Reforme de la constitution Quand Manassa Danioko tranche déjà!

Dans la parution du 23 février 2017 du Journal l’Essor, des propos tenus par la Présidente de la Cour constitutionnelle fait sursauter quiconque connait un tant soit peu le rôle de cette institution de la République.
Selon le journal, la Présidente a affirmé : « Après avoir faut la genèse de cette institution, Manassa Danioko a expliqué que la Constitution actuelle du Mali a été adopté dans un contexte adapté aux réalités de l’époque…Mais après 20 ans d’exercice, il est nécessaire, dira-t-elle, de la réadapter au contexte actuel. D’où la volonté de la Cour constitutionnelle de réformer cette constitution et de l’adapter aux réalités politiques et sociales du pays. La Présidente de l’institution a rassuré que le projet de réforme constitutionnelle ne touchera pas à l’intégrité du pays ».
Mais de quoi se mêle cette Présidente qui semble ne rien comprendre aux missions assignées à cette Cour constitutionnelle. De quels articles de la Constitution tire-t-elle cette prérogative de révision constitutionnelle qu’elle s’arroge. Dans quelle République démocratique et dans quel Etat de droit sommes-nous lorsque la Cour constitutionnelle qui est uniquement chargée d’appliquer la Constitution, exprime expressément- et de surplus en face d’une Délégation étrangère- sa « volonté de réformer cette Constitution et de l’adapter aux réalités politiques et sociales du pays ».
Quel grave danger pour la démocratie et l’Etat de droit lorsque la même Présidente de la Cour constitutionnelle ajoute que « le projet de réforme constitutionnelle ne touchera pas à l’intégrité du pays ». Comment peut-elle, comment ose-t-elle, alors que la Cour constitutionnelle doit officiellement intervenir aussi bien dans le fond que dans la forme, pour se prononcer sur la Constitutionnalité de la Procédure de révision constitutionnelle, trancher déjà en affirmant que « le projet de réforme constitutionnelle ne touchera pas à l’intégrité du pays ». Est-ce que les règles déontologiques qui doivent également être de mise à la Cour constitutionnelle, autorisent sa Présidente à se prononcer d’office et d’avance sur un document sur lequel la Cour doit statutairement se prononcer.
Klezié

Source : aBamako

aBamako

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