Logements sociaux: L’avenir du programme hypothéqué par les mauvais payeurs

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Après plus de cinquante ans d’existence, le programme des logements sociaux aura permis à des milliers de familles maliennes de se loger, le paiement de la mensualité au prorata du prix de cession, étant la condition sine qua non, à laquelle doivent impérativement se soumettre les bénéficiaires. Faute du respect de cette règle du jeu par tous, le programme se trouve fortement menacé aujourd’hui. Sur le seul programme des 501 logements de Yirimadio, on dénombrerait une centaine de mauvais payeur, selon nos sources.

Ce programme se poursuit au Mali, au gré de la succession des chefs d’Etat. On note les 300 logements de Garantigibougou, les 80 appartements de Faladié, Cité de la Solidarité, 1008 logements, etc. Les 20.000 logements de N’Tabacoro sont jusque là le projet le plus audacieux, de sources proches du dossier. C’est le fruit d’un partenariat public-privé, et l’Office Malien de l’Habitat (OMH) est la structure créée pour la règlementation et la gestion de ces logements sociaux.

Aujourd’hui, le non paiement de la mensualité par de nombreux bénéficiaires constitue un goulot d’étranglement pour le programme de logements sociaux.
« Ces mauvais payeurs sont surtout des gens qui sont restés longtemps sans rien payer », alors que s’acquitter de ses obligations est un gage pour la poursuite du projet, nous indique –t-on. Car « le financement est un système de revolving : quand les privés construisent, l’Etat paye et met les maisons à la disposition des citoyens.

Les bénéficiaires payent par mois. Ce que le citoyen paye est réinjecté dans le programme suivant, surtout que les maisons sont cédées moins que le prix coûtant. En effet, l’Etat supporte très souvent le prix de la parcelle et de la viabilisation », a expliqué un spécialiste qui a parlé à notre confrère Les Echos.

Les critères sont acceptés par les bénéficiaires, et dans les contrats, il est clairement indiqué « les bénéficiaires s’engagent par acte notarié qu’à défaut de paiement d’une mensualité ou qu’en cas de fausse déclaration, ils se soumettent à l’application de la clause résolutoire et à leur expulsion du logement sans remboursement des échéances payées qui seront considérées comme loyers ».

Les ressources de l’OMH ne sont pas illimitées, et par la faute des mauvais payeurs, le programme risque de prendre un coup sérieux dans ses capacités de revolving. Prenant un élan de sursaut, pour sauver cet important programme,
l’OMH a entrepris des campagnes médiatiques, des lettres du directeur aux bénéficiaires pour les inciter à payer, des sommations de payer valant mise en demeure et enfin des lettres de résiliation par voie d’huissier valant mise en demeure de vider les logements sous huitaine, apprend on de sources sûres.

A noter que sur tout le territoire malien, près de 10 000 logements ont été réalisés et attribués par l’Etat malien de 2002 à 2015, ce chiffre ne prenant pas en compte les programmes en cours. A Bamako uniquement, de 2002 à 2017, il y a eu 7 594 logements sociaux attribués par les gouvernements successifs. Le reste concerne tout le territoire malien, dans toutes les régions du Mali.

Sidiki Démbélé

Source : aBamako

aBamako

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