Un ambassadeur injoignable…

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La plus grande déception pour les Maliens au Fespaco a été l’ambassadeur du Mali au Burkina Faso, Amadou Soulalé, président du parti sans militant Fama. «Monsieur injoignable», c’est comme ça que les Maliens l’appellent. Personne n’a pu joindre par téléphone notre ambassadeur. Nos compatriotes qui vivent au Faso ne savaient même pas que le Mali avait un ambassadeur au Burkina Faso, d’autant qu’il est plus présent à Bamako qu’à Ouagadougou. Pendant tout le Fespaco, il n’a pris les appels de personne, même ceux qui lui ont été recommandés par son ministre. Les gens pensaient qu’il était trop occupé avec la présence du ministre de la Culture. Mais que non, l’homme ne veut rencontrer aucun Malien !

Il a dit lors de sa rencontre avec le ministre de la Culture et les acteurs du cinéma à Ouagadougou, qu’il n’était au courant de rien. Et qu’il n’ignorait la participation de Maliens au Fespaco. Ce monsieur n’a aucun respect pour les Maliens vivant au Burkina Faso, à plus forte raison pour ceux qui sont de passage. Et il dit à qui veut l’entendre, c’est IBK «qui m’a nommé comme ambassadeur et le reste ne pose pas problème».

Les langues se délient
La révolution burkinabè a délié les langues. De nos jours, il y a beaucoup de braves hommes au Burkina Faso ; les débats sur les radios et télévisions sont multiples ; les gens parlent publiquement du régime sans en craindre des conséquences. Même dans les taxis, on peut bel et bien parler de Rock et de sa gestion, sans avoir peur. Chose qui était impossible sous Blaise. Notre taximan affirme prier dans la même église que le président. Il est au quartier avec les autres, les dimanches, et fait son sport à vélo.

Il n’est allé pas au palais de Kosyam. Personne ne pouvait imaginer cela il y a 5 ans. La révolution est passée par là. Il est révolu, le temps où Black So Man, Nobert Zongo, Thomas Sankaré et plusieurs autres personnes ne pouvaient pas être cités en public. Le régime en place est au centre des échanges nuit et jour. Et souvent, les dirigeants du pays, les ministres, cadres et directeurs acceptent de participer à des débats contradictoires sur leur gestion.

Le secret bien gardé
Le Roi Mohamed VI du Maroc vient de boucler une tournée dans la sous-région. Il s’est rendu au Ghana, en Guinée Conakry et Côte d’Ivoire. Sa Majesté n’est pas venue au Mali. Cette étape a été annulée selon un communiqué de la présidence de la République du Mali, à la demande de la partie marocaine. Plusieurs raisons non officielles ont été avancées, dont la maladie supposée du président IBK. Lequel a pourtant reçu en audience, le même jour, l’ambassadeur des USA au Mali.

C’était le mardi 21 février. Le lendemain mercredi 22 février, le président IBK a présidé le traditionnel conseil des ministres. Selon d’autres informations, le Royaume chérifien n’aurait pas apprécié la visite d’hommes d’affaires algériens à Bamako à la veille de celle du Roi. La question du Polisario est aussi avancée comme hypothèse. Mais de façon officielle, aucune autorité n’a dit ce qui est à la base de l’annulation de l’étape malienne de la tournée ouest-africaine du Souverain marocain. Un secret bien gardé pour le moment.

Source : aBamako

aBamako

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