Football national : La passion chasse la raison

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Le ministre des Sports est déjà dans une posture belliqueuse en prenant la décision de dissolution du Comité Exécutif de la Fédération malienne de football (Fémafoot) parce qu’il savait bien qu’il s’exposait à une suspension du Mali par la Fifa, comme il l’a lui-même reconnu, avant de laisser entendre que le Mali s’est attaché les services d’un avocat pour certainement tenter un baroud d’honneur devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Et à quel prix !

Et le président du Comité provisoire, Sidy Diallo, d’enfoncer le clou sur les ondes de la radio française RFI, en affirmant que le ministre des Sports n’entend pas reculer. Il s’agit donc d’engager un bras de fer avec la Fifa, qui n’a aussi jamais reculé dans pareils cas, forte des dispositions de ses statuts qui stipulent, notamment à l’article 13 que “Les membres ont les obligations suivantes :…diriger leurs affaires en toute indépendance et veiller à ce qu’aucun tiers ne s’immisce dans leurs affaires “ (alinéa 1i).

De toute façon, Sidy Diallo et son Comité provisoire peuvent dire ce qu’ils veulent, mais ils doivent savoir que, pour la Fifa, ils n’existent pas et n’existeront pas. En effet, selon le paragraphe 3 de l’article 17 : “La FIFA ne reconnaît pas les organes d’un membre n’ayant pas été élus ou nommés conformément aux dispositions de l’al. 2. Cela vaut également pour les organes élus ou nommés uniquement à titre intérimaire”. Le paragraphe 4 du même article de préciser : ” La Fifa ne reconnaît pas les décisions d’instances n’ayant pas été élues ou nommées”. Suffisant pour ficeler le sort de ce Comité qui semble déjà mort-né, avec notamment le refus du monde du football de collaborer avec lui.

Les clubs ont raison…

A ce niveau, les clubs et ligues sont dans leurs droits car il ne sert à rien de perdre son temps avec un Comité provisoire qui ne pourrait organiser, à la limite, que des compétitions de quartier, moins importantes que les tournois de vacances appelés Coupe IBK. C’est d’autant plus vrai que, selon l’article 18 de la Fifa, en son paragraphe 1 : “Les ligues ou autres groupements de clubs affiliés à un membre de la Fifa (ndlr : donc la Fémafoot) sont subordonnés à celui-ci et doivent être reconnus par lui. Les compétences, les droits et obligations de ces groupements sont stipulés dans les statuts du membre, et leurs propres statuts et règlements doivent être approuvés par celui-ci”.

A n’en pas douter, la mesure de dissolution de la Fémafoot prise par le ministre des Sports viole les statuts de la Fifa qui l’a clairement spécifié dans sa correspondance qui cache mal une colère noire des rédacteurs. En effet, en agissant comme il l’a fait, malgré l’avertissement de la Fifa, Poulo a posé un acte qui sonne comme une provocation de l’instance dirigeante du football mondial et la polémique dans laquelle il a versée pour minimiser la réaction de la Fifa, n’est pas pour arranger les choses.

La Fémafoot suspendue et non le Mali

Rappelons que le même article 13, en son paragraphe 3, précise : “La violation de l’al. 1i entraîne également des sanctions, même si l’ingérence du tiers n’est pas imputable au membre concerné”. La dernière partie de cette phrase est très importante parce qu’elle justifie, à suffisance, la suspension de la Fémafoot et non du Mali précisément, parce que la Fifa ne connaît pas les Etats, mais les membres qui y sont affiliés. “L’ingérence du tiers” n’étant que la décision de dissolution de la Fémafoot prise par le ministre des Sports. Déjà, un tiers, non reconnu comme un des acteurs du football par la Fifa, peut-il faire recours en ce qui concerne l’application des textes de la Fifa à un de ses membres ? Un écueil qui se dresse devant le ministre des Sports.

Le TAS applique en premier lieu les divers règlements de la FIFA

En effet, selon l’article 66 de la Fifa relatif au Tribunal arbitral du Sport (TAS) ; il est spécifié : “La Fifa reconnaît le recours au Tribunal Arbitral du Sport (TAS), tribunal arbitral indépendant dont le siège est à Lausanne (Suisse), en cas de litige entre la Fifa, les membres, les confédérations, les ligues, les clubs, les joueurs, les officiels, les agents de matches et les agents de joueurs licenciés “.

Par ailleurs, dans des litiges comme celui opposant la Fémafoot au ministère des Sports, le TAS tranche en appliquant d’abord les règlements de la Fifa comme précisé dans l’article 2 de l’article 66 précité : “La procédure arbitrale est régie par les dispositions du Code de l’arbitrage en matière de sport du TAS. Le TAS applique en premier lieu les divers règlements de la FIFA ainsi que le droit suisse à titre supplétif “.

Il y avait donc lieu, du côté du ministère des Sports, de faire preuve de retenue et de prudence pour ne pas engager un semblant de bras de fer qui n’est en fait que le pot de fer contre le pot de terre.

En plus, comment peut-on demander à un président d’une structure déjà dissoute de démissionner ? Ah ! Lorsque la passion d’assouvir des ambitions personnelles, notamment de règlement de comptes, entre par la porte, la raison sort par la fenêtre et s’envole. A.B. NIANG

Source : aBamako

aBamako

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