Confusionniste politique : Au Mali, c’est la honte !

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Le confusionnisme politique est ce phénomène qui conduit sur certains sujets des groupes et individus appartenant à des spectres a priori opposés du champ politique à s’allier pour des raisons opportunistes mais aussi parce qu’ils parviennent sur ces sujets précis à se trouver et à développer des bases hypothétiques communes. Les thématiques touchées par le confusionnisme couvrent à peu près l’ensemble des débats politiques possibles: relations Nationales, et internationales mais aussi la santé, l’économie et même les luttes sociales, cette liste n’étant pas exhaustive. Le confusionnisme politique peut relever d’une stratégie mûrement réfléchie (c’est notamment souvent le cas des nos démocrates convaincus sincères et clandestins) comme il peut aussi être le fruit de l’ignorance ou de la naïveté de certains militants (notamment progressistes).

Historiquement, on peut situer les débuts de ce phénomène en France à la fin du 19ème siècle. Il a par la suite connu, selon les moments et les pays, des périodes de flux et de reflux. On assiste aujourd’hui illico presto à la constitution quasi tacite de ce phénomène de confusionniste, qui se structure et s’impose dès qu’on crée un parti politique ou une association.
Quoique difficile à quantifier, on peut penser que le phénomène reste en tout cas au Mali un phénomène de mode politique et qui tend à s’amplifier à l’aune de la crise multidimensionnelle que nous traversons, bénéficiant d’importants relais de plus en plus, dans le champ médiatique dominant.
Depuis l’avènement de la démocratie nous assistons et de façon impitoyable a cet épiphénomène de vogue.
En Mars 1991, jamais le Mali n’a connu semblables manifestations, la personne de Moussa Traoré, sa puissance, son souci d’écraser l’adversaire ont permis que se rassemble contre lui un très large front, mais la houle et les foules ne sont pas enfantées par les foucades d’un homme, elles répondent à un choix de civilisation injuste opéré au prétexte que le parti unique est source de stabilité et que l’aspiration démocratique et multipartiste est une invention réservée aux Occidentaux.
En 1991, au même moment où l’on tuait plus de trois cent personnes, certains de ceux qui nous dirigent aujourd’hui étaient du côté du bourreau, au moment même où l’on scandait démocratie ”isambée sambé” certains qui aujourd’hui méprisent la jeunesse qui méprisent les femmes étaient sans boulots, sans voitures et dans des habitats précaires.
Depuis 1991, les mêmes gens qui ont vingt six (26) ans de pouvoir aujourd’hui; disaient qu’il n’était pas normal, ils disaient même qu’il était anormal qu’un seul homme et un seul régime puisse faire vingt trois (23) ans de pouvoir…
Si les martyrs de 1991 savaient ce que le malien de depuis leur mort vit aujourd’hui, beaucoup ne se seraient pas fait tués pour la démocratie, comment comprendre que, depuis 1991, ce sont les mêmes gens, les mêmes discours, les mêmes rapines, les mêmes études, le même chômage, les mêmes injustices, la même corruption les mêmes rebelles et la même rébellion et à cela s’ajoute un mépris total à l’encontre du peuple
Depuis 1991, comme l’union nationale des jeunes du mai, l’apprenti sorcier de l’UDPM, le rôle de la jeunesse est réduit ou cantonné à s’inspirer des mêmes gens qui ont échoué et cela sans relâche conduisant à l’opportunisme.
Comment comprendre qu’après vingt cinq (25) ans aucun politique de l’ADEMA, du RPM ni d’autres partis dirigeant ne mesurent l’angoisse de la jeunesse, véritable réquisitoire contre les politiques qu’ils ont conduites depuis vingt cinq ans débouchant sur un avenir sans espoir pour toute une génération ?
Je pense qu’une autre révolution plus organisée, une autre conscience plus aigue de la problématique devraient voir le jour matérialisant le moyen d’inverser un tel destin, un destin confus, inexistant ou, s’il existe, il n’existe que pour une oligarchie qui pense que le pouvoir doit se transmettre par chromosome.
Comment comprendre que depuis 1991, aucune véritable dynamique pour développer la démocratie n’est effectuée afin de développer tout simplement notre pays ? La démocratie se résume aux élections pour légitimer la corruption.
Depuis 1991, c’est l’ADEMA et ses acolytes qui ont dirigé, manipulé, planifié approprié la richesse depuis vingt cinq (25) ans, les gens de l’Adema ont refusé d’aller à l’opposition perdant toute dignité démocratique pour l’indignité de la survie. C’est l’ADEMA, le RPM, le PARENA, l’URD et tous les autres partis moribonds qui s’approprient les leviers de commande… Cela fait vingt cinq (25) ans que l’ADEMA originelle a pris le pouvoir et jamais un seul jeune n’a exercé le pouvoir, on doit tous attendre cinquante (50) ans pour diriger comprenez-le, jeunes camarades compétents
Comment comprendre ce mépris de la jeunesse, comment comprendre qu’un ministre de la démocratie de notre époque se permette de manifester son mépris à l’égard des jeunes ? Cela mérite manifestement un commentaire car les faits illustrent ce propos : un ministre rend visite à la région de Sikasso et dans le respect des règles protocolaires le gouverneur lui présente les directeurs régionaux, arrivant à un jeune directeur régional, le ministre aurait été étonné et, d’un air suffisant aurait proclamé: mais, il est trop jeune, ce n’est pas possible qu’il soit directeur, d’ailleurs, je vais le dire au ministre de son département «Ah! Mépris, quand tu nous tiens…» mais à ce ministre, il faut qu’il sache qu’il n’est rien, si ce n’est un présomptueux qui ne mériterait aucun respect.
Il faut que ce ministre sache que, bien que plus âgé que ce jeune homme, il n’en est pas moins plus intelligent, il est plus âgé et par conséquent plus roué, il est de notoriété publique que ce ministre a échoué au tant de ATT et c’est par escobarderie qu’il est encore aujourd’hui ministre sous IBK. Et s’y maintient grâce à sa plasticité au regard du sens de la légalité et de son cynisme.
Depuis 1991, l’ADEMA et les partis issus de ses chitons mais aussi le CNID, le PARENA, le MPR, l’UMRDA, le mouvement dit citoyen ont méprisé la jeunesse, sans distinction à établir sur ce point entre tous ces partis. Qu’on me rapporte la preuve de l’adhésion d’un seul de ces dirigeants par conviction personnelle, ils ont tous pérégriné politiquement sur des questions personnelles; est-ce-que Bocary Tréta a quitté l’ADEMA parce que son parti d’origine dilapidait les caisses de l’Etat, non ! Est-ce que Soumaila Cissé a quitté l’ADEMA par conviction Tiébilé et autres ont-ils quitté le CNID par conviction pour aller fabriquer le PARENA ?
Au Mali sur la base d’un faux consensus qui jamais n’aboutit à rien à part démolir le tissu économique et accrocher l’avenir de toute une génération.
De 1991 à 2017, ce sont les mêmes qui deviennent ministres redeviennent ministres deviennent Président du Conseil d’administration (PCA) et redeviennent incontournables inutilement car ils n’ont l’expérience que dans le vole, le mensonge, le trafic d’influence dans les surfacturations, dans le tripatouillage politique. Notre démocratie aujourd’hui c’est l’éloge des anciens de Moussa et l’imposition de leur élagage.
Modibo Kéita, ancien ministre de Moussa des années quatre vingt (80) (ministre de l Emploi puis des Affaires Etrangères), devient le Premier ministre de Alpha Oumar Konaré, puis aujourd’hui Premier ministre de IBK, il aurait l’expérience dans le vole, le mensonge, la traitrise. Il aurait un mépris vénéneux envers la jeunesse qui a défait le pouvoir de son parrain Moussa Traoré, ce vieillard qui ne mérite pas le respect des démocrates ne maitrise aucun système informatique, à part la maitrise d’un français archaïque. Cet homme ne peut rien apporter, n’apportera rien à notre démocratie, il doit faire la bonne lecture de la scène politique nationale et décider autrement.
Mohamed Ag Hamani, ancien Ministre de Moussa est devenu Premier ministre de ATT, j’ai l’impression que ces vieillards veulent qu’on leur offense pour qu’il quitte le champ politique malien, tous, retraités ils sont encore toujours là pour en fin ne rien faire mais devenir PCA pour se la couler douce.
Diango Sissoko, Ministre de Moussa Traoré, devient secrétaire machinal de la présidence sous ATT puis Premier ministre sous Diancounda Traoré supplétif, ce qui tendrait à signifier que Moussa n’avait pas tort. Dans ces conditions, de qui se moque-t-on.
Toutefois, le changement est possible, oui, il est possible, de bouter l’Adema, l’URD le RPM (ADEMA d’aujourd’hui +RPM +URD égal Dioncounda Traoré, ministre d’Alpha +Soumaïla Cissé, ministre des Finances d’Alpha+IBK Premier ministre d’Alpha.
Au Mali, dans notre pays, un jeune ne peut jamais (il m’a été enseigné à l’université de ne jamais dire jamais) aspirer à de hautes fonctions de l’Etat s’il n’est pas dans un certain AGREGAT et s’ils y accèdent honnêtement par leurs capacités intellectuelles ou morales, les spécialistes des complots reprennent leur crochet pour commencer à traficoter les complots les exemples sont nombreux et illustratifs.
Quand Dramane Dembélé était devenu candidat de l’ADEMA après avoir battu à plate couture tous les bouchons du parti, la seule explication de leur haine viscérale contre lui était qu’il était jeune et qu’il aurait été de l’AEEM, AEEM pourtant qui a lutté contre Moussa quand eux étaient dans leur lâche clandestinité, ce même Dramane Dembélé a souffert des complots de ces barrons quand il était ministre, on recommandait même des articles pour le persifler et le brunir alors même qu’il était encore de leur parti, pourtant étant jeune, il a gardé toute sa civilité de ne pas entrer dans leur méandre.
Quand Oumar Tatam Ly était Premier Ministre, toute la classe politique avariée s’était retrouvée pour essayer de lui mettre des gourdins dans les poulies malheureusement pour eux il vaut mieux qu’eux, il leur a délogé le pouvoir et a quitté avec dignité et honneur.
L’exemple le plus criard, le plus honteux, le plus palpable, est l’unanimité honteuse de vouloir comploter contre Moussa Mara qui, du reste, n’est pas issu de leur besace, de leur collège classique de sycophantes, de faux-monnayeurs, Mara a démontré par A plus Z que la caricature actuelle des vieux politiciens n’est qu’un merdier.
Moi, je n’accuse pas les jeunes même s’ils ont tort même ceux qui sont au pouvoir car il n’y a jamais eu une référence pour eux, les seules références qu’ ils ont connues durant toutes ces années c’est la menterie, le mensonge, les resquilles, les putréfactions, les combines comme système de gouvernance et par des preuves, (enrichissement facile et impudent) on a fait comprendre à toute une génération que la politique n’appartient pas aux jeunes qui se révoltent, c’est des maudits, les gens qui se mettent contre les vieux voleurs et que la politique ne fait pas partie de la pensée sociale mais de la de la pensée plastique gonflable ou l’on peut prendre des vessies pour des lanternes.
Ousmane Mohamed Touré, Manager de Malimex international, diplômé en Communication sociale de l’Université de la HAVANE, ex-président de la Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA)

Source : aBamako

aBamako

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