Trump placé “sur écoutes” : Obama dément

Twitter est définitivement l’outil préféré de Donald Trump. Ce samedi, le président américain a accusé son prédécesseur Barack Obama de l’avoir mis sur écoutes avant l’élection      présidentielle du 8 novembre 2016, dans une série très matinale de tweets, sans donner de détails ni de preuves. L’ancien président s’en est défendu dans un court communiqué, publié plus tard dans la journée de samedi. Donald Trump a reproché      à l’ancien président d’être une « personne malfaisante [ou malade] ». « Exécrable ! Je viens de découvrir que le président Obama avait mis mes lignes sur écoutes dans la tour Trump juste avant ma      victoire », a posté Donald Trump.

Obama dément

« C’est du maccarthysme », a-t-il commenté, en référence à la traque des militants et des sympathisants communistes aux États-Unis      dans les années 1950. Le porte-parole de l’ancien président américain a démenti ces accusations samedi : Barack Obama n’a jamais ordonné la mise sous surveillance d’un citoyen américain, selon lui. « Le président Obama ni aucun responsable de la Maison-Blanche n’ont jamais ordonné la surveillance d’un quelconque citoyen américain », a indiqué Kevin Lewis, porte-parole de Barack Obama, dans un communiqué succinct.

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Donald Trump a également fait un parallèle avec le scandale du Watergate, l’espionnage politique qui avait abouti en 1974       à la démission du président Richard Nixon. « Je suis sûr qu’un bon avocat pourrait faire une excellente affaire du fait que le président Obama a mis mes téléphones sur      écoutes en octobre, juste avant l’élection ! » a relevé le président américain, qui passe de nouveau le week-end dans sa propriété      de Mar-a-Lago en Floride. C’est l’attaque la plus violente menée contre son prédécesseur depuis sa prise de fonctions le 20 janvier. Sollicité par l’Agence France-Presse, l’entourage de Barack Obama n’a pas réagi dans l’immédiat. Cette salve sur Twitter intervient au moment où son administration est bousculée par de récentes révélations sur des contacts      entre l’entourage de Donald Trump et des responsables russes durant la campagne présidentielle et entre son élection le 8       novembre et sa prise de fonctions le 20 janvier.

 

« Un président ne peut pas ordonner des écoutes », a réagi sur Twitter Ben Rhodes, un ancien proche conseiller de Barack Obama. En principe, seul un tribunal est habilité à prendre ce type de décisions. Jusqu’à l’élection de novembre, Barack Obama et Donald Trump entretenaient des relations très tendues. Pendant plusieurs années, le milliardaire avait été le fer de lance des « birthers », affirmant avec des relents de racisme que Barack Obama était né au Kenya – pays de son père – et non à Hawaï et que, par conséquent, il ne pouvait pas présider les États-Unis. Il s’était finalement rangé à la raison en septembre 2016, en déclarant sans fioritures : « Le président Barack Obama est né aux États-Unis, point final. »

Barack Obama, de son côté, avait lancé de très violentes attaques contre le candidat républicain lors de la campagne électorale. Puis les deux hommes s’étaient entretenus à la Maison-Blanche deux jours après la victoire de Donald Trump et avaient joué l’apaisement. « Monsieur le président, c’était un grand honneur d’être avec vous », avait déclaré le républicain sur un ton très posé, presque intimidé.

Trump et la Russie

Ces attaques contre Barack Obama s’inscrivent dans un contexte politique difficile pour le président américain. Six semaines après son entrée à la Maison-Blanche, il est englué dans des accusations de collusion entre son entourage et des responsables russes pendant la campagne et pendant la période de transition. La presse a révélé cette semaine que l’ambassadeur russe aux États-Unis, Sergueï Kislyak, avait rencontré avant et après l’élection plusieurs conseillers ou proches du président républicain. En particulier le ministre de la Justice Jeff Sessions. Fidèle du candidat républicain, il avait discuté avec Sergueï Kislyak alors qu’il n’était encore que sénateur d’Alabama au mois de juillet. Il l’avait revu dans son bureau, au Congrès, en septembre, alors même que la Russie était déjà soupçonnée publiquement d’avoir piraté le Parti démocrate.

Le ministre, qui a qualifié ces rencontres d’anodines mais qui a omis de les mentionner lors de son audition sous serment devant les sénateurs, a annoncé jeudi qu’il se récusait dans toutes les enquêtes portant sur la campagne électorale et donc sur les éventuelles ingérences russes. En décembre, Sergueï Kislyak s’est rendu à la Trump Tower pour une courte visite où il a vu l’influent gendre du président, Jared Kushner, ainsi que le général à la retraite Michael Flynn, avec lequel il a eu plusieurs conversations téléphoniques après l’imposition de sanctions contre la Russie par l’administration Obama fin décembre. M. Flynn, nommé conseiller à la sécurité nationale, a été contraint de démissionner le 13 février.

Sous l’administration Obama, les États-Unis avaient directement accusé le président russe Vladimir Poutine de vouloir influer sur le résultat de l’élection en faveur de Donald Trump. Et des sanctions avaient été prises contre Moscou en décembre. Donald Trump a rejeté toute accusation d’entente avec la Russie. C’est une « chasse aux sorcières » menée par les démocrates, a-t-il accusé cette semaine.

 Publié le 04/03/2017 à 13:45 | Le Point.fr


Source : Maliweb

Maliweb

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