Grève des syndicats de l’enseignement : Désaccord sur le statut autonome

Il s’agit du Syndicat national des enseignants du secondaire de l’Etat et des collectivités (SYNESEC), du Syndicat national de l’éducation de base (SYNEB) et du Syndicat libre et démocratique de l’enseignement fondamental (SYLDEF).
Les trois autres organisations syndicales sont : le Syndicat national des enseignants fonctionnaires des collectivitésterritoriales (SYNEFCT), le Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire des collectivités (SYPESCO) et la Fédération nationale de l’éducation, des sports, arts, de la recherche et de la culture (FENAREC).
Ils réclament l’adoption d’un statut autonome de l’enseignant, l’harmonisation des salaires de nos enseignants avec ceux de la sous-région, l’augmentation de l’indemnité spéciale de responsabilité pour les enseignants des catégories A, B et C. Par ailleurs, les syndicalistes exigent la régularisation de la situation administrative et financière des enseignants sortants de l’Ecole normale supérieure de Bamako (ENSUP-nouvelle formule), au même titre que ceux de l’Ecole nationale des ingénieurs Abderhamane Baba Touré (ENI-ABT), de l’Institut polytechnique rural de formation et de recherche appliquée de Katibougou (IPR-IFRA) et la conformité de la relecture de l’arrêté 3282 du 11 août 2016 avec les recommandations de la lettre de protestation des syndicats.

A l’issue de négociations antérieures, le gouvernement et les syndicats avaient convenu de la mise en place d’un cadre de concertation (gouvernement, syndicats, société civile et conciliateurs).
Cette commission était chargée d’examiner la question du statut des enseignants ainsi que les primes et indemnités allouées aux personnels enseignants et de faire des propositions au gouvernement.
Mais les points de vue ont achoppé sur le statut autonome. La partie gouvernementale a souligné que l’article 70 de la Constitution du 25 février 1992 ne prévoit pas ce statut pour les enseignants.

La même source précise que notre loi fondamentale stipule que la gestion des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales est du ressort des présidents d’organes exécutifs des collectivités. L’adoption d’un statut autonome au profit des enseignants contribuerait, à vider le statut général des fonctionnaires et celui des fonctionnaires des collectivités territoriales, explique-t-elle.
La partie gouvernementale a fait observer que l’enseignement supérieur est un corps hiérarchisé et autonome dans tous les pays de la sous-région. Etant membre du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), le Mali ne peut être en marge de ces dispositions.
A ces arguments, les syndicats opposent simplement une décision de 1999 qui aurait vu le gouvernement leur accorder un statut autonome.
Dans les dernières négociations, les deux parties auraient convenu d’abandonner le qualificatif du statut et de se référer aux conclusions des travaux du cadre de concertation. Ce qui a permis la signature d’un procès-verbal de conciliation dans lequel il est précisé que le gouvernement s’engage à donner un statut aux enseignants. Les syndicats ont lié la poursuite de leur participation aux travaux du cadre de concertation à l’adoption du statut autonome. Pour traduire cette détermination en actes, Ils ont déposé un préavis de grève qu’ils ont mis en exécution par la rétention de notes.
Parmi les 5 points de revendication des syndicalistes, précise le directeur des ressources humaines du secteur de l’éducation, Mamadou Konta, le gouvernement et la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES), étaient en 2015 tombés d’accord sur le point 4. Et la mise en œuvre de ce point de revendication a même commencé. Quant au point 5, il fait aussi l’objet d’un accord à condition de partager le dernier projet de l’arrêté 32-82 du 11 août 2011, déterminant les conditions et les modalités de formation et de mobilité des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales. A en croire notre interlocuteur, les points 1, 2 et 3 font aussi l’objet de consensus, en ce sens que le gouvernement et les syndicats d’enseignants ont convenu de la mise en place d’un cadre de concertation pour débattre ces questions et faire des propositions au gouvernement à travers un rapport.
«Contrairement aux arguments avancés par les syndicats lors de leur meeting d’information du 2 mars dernier, le gouvernement ne s’est jamais engagé à donner un statut autonome aux enseignants. Les syndicalistes veulent seulement se démarquer du statut général de la fonction publique du 16 décembre 2002. Les 6 organisations syndicales sont donc allées en grève en violation des dispositions de la loi n° 87-47/AN relative à l’exercice du droit de grève dans les services publics », relève Konta.
Pour sa part, le conseiller technique au ministère de l’Education nationale, le Pr Abou Diarra, a soutenu que l’Etat a toujours fait et continue de faire de son mieux pour les enseignants. Pour lui, les syndicalistes peuvent revendiquer tout en restant en classe et ouverts au dialogue. Le porte-parole des syndicats, Tiémoko Dao, s’inscrit en faux contre les arguments avancés par la partie gouvernementale. Suite à une lutte syndicale en 1999, maintient-il, le gouvernement avait octroyé des statuts autonomes à l’enseignement fondamental et secondaire public à travers les lois n° 99-042 et n° 099-043 portant respectivement statut du personnel enseignant du fondamental, du secondaire et préscolaire public.
« Nous enseignants, sommes les plus nombreux, nous ne pouvons pas accepter d’être les esclaves du pays. La réussite de l’année scolaire 2016-2017 est conditionnée au respect du procès-verbal de conciliation du 8 janvier 2017 », a averti Tiémoko Dao.
S. Y WAGUE

Source : aBamako

aBamako

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