Situation sécuritaire explosive au Mali: Imam Dicko appelle à dialoguer avec les Djihadistes maliens

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Quand le président du Haut Conseil islamique du Mali, l’Imam Mahmoud Dicko, invite les musulmans à un meeting, c’est des dizaines de milliers de personnes, une marrée humaine qui se draine pour remplir le stade ou la salle de spectacle.

Cette tradition a été respectée le dimanche 26 février quand il s’est adressé aux fidèles sur les questions nationales brulantes, parmi lesquelles l’insécurité au nord et au centre et les circonstances aggravantes de conflits intercommunautaires. Le salut, pour lui, passe par un dialogue avec les djihadistes maliens, « nos frères djihadistes ».

Le leader religieux, se trouve à cet effet sur la même longueur d’onde qu’un homme politique malien, le président du Parena, Tiebilé Dramé, le négociateur de l’accord de Ouagadougou, qui s’est très tôt distingué sur la question, dès avant la signature de l’accord d’Alger. Pour cet ancien ministre des Affaires étrangères, la paix au Mali passe par un dialogue avec « les djihadistes maliens ».

Ce n’est pas la première fois que l’Imam Mahmoud Dicko prend position pour le dialogue avec les Maliens en conflits avec l’Etat, même s’ils sont djihadistes. Ils sont d’ailleurs maliens avant d’être djihadistes, ce sont nos frères. Il l’avait déjà dit au président IBK, lors de la présentation des vœux en 2014, optant la victoire par le dialogue, plutôt que par les armes.

Ce dimanche au palais de la culture de Bamako, le président du Haut Conseil Islamique a réitéré son appel à négocier avec les djihadistes maliens, pour retrouver la paix au centre du Mali qui s’embrase de jour en jour. « On a eu à effectuer une mission dans ces pays occidentaux pour défendre notre pays, comment allons-nous refuser de parler avec nos frères peuhls qualifiés de terroristes pour qu’il y ait la paix au Mali ? ». Selon lui, le fait que les occidentaux « refusent de dialoguer avec nos frères, ne doit pas nous en empêcher ».

Depuis bientôt trois ans, le président du Parena, Tibilé Dramé réitère l’appel au Président de la République à « explorer les possibilités de parler avec les djihadistes maliens. Mon avis est qu’il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard », ressasse-t-il. Selon lui, les pouvoirs publics doivent identifier tous les détenteurs d’enjeux et tous les facteurs d’instabilité. Les djihadistes maliens font partie de ces facteurs d’instabilité, a avisé le président du Parena et négociateur de l’accord de Ouagadougou.

Le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) a organisé le dimanche 19 Février 2017 à la Maison des Ainés de Bamako, une réunion d’information et d’échange sur la situation qui prévaut dans la région de Mopti et dans les cercles de Ké-Macina et de Niono, dans la région de Ségou. La solution préconisée à cette occasion tourne autour du dialogue, notamment avec les chefs djihadistes locaux, en l’occurrence avec Ahmadou Kouffa, présumé leader du Front de Libération du Macina (FLM).

Les recommandations de cette rencontre indiquent que « face à la rébellion, il y a deux postures possibles : la force et le dialogue. Eu égard aux coûts humains et matériels de l’usage de la force, il faut aller au dialogue : dialoguer avec les chefs djihadistes locaux; dialoguer avec Ahmadou Kouffa ». Les recommandations dégagées, lors du meeting du Haut conseil islamique ne sont différentes de celle de la rencontre organisée par le Parena, une semaine avant.

Les leaders religieux préconisent: « une mission urgente avec les forces vives de la nation, dans le delta central du Niger afin d’apaiser le climat social, et d’entreprendre des actions de médiation et de réconciliation entre les communautés ». Il recommande également la mise en place d’un mécanisme national de prévention et de gestion des conflits, ainsi qu’une plus grande implication de l’Etat conformément à sa mission régalienne dans la protection des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national, la mise en place d’une politique efficace de communication afin d’éviter l’amalgame entre auteurs de crimes et leur communauté ou leur religion d’appartenance.

B. Daou


Source : Africatime

Africatime

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