Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique – SNESUP : Grève illimitée en perspective

Le SNESUP a observé mardi et mercredi derniers une grève de 48 heures sur l’ensemble du territoire. Le débrayage sera renouvelé pour 72 heures, du 14 au 16 mars si un accord n’est pas trouvé d’ici-là. La prochaine étape prévoit une grève illimitée dont il faut d’ores et déjà craindre les conséquences fâcheuses, avec notamment l’entrée probable dans la danse de l’AEEM pour revendiquer son droit à l’éducation. En d’autres termes, en l’absence d’un accord entre le SNESUP et l’Etat, il faudrait s’attendre à une année agitée qui s’ajouterait à une situation déjà complexe et pourrait même perturber l’organisation de la très attendue Conférence d’Entente Nationale.

Le rappel

Pour la mémoire, les deux parties avaient tenu en octobre 2016 une réunion de conciliation. Un procès-verbal de conciliation avait sanctionné cette rencontre. Le document avait été signé du côté de la Commission de Conciliation par El Hadj Seydou Patrice Dembélé (rapporteur), El Hadj Sékou Soumano, président. Le Pr Drissa Diallo, Secrétaire Général, avait apposé sa signature au nom de la partie gouvernementale, le Dr Abdou Mallé pour le Comité Exécutif National du SNESUP.

Désaccord

Le document notait quatre points d’accord, un accord partiel et un désaccord relatif au « dessaisissement immédiat du Conseiller Technique Mahamadou Mare de tous les dossiers du SNESUP ». La Commission de Conciliation s’était déclarée incompétente pour discuter de ce point.

Accord partiel

L’Accord partiel portait sur la hiérarchisation de certains agents et la « capitalisation des publications des chercheurs de l’IER recrutés en 2008 pour leur juste transposition ». Le gouvernement s’était engagé à hiérarchiser « les omis et les candidats potentiels au plus tard le 31 décembre 2016, avec comme date d’effet le 16 juin 2015 ». Quant au dossier de l’Institut d’Economie Rurale (IER), le gouvernement s’était engagé à faire examiner les dossiers « dans une CNELA spéciale au plus tard le 31 décembre 2016 ».

Accords

Les points d’accord concernaient l’adoption du nouveau statut « Enseignant-Chercheur », le paiement d’arriérés d’heures supplémentaires aux enseignants de l’I.U.G., l’intégration dans la Fonction Publique de contractuels, le « dépôt immédiat du rapport de la Commission Tripartite et l’application immédiate de la grille 3000 issue de la mission d’études sur les conditions de rémunération et les obligations des enseignants du supérieur et des chercheurs dans les pays de l’UEMOA ».

Sur ce dernier point capital pour les enseignants et les chercheurs, le gouvernement avait donné son accord « à relancer et à déposer le rapport de la Commission Tripartite dans un mois, à compter de la signature du présent procès-verbal ». Celui-ci a été signé le 13 octobre 2016. Apparemment il a été rangé dans le tiroir depuis, puisqu’aucun point de discussion n’a véritablement évolué. Une attitude qui donne une idée de la conception qu’ont les autorités actuelles de ce qu’on appelle « Accord ».

Ce mot devrait signifier à leurs yeux une simple astuce, un simple moyen de gagner du temps vis-à-vis d’interlocuteurs prétentieux ou puissants. En effet, les magistrats ont reproché la même lacune au gouvernement. Le syndicat de la santé et du développement social est indigné du même mépris dans son traitement. Le peuple tout entier s’est élevé contre le Communiqué Conjoint Mali-Union Européenne sur l’immigration, document que le gouvernement refuse de considérer comme un « accord » et qui en bien un. Bref, pour le gouvernement de Modibo Keïta, les promesses n’engagent que ceux qui y croient, et les soi-disant accords ne sont au final que de la simple paperasse qu’nous pouvons jeter à la poubelle quand cela nous chante.

Grève prévisible, front en ébullition

Une chose est sûre, cette grève du SNESUP était prévisible dès l’instant où le gouvernement, sans satisfaire aux exigences des deux syndicats de la magistrature, a néanmoins consenti quelques efforts de nature à attiser les convoitises. Avec toutes ces grèves, en cours, en stand-by ou en préparation (santé et développement social, magistrature, éducation de base, enseignement supérieur et recherche scientifique…), le front social risque d’être en ébullition dans les semaines ou les mois à venir. Etant donné que ce sont les nombreuses exceptions qui ont créé toute cette situation, c’est à se demander s’il ne faudrait pas tout remettre à plat et repartir sur de bases plus solides, consensuelles et justes pour tous.

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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