implosion annoncée.

Parler d’une cohésion de l’Opposition, c’est être victime d’une illusion d’optique. Le malaise est présent dès les premiers moments où par une alchimie hors pair, des partis politiques chassés de la gestion de pouvoir par la sanction populaire ont choisi de se mettre ensemble dans l’optique de prendre leur revanche ou à défaut d’entraver la bonne marche de la République à coup de dénonciations calomnieuses.

Le manque de leadership
Mais le fait est qu’entre des contraires, même avec des intérêts convergents, la cohabitation est impossible. L’Opposition est victime de ce syndrome du narcissisme chronique comme on a pu le voir tout au long de son parcours. L’on comprend aisément que le leadership fasse cruellement défaut au sein de ce regroupement politique de circonstance. Ce qui est profondément affligeant, d’autant plus que c’est cette Opposition qui passe le plus clair de son temps à jaser, à dénoncer un manque de leadership des autorités en place. Et pour cause ? Pour l’État, c’est le niveau macro, c’est 10 régions sur un territoire de plus de 1 240 000 km2. Nonobstant les difficultés inhérentes à un environnement sous régional et même au-delà, il parvient à maintenir un certain ordre.
Par contre, l’Opposition n’est composée que d’une poignée de partis politiques qui, au grand dam de ses militants, se tire dans les pattes et va dans tous les sens.
La question des réunions a dévoilé le malaise général. L’on apprend que lorsqu’elles se tiennent chez l’une des grosses pointures, les autres oublient d’y prendre part. Bien sûr, qu’il s’agit d’oublis volontaires. Se rendre au siège de l’autre, c’est se rabaisser, peut-on croire.
L’on comprend qu’il a fallu trouver un terrain neutre. C’était le siège du PS-Yeleen-Kura de Amadou KOITA, actuel ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne qui a fini par prendre le large. Là, le quorum était généralement atteint. C’est dire que la cohésion de l’Opposition démocratique et républicaine n’a toujours été que de façade.
Ce manque de cohésion a culminé dans la récente décision du Parti les FARE AN KA WULI de l’ancien Premier ministre Modibo SIDIBE de ne pas faire partie du Cabinet du chef de file de l’Opposition. Un Cabinet qui, conformément à la loi, est composé d’assistants du chef de file de l’Opposition. L’information a été donnée à un confrère par Souleymane Tiefolo KONE, 1er vice-président des FARE qui justifiait : « nous n’en faisons pas partie… Nous avons beaucoup de réserves par rapport au statut de chef de file de l’opposition ».
Le mot est lâché. Les FARE ne se sentent pas à l’aise avec le statut du chef de file de l’Opposition. Au-delà d’un texte de loi, c’est la personne même de Soumy champion qui se trouve ainsi contestée sans fioritures.
Tout cela traduit en réalité un manque de leadership au niveau de l’Opposition, un rôle qui devrait échoir au chef de file de l’Opposition démocratique et républicaine. Si ce dysfonctionnement criard est imputable aux tares congénitales des chefs des partis politiques, Soumy n’y est pas pour rien, à en croire des sources concordantes. En effet, affirme-t-on, le chef de file de l’Opposition apparaît de plus en plus comme un autocrate dépourvu du sens élémentaire de la démocratie comme en atteste la sortie incendiaire de l’URD contre un membre de l’Opposition accusé d’entreprendre une démarche solitaire. Son seul tort : rendre visite à des notabilités de la capitale sans associer à sa démarche les autres partis politiques de l’Opposition. Comme si les partis politiques de l’Opposition devraient nécessairement demander une autorisation au chef de file pour quelle que démarche qu’ils entreprennent.
Il y a eu auparavant le cas du Parti PDES qui a plaidé pour une opposition modérée au régime, conformément à la vision de l’ancien Président ATT qui a toujours prôné la violence. Il n’en a pas fallu plus pour que Sadou DIALLO, président du PDES à l’époque, subisse les foudres de Soumy champion qui lui a demandé illico presto de clarifier sa position.
Selon diverses sources, ces comportements autoritaires ou totalitaires ont contribué à l’isolement de Soumy champion, si ce n’est son désaveu au sein de son regroupement.

La légitimité à l’épreuve
En plus du manque de leadership se pose la question de la légitimité du chef de file de l’Opposition.
Il est clair qu’il a la légalité de son côté. Et pour cause, le chef de file de l’Opposition est nommé par décret pris en conseil des ministres. Ce qui a été fait, conformément à une promesse électorale du Président IBK.
Par contre, c’est la légitimité qui est contestée par les autres partis politiques membres de l’Opposition. L’on n’accepte pas une reconnaissance fondée sur le seul fait que Soumy champion dispose d’un plus grand nombre d’élus à l’Assemblée nationale. Les egos des uns et des autres sont si démesurés qu’accepter la légitimité de Soumy s’assimile à une allégeance qui n’est pas envisageable, surtout de la part de ce président de parti politique qui n’a jamais accepté de jouer les seconds rôles. N’est-ce pas d’ailleurs pour cela qu’il a claqué la porte du CNID-FYT où Me TALL lui faisait ombrage ?
Au-delà des egos, il y a les agendas personnels dictés par les ambitions politiques légitimes des uns et des autres. Il est de notoriété publique que tout parti politique est créé pour la conquête et l’exercice du pouvoir. Aussi, en toile de fond de cette guerre feutrée entre partis politiques de l’Opposition et surtout cette fronde larvée contre Soumy champion, il y a la question d’un candidat naturel de l’Opposition à l’élection présidentielle de 2018.
Selon de nombreuses sources, au niveau de l’Opposition politique, il est hors de question que Soumy soit son porte-étendard. Autant mettre les choses au clair dès à présent. Des FARE qui refusent d’intégrer le Cabinet du chef de file de l’Opposition ; des Béliers blancs qui entreprennent des initiatives qualifiées de solitaires et qui ne sont en réalité rien moins qu’une campagne avant la lettre ; certains partis politiques, qui se désolidarisent des marches de l’Opposition contestant leurs objets, sont autant de signes annonciateurs d’une implosion de ce regroupement politique où l’individualisme a toujours pris le pas sur l’intérêt général.
In fine, au bout de 5 ans à la tête de l’Opposition, le bilan de Soumy champion est famélique pour le regroupement qu’il n’a jamais réussi à réunir véritablement autour d’un idéal commun. Pour lui-même, il est catastrophique puisqu’il abordera 2018 avec le lourd handicap d’une forte contestation qui pourrait se transformer en opposition dans l’Opposition. C’est vraiment tragique.

Par Bertin DAKOUO

Source : aBamako

aBamako

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