Nouveau Rebondissement dans la crise du football : Le Gouvernement menace d’arrêter le Président de la FEMAFOOT !

Après avoir en vain tenté de le pousser à la démission, entrepris des tractations infructueuses auprès de la FIFA, le gouvernement envisage maintenant l’arrestation pure et simple du Président de la FEMAFOOT, Boubacar Baba DIARRA. Les autorités, face à la menace de démission du Ministre Guindo et sa volonté consécutive de quitter la majorité présidentielle, les pouvoirs publics envisagent cette extrémité pour résoudre la crise. On se demande bien comment mettre le Président de la FEMAFOOT et son secrétaire général, Yacouba Sidiki Traoré, pourrait bien constituer une solution à la fronde menée par la quasi-totalité des ligues et clubs de football maliens.

Depuis la décision de dissolution du comité exécutif de la fédération malienne de football, FEMAFOOT, prise le mercredi dernier par le Ministre des Sports, Housséyni Amion Guindo, les événements n’ont cessé d’évoluer et visiblement, la chose prendre une tournure qui échappe complètement au Gouvernement.

Des tractations infructueuses

A la suite du dernier conseil extraordinaire des ministres du vendredi dernier, on apprend dans les coulisses que plusieurs scénarios sont envisagés du côté du Gouvernement. Déjà, des initiatives ont été déclenchées afin d’éviter l’inévitable sanction de la FIFA et de la CAF qui sera une suspension et exclusion pure et simple du Mali de toutes les compétitions internationales de football.

Auprès de la FIFA, des tractations sont en cours, pilotées par Abdoulaye Diop, le Ministre des Affaires Etrangères commis à cet office après le conseil extraordinaire de vendredi dernier et après surtout consigne ferme du Président de la République qui aurait exigé d’éviter toute suspension du Mali. Seulement voilà, Diop est en passe de faire choux blanc si ce n’est déjà le cas, puisque la FIFA n’aurait pas donné suite favorable à cette tentative. Qu’à cela ne tienne, à l’interne, au Mali, des initiatives ont été entreprises. Parmi celles-ci, il est notable de constater que des efforts ont faits pour amener le Président de la FEMAFOOT à démissionner, rien moins ! Ce à quoi ce dernier et son équipe opposeraient une fin de non-recevoir, pour la simple raison que les membres du comité exécutif dissout ne peuvent démissionner d’une instance qui, au terme de la décision du Ministre des Sports, n’existe plus. A moins de démissionner du… vide. Là où le bât blesse, c’est que visiblement, les autorités maliennes sont en contradiction avec elles-mêmes, en demandant de démissionner d’une structure dont elles ont pris la responsabilité de dissoudre. Car en effet, ou la décision 0011/MS-SG du 8 mars 2017 est légale, et on l’applique ; ou elle ne l’est pas, et il faut l’annuler purement et simplement. Du côté du gouvernement, on pense visiblement que cette alternative, celle de l’annulation, constituerait un camouflet qu’il faut éviter, même au prix de l’illégalité, d’infliger à un ministre qui rue dans les brancards en menaçant de quitter la majorité présidentielle. La quadrature du cercle pour IBK et son Premier ministre !

Des menaces d’emprisonnement

A défaut d’obtenir cette démission qui relève de la science-fiction, parce qu’un citoyen ordinaire, en l’occurrence Boubacar Baba DIARRA et les membres de son équipe n’assument théoriquement plus aucun rôle dans le football malien, des efforts ont été également menés par le Ministre Housséyni Guindo lui-même et son entourage, pour amener le Président de la FEMAFOOT à écrire une missive adressée à la FIFA et à la CAF pour dire à ces instances que la décision du Ministre était partagée. Un scénario science-fiction encore et toujours pour sortir de ce qui est en train de devenir une impasse juridique. A l’appui, on aurait tenté de remontrer au Président Boubacar Baba DIARRA qu’il devrait preuve de patriotisme pour éviter l’humiliation d’une sanction au Mali.

La dernière initiative est d’envisager un emprisonnement pur et simple du Président de la FEMAFOOT et de son secrétaire général, en les accusant de malversations financières. Mais cette tentative, sérieusement étudiée, se heurterait à plusieurs obstacles. En premier lieu le fait que si détournement il y a, cela ne porterait que sur des fonds privés et qu’en l’absence d’une plainte des structures associatives indépendantes qui ont placé leur confiance en la structure faitière qu’est le Comité exécutif, l’Etat n’a pas à interférer dans le dossier. Et pour cause, contrairement aux affirmations un peu hâtives et peu réfléchies du Ministre des Sports, l’Etat n’a versé aucun sou vaillant dans les caisses de la Fédération malienne de Football depuis le départ de l’équipe de Tidiane Niambélé, quand bien même, l’Etat était censé mettre annuellement dans la cagnotte fédérale… seulement millions Fcfa pour aider à organiser le championnat national. Le Ministre Guindo, et certainement avec lui le Ministre des Finances, est apparemment le seul à connaître la destination des 95% de financement du football, puisque les responsables du comité exécutif mettent au défi le Ministre des Sports à produire un seul document administratif ou financier prouvant que l’Etat, du moins ces trois dernières années, a consenti à donner un seul franc à la Fédération.

Un pis-aller

Le projet d’arrêter Boubacar Baba Diarra et Yacouba Sidiki Traoré dit Yacoubadjan prouverait plutôt un acharnement contre un homme dans la volonté du pouvoir à vouloir satisfaire coûte que coûte les désirs d’un individu, ministre soit-il ! Car en effet, si les autorités avaient ne serait-ce qu’un début de preuve contre le Président de la FEMAFOOT et son équipe, depuis le temps et la longue croisade du Ministre Guindo contre lui, elles l’auraient exploitée sans vergogne, car cette solution est plus facile qu’une décision de dissolution entraînant ipso facto une sanction de suspension contre le Mali.

Si bien que ce week-end est des plus riches en rebondissements et en tractations, mais à quelle fin ? L’issue par incertaine pour les croisés de la dissolution qui vont jusqu’à avancer que la FEMAFOOT défie l’Etat. On se demande bien comment si une simple décision, illégale dans le fond et la forme, suffit à éjecter un comité exécutif régulièrement élu.

Anthelme DEMBELE


Source : Maliweb

Maliweb

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