Limogeage des DFM et du DG du CENOU: une chasse aux sorcière ?

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L’information, si elle n’a pas figuré sur les décisions du conseil des ministres, d’avant-hier, a vite envahi les réseaux sociaux avant de se répandre à travers la ville comme une trainée de poudre : tous les DFM sont relevés ainsi que le directeur général du CENOUS (Centre national des œuvres universitaires). Pourquoi une telle décision et maintenant ? S’agit-il vraiment d’une chasse aux sorcières ? Nous avons enquêté pour vous !

Il s’agit bel et bien de décisions prises en conseil des ministres qui obéissent à une logique en lien avec les engagements du président de la République en matière de bonne gouvernance et de la promotion du genre, dans notre pays. En effet, pour comprendre la première décision concernant le relèvement des DFM, il convient de remonter au conseil des ministres du 31 avril 2016 où il a été introduit un projet de décret portant modification du décret n° 09-137/P-RM du 27 mars 2009 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des Directions des Finances et du Matériel (DFM).

Les arguments avancés pour soutenir cette modification étaient que les directions des finances et du matériel étaient des services centraux de l’État, chargés d’élaborer, au niveau d’un département ou d’un groupe de départements ministériel (s), les éléments de la politique nationale dans les domaines de la gestion des ressources financières et matérielles et de l’approvisionnement des services publics. Elles sont dirigées, chacune, par un directeur nommé par décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre compétent.
En termes d’expérience, il ressortait, selon le communiqué, que ce mode de nomination des directeurs des finances et du matériel posait, en matière d’assainissement des finances publiques, des difficultés, dont l’instabilité fréquente des directeurs des finances et du matériel à leur poste. Aussi, avance-t-on le risque de perte de la mémoire des directions des finances et du matériel consécutif à la forte mobilité des directeurs ainsi que des autres techniciens ; l’insuffisance dans la maîtrise des méthodes et procédures des finances publiques.

Face à ces préoccupations, le nouveau dispositif introduit prévoyait que le directeur des finances et du matériel soit nommé par décret pris en conseil des ministres sur proposition du ministre chargé des Finances. Les adjoints sont nommés par arrêté conjoint du ministre chargé des Finances et du ministre sectoriel concerné. Ainsi, désormais, tous les directeurs des finances et du matériel devaient relever, au plan technique, du ministre chargé des Finances et au plan administratif du ministre concerné.

C’est alors à un besoin de conformité à cette disposition que tous les DFM en place, ne respectant pas cette règle, ont été relevés, mercredi dernier.

Selon nos sources, l’hôtel des finances propose la nomination des DFM axée sur le mouvement entre dix-huit Directeurs des Finances st du Matériels ; le départ/sortant de quinze Directeurs des finances et du matériels, à la rentrée de quinze nouveaux Directeurs des finances et du matériel.

Aussi, la décision comporte-t-elle une bonne dose de volonté de se conformer à la nouvelle loi sur le quota en vigueur dans notre pays qui plaide en faveur de 30 % de femmes aux fonctions électives et nominatives. Ainsi, apprendront, le nombre de femme DFM passera de deux à huit.

Il faut donc s’attendre à ce que sur les prochaines listes de nomination des nouveaux DFM figurent des femmes qui ont prouvé leur expérience au sein de notre administration.

Pour ceux qui pensent également qu’il s’agit d’un début de croisade contre la corruption promise par le Président IBK, ils n’ont pas également tort, puisque la mesure rentre dans un contexte normatif de bonne gouvernance dans notre pays qui renforce les priorités publiques en matière d’assainissement des finances publiques en vue de mieux appuyer les actions du gouvernement dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière au Mali, apprend-on.

Qu’en est-il du limogeage du DG du CENOU ? Pour ce cas précis, il semble avoir un rapport direct avec l’affaire des cars usés livrés à cette structure par un opérateur économique malien, à la suite d’un appel d’offres lancé en fin décembre 2016 par la direction des marchés publics. Une affaire qui a d’ailleurs défrayé la chronique ces dernières semaines, dont plusieurs journaux de la place ont fait leurs choux gras. Révélée par la presse, l’affaire des bus du CENOU sentait une odeur de magouille dont le DG, Allaye BA, premier responsable de la structure a dû faire les frais, malgré le rejet des cars par la commission technique et le CENOU. Donc, là aussi, il ne s’agit pas d’une surprise pour le grand public qui avait eu vent de cette affaire loin d’honorer les pronostics en matière de gestion du CENOU ?

En somme, pour chacun des deux cas, il n’y a pas lieu de privilégier la piste d’une chasse aux sorcières, mais seulement un souci de conformité avec les réalités.

Par Sidi DAO


Source : Maliweb

Maliweb

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