Marche funèbre pour les Martyrs de mars 1991 : Devoir de mémoire, de reconnaissance et solidarité

Lors de la manifestation d’hier, l’Association pourla défense des victimes de la répression (ADVR) a annoncé la création d’une Fondation d’ici la prochaine commémoration et compte sur le gouvernement pour la concrétisation de ce projet.

Pour honorer le sacrifice des Martyrs tombés en mars 1991, l’Association pour la défense des victimes de la répression (ADVR) a organisé, hier, une marche funèbre qui est partie de l’hôpital Gabriel Touré pour aboutir au Carré des Martyrs à Niaréla. Plusieurs acteurs du Mouvement démocratique étaient présents à la manifestation, notamment le Pr Ali Nouhoum Diallo, Adama Samassekou, Me Hamidou Diabaté, Djiguiba Kéïta dit PPR, Mme Sy Kadiatou Sow, Nouhoum Togo. Il y avait également des représentants des organisations ayant contribué à l’avènement de la démocratie, des parents des victimes et quelques centaines d’élèves et étudiants.

C’est aux environs de 09h00 que les marcheurs ont pris le départ, dans une ambiance de méditation et de forte concentration. Certains portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire des messages comme : «L’ADVR plus déterminée à préserver la mémoire des Martyrs de 1991» ; «Hommage aux Martyrs». Après avoir battu le pavé pendant une quarantaine de minutes, les marcheurs ont été accueillis au Carré des Martyrs par le ministre de la Solidarité et de l’Action Humanitaire, Hamadou Konaté. Celui-ci a, ensuite, déposé une gerbe de fleurs au monument dédié aux nombreuses victimes de la répression de mars 1991.

Dans son intervention, le président de l’ADVR, Abdoulaye Dembélé, a rappelé que cela fait déjà 26 ans, que des adultes, des vieux et même des malades mentaux ont été fauchés par des balles des militaires déchainés. Ces bourreaux, a-t-il ajouté, étaient comme des fous aveuglés par leur hargne d’étouffer et d’annihiler la volonté de ces millions d’hommes et de femmes d’aller vers la démocratie, la liberté et le multipartisme. Abdoulaye Dembélé a fait savoir que le combat de l’ADVR est celui de tous ceux qui œuvrent à l’apaisement du climat social, à la consolidation de la démocratie chèrement acquise et au renforcement de l’unité nationale pour un Mali un et indivisible.

«C’est le lieu de saluer le sacrifice de tous ces fils et de toutes ces filles du pays, morts au Nord, au Sud, au Centre, à l’Est et à l’Ouest pour le Mali », a déclaré le président de l’ADVR. Il a aussi indiqué que son association, grâce aux efforts inlassables et constants des différents gouvernements, se maintient et voudrait se projeter dans l’avenir avec moins de complaintes, de récriminations, pour se prendre en charge à travers la nouvelle Fondation. «Nous demeurons convaincus que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour qu’à la célébration du 27è anniversaire, nous nous retrouvions dans l’édifice de cette Fondation qui consacrera l’ancrage de notre pays à une démocratie vraie», a-t-il souhaité. Figure emblématique du Mouvement démocratique, Mme Sy Kadiatou Sow a déclaré : « Aujourd’hui, comme il y a 26 ans, c’est un devoir de mémoire, de reconnaissance pour ceux qui ont perdu la vie pour que le Mali soit dans une ère démocratique. C’est aussi un devoir de solidarité vis-à-vis des familles de ces victimes. C’est en même temps un moment, pour nous, de nous interroger sur le parcours de notre jeune démocratie qui a 26 ans. C’est très peu, par rapport aux attentes des uns et des autres. Il y a toujours une évaluation de parcours à faire, à l’occasion de la semaine des Martyrs, pour les démocrates ». Pour l’ancienne ministre, c’est toujours un moment de s’arrêter et de voir qu’est-ce qui reste encore à corriger ? Quelles ont été les failles ? Comment veiller sur cette démocratie pour éviter des dérives ? « En tous les cas, il y a un socle commun qui est là que nous avons choisi pour notre République : c’est la démocratie », a-t-elle indiqué.

Dans son intervention, le ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire a réitéré à l’ADVR et à l’ensemble des démocrates l’engagement du gouvernement à œuvrer à la concrétisation des idéaux du 26 mars. Il a salué au passage la constance de leur engagement pour sauvegarder et rappeler tous les jours la mémoire de ceux qui sont morts pour la liberté et la démocratie au Mali. «Je voudrais ensuite dire que notre pays, aujourd’hui, traverse des moments difficiles. Des chantiers sont ouverts parmi lesquels le chantier du vivre ensemble. Dans moins de cinq jours se tiendra la Conférence d’entente nationale qui s’inscrit parfaitement dans l’esprit du renforcement de la démocratie et du renforcement du vivre ensemble», a souligné Hamadou Konaté, tout en demandant aux « marcheurs », en tant que gardiens de la démocratie, de se mobiliser autour de ce chantier pour qu’il soit conduit le mieux possible.

Par ailleurs, le ministre Konaté a tenu à dire ceci : «Nous sommes un pays qui passe aujourd’hui des moments où il a besoin que tous ses enfants, quelle que soit leur différence, soient unis. Faisons entendre le discours de l’unité plutôt que celui qui met l’accent sur les différences. De différences, nous n’en avons pas. De nuances, oui nous en avons et ces nuances ne font que consolider le fait que nous sommes un peuple, avec un but et une foi sur un territoire dont l’intégrité ne saurait être menacée». Il a conclu ses propos en ces termes : «Nous sommes une société avec une culture qui a été bâtie sur la base de contributions fondées sur une diversité. C’est cette diversité qui donne à notre culture toute sa richesse et toutes ses nuances».

SIDIBÉ


Source : Africatime

Africatime

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