Gouvernement du Mali : Un Premier ministre las, des ministres périmés

Longtemps annoncé, le remaniement ministériel inéluctable aura probablement lieu cette semaine. Si des ministres sont sûrs de rester, beaucoup, à cause de leurs incompétences à gérer les problèmes de leurs départements, devront faire leurs valises. Parmi eux, il y en a même qui sont pressés d’être virés tant la mission dépasse de loin leurs aptitudes.
En tête de liste des membres du gouvernement à la traîne figure le ministre de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseyni. Ce natif de Gao n’avait qu’un seul rêve : devenir ministre. Cela fait, Malick Alhousseyni confond vitesse et précipitation. A chaque occasion, il s’embarque pour des visites d’infrastructures. Au même moment la population est plongée dans le noir et le manque criard d’eau est devenu le quotidien de tous à Bamako. Idem dans les régions.

De la Commune I à la Commune VI, aucune stabilité de l’électricité. Et dire que nous ne sommes qu’en mars, contrairement aux autres années où la pénurie ou la coupure intempestive ne commence qu’en fin avril. L’on a comme l’impression qu’il fui Bamako tant il n’arrive pas à trouver une solution aux problèmes maliens.
La semaine dernière, lorsque notre vaillant ministre tentait de rassurer la population sur la coupure de cette année, au même moment, ironie du sort trois communes ont été plongées dans le noir. Pis, le courant n’est revenu qu’après son intervention. Il est loin de mériter sa place dans ce gouvernement qui a besoin de fournir l’eau et l’électricité à sa population.

Le ministre Konimba Sidibé est devenu méconnaissable depuis sa nomination au gouvernement. Et ce n’est point surprenant pour ceux qui l’ont suivi aux dernières heures avant sa nomination. M. Sidibé était devenu virulent, très virulent d’ailleurs lors de son dernier meeting à la Maison de la presse.

Derrière cette sévérité à l’endroit du régime d’IBK se cachait une véritable campagne de séduction. Comme un ver au bout de l’hameçon, IBK a péché Konimba, et depuis M. Sidibé a perdu sa verve. L’expert-comptable et président du Mouvement pour un destin commun (Modec) n’avait pas sa langue dans sa poche.

L’on se rappelle de sa sortie médiatique lorsque le gouvernement transitoire de Dioncounda avait fait un remaniement. C’est Konimba Sidibé qui avait tapé fort sur la table, car il avait estimé que ce remaniement du gouvernement n’était ni opportun, pour la résolution de la crise du Nord, ni pour l’organisation des élections de juillet 2013.

Il avait exigé une explication claire des autorités de la transition, l’annulation du remaniement, la renonciation claire des autorités de la transition à l’exécution de toutes les opérations (achat d’une soixantaine de véhicules pour la présidence et la Primature pour 2,2 milliards de F CFA et réhabilitation du palais présidentiel pour 4,4 milliards de F CFA).

Aujourd’hui, c’est ce même Konimba qui tarde à apporter une solution dans son domaine d’expertise. Il perd en crédibilité aux yeux de certains cadres de son parti qui estiment que l’homme a noyé les idéaux de son propre parti. Il passe la plupart de son temps entre les avions, à prendre les photos devant les monuments comme sur une photo prise à New Delhi en Inde. Il ferait mieux de céder sa place à un homme qui saura booster le secteur de la Promotion des investissements et du Secteur privé.

Sambel Bana Diallo est un autre figurant dans le gouvernement. Ministre de l’Aménagement du territoire et de la Population, l’on se demande s’il existe réellement un département de l’Aménagement du territoire et de la Population au Mali, tant les activités et mouvements de ce ministre sont quasiment nuls. M. le ministre se repose tranquillement dans son bureau bardé de ses diplômes et son expérience en poche. Il fera un bon technicien sur le terrain et il serait plus judicieux de mettre à sa place quelqu’un de plus entreprenant et de plus courageux.

Que dire de Mohamed Aly Ag Ibrahim, ministre du Développement industriel ? Il passe plus de temps à promouvoir l’image d’IBK qu’à s’occuper de son domaine. Il n’est pas arrivé à se mettre à présent dans la peau d’un ministre. Comme s’il a peur de se faire retirer ce poste ministériel, Mohamed Aly Ag Ibrahim a envahi les rues de Bamako de photos du président IBK. L’on se demande même si l’argent utilisé pour cela ne pouvait pas l’aider à créer une nouvelle usine.

Pis, les industries multinationales viennent bousculer les Maliens ici. Les travailleurs de Diamond Cement ne diront pas le contraire. Eux qui vivent dans une situation dramatique au sein de cette société dirigée par les Indiens. Les Indiens maltraitent les travailleurs maliens tandis que les travailleurs des autres pays comme le Togo, le Bénin qui sont là sont royalement traités.

Cette situation perdure au sein de cette multinationale et le ministre en question fait semblant d’ignorer, car il n’aurait jamais essayé de s’enquérir des nouvelles des travailleurs. Le neveu de l’ancienne ennemie du Mali, Nina Wallet Intallou devra revoir sa copie au risque de se voir débarquer du gouvernement.

Raky Talla se bat comme un beau diable pour se maintenir. L’on sait déjà comment elle a dribblé au sein de son parti l’UM-RDA pour être dans le gouvernement, et depuis lors bonjour les dégâts ! Ministre du Travail, de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat, l’on se demande sous quel régime nous nous trouvons. Les grèves se multiplient. Qui se souvient d’une vraie négociation que madame le ministre a conclue avec un quelconque syndicaliste depuis qu’elle est à la tête de ce ministère ?
Roulant les airs à chacune de ses sorties, madame patauge et ne sait plus quoi faire aujourd’hui face à la grogne de plusieurs grévistes. Et puisque la nature a horreur du vide madame n’osera pas dire que la mission dépasse ses compétences. Il va falloir donc que le président IBK prenne sa responsabilité.

Le ministre Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, tue la culture. En effet, tout ce qui n’est pas Bazin n’est pas son problème. Amoureuse de sa ville natale Bamako, elle oublie qu’elle est le ministre de tout le Mali et non de Bamako. Sa visite aux différentes festivals se limite aux régions dites sécurisées du Mali. Au-delà, Mme préfère se renfermer dans son bureau plutôt que de se battre pour tenir une biennale dans sa localité, histoire de rassurer les partenaires.

IBK ne s’est-il pas trompé de personne pour gérer ce département ? Tout porte à le croire. Ignorant ses couacs, ce dernier lui avait confié plusieurs départements en même temps. Mais grande a été sa déception, car elle avait commencé à tuer tous les secteurs sous sa responsabilité. Du coup, son département fut scindé et on ne lui confiera que la Culture. Même là aussi, elle se plante. Mme le ministre n’arrive pas à comprendre que le Mali est pluriel dans sa culture.

Même s’il est difficile de se débarrasser de Tiémoko Sangaré compte de son appartenance politique, il est impératif de s’atteler à son départ. Cet Adémiste n’a rien à prouver encore au Mali. Aujourd’hui au ministère des Mines, les choses sont aux ralentis. La gestion des ressources minières va de mal en pis. Ce pays riche en ressources aurifères n’arrive pas à sortir de l’ornière. Une source proche du dossier nous confie que beaucoup de non-dits seraient à la base de cela.

Il nous revient qu’il existe un grand réseau mafieux au sein du ministère des Mines qui manigancerait des choses avec certaines mines d’or de la place. C’est pourquoi l’or du Mali ne brillera pas avant longtemps pour tous les Maliens. Et Tiémoko Sangaré le savait bien, c’est pourquoi il n’a pas voulu céder sa place à d’autres membres de son parti qui regorge pourtant de cadres valables.

Abdourahmane DOUCOURE

Source : aBamako

aBamako

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