Conférence d’Entente Nationale : L’Opposition, la Cma et la Plateforme ne participeront pas à la rencontre

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Les groupes armés signataires de l’Accord d’Alger (la CMA et la Plateforme) et l’Opposition malienne ont décidé, le vendredi dernier, de ne pas participer à la Conférence d’Entente Nationale qui doit s’ouvrir aujourd’hui à Bamako. La CMA et la Plateforme dénoncent « la décision unilatérale de la partie gouvernementale de maintenir la Conférence… ». L’Opposition malienne, pour sa part, refuse de « participer à la conférence dite d'entente nationale du 27 mars et jours suivants par ce qu'elle n'est pas porteuse d'un dialogue refondateur inclusif » qu’elle réclame depuis plus de trois ans.

Nouveau blocage dans la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu des pourparlers d’Alger. Les groupes armés, la CMA et la Plateforme, signataires du document d’Alger et l’opposition malienne ont décidé de boycotter la Conférence d’Entente Nationale qui doit normalement s’ouvrir ce matin à Bamako.

Contexte défavorable
Dans un communiqué, le vendredi 24 mars passé, les responsables de la CMA et de la Plateforme expliquent qu’ils ne peuvent pas, conformément à leurs engagements pris dans l'Accord pour la paix et la Réconciliation au Mali et vis-à-vis des populations, « prendre part à une Conférence qui, au lieu d'unir, risque de diviser. » Les deux groupes indiquent qu’ils avaient, dans une correspondance adressée au Président du CSA en date du 19 mars, avaient attiré « l'attention du Gouvernement et de la Médiation sur le fait que dans le contexte actuel, la Conférence d'Entente Nationale ne peut être organisée de manière conforme à la lettre et à l'esprit de l'Accord ».

Selon la CMA et la Plateforme, dans les cinq régions du nord, l'insécurité et la défiance envers l'Etat et entre les communautés à la base continuent de prévaloir, et ce à la faveur des lenteurs enregistrées dans la mise en œuvre de l'Accord, en particulier sur les dispositions pertinentes concernant les Autorités intérimaires, le retour de l'Administration et des services sociaux de base, le MOC, les patrouilles mixtes qui demeurent non opérationnels et le redéploiement de l'armée reconstituée. « La situation sécuritaire et les relations intra- et intercommunautaires dans d'autres parties du pays, notamment dans les régions de Mopti et de Ségou se sont dégradées et les conflits prennent des tournures politiques, ethniques et religieuses »

Les populations à la base, y compris les réfugiés et les déplacés, selon le communiqué des groupes armés signataires de l’Accord, ne voient pas encore de signes concrets leur permettant d'espérer que le Mali s'achemine véritablement dans un processus de réconciliation nationale qui repose sur des solutions durables. « Les réfugiés attendent que leurs sites de retour soient viabilisés et que leur participation citoyenne soit prise en compte. », indique-t-ils.

Exclusion
La CMA et la Plateforme dénoncent, aussi, le manque de concertation et d'inclusivité qui a prévalu dans l'organisation de cette Conférence. « La CMA et la Plateforme n'ont été ni associées à la rédaction de l'avant projet des TDR, ni à la conception de la Conférence d'Entente Nationale avant la décision du CSA de Haut Niveau en date du 10 février 2017, et ce, en violation du chapitre 2. article 5 de l'Accord qui stipule que la Conférence sera organisée « avec le soutien du Comité de Suivi et sur la base d'une représentation équitable des Parties ». En outre, les deux groupes s’indignent que « la date de la Conférence a été fixée de manière unilatérale par le Gouvernement. »

« Dans le cadre de l'organisation de la Conférence de l'Entente Nationale, les concertations régionales ont été insuffisantes, mal préparées et initiées unilatéralement par la partie gouvernementale. Dans certaines régions, les participants ont d'ailleurs exprimé leur désaccord avec l'organisation hâtive et non inclusive de ladite Conférence. De plus, la région de Kidal n'a pas pu tenir de concertations du tout », expliquent, dans leur communiqué, la CMA et la Plateforme.

Prenant acte de la décision unilatérale de la partie gouvernementale de maintenir la Conférence d'Entente Nationale dans ces circonstances et dans le format imposé, la CMA et la Plateforme « déclarent solennellement ne pas pouvoir prendre part à cet événement ».

Dans son communiqué de refus de participer à l’événement daté du vendredi 24 mars 2017 et signé par Ibrahim N’diaye, l’Opposition politique indique qu’ « après avoir été reçue par le Médiateur de la République, elle lui a adressé un mémorandum et une lettre sur le projet de termes de référence (TDR.) » L'opposition n'a à ce jour, ajoute le communiqué, reçu aucune réaction à ses observations et propositions.
« L'opposition a appris par la suite avec consternation par la presse que des conférences préparatoires ont eu lieu dans les régions et à Bamako; les forces vives ont semble-t-il participé aux travaux desdites concertations tandis que l'opposition n'y a jamais été conviée. Ceci traduit un constant mépris du gouvernement et de la majorité présidentielle à l'égard de l'opposition », selon les partis de l’opposition politique.

Gouvernance suicidaire
L’Opposition rappelle, dans son document, qu’« il en a été ainsi pour les négociations de l'accord d'Alger et pour toutes nos offres d'un dialogue républicain chaque fois que la situation du Mali nous a paru le nécessiter ». Attristés une nouvelle fois par cette «gouvernance suicidaire », les présidents des partis politiques de l’opposition ont décidé de ne pas participer à la conférence dite d'entente nationale du 27 mars et jours suivants par ce qu'elle n'est pas porteuse d'un dialogue refondateur inclusif que l'Opposition réclame depuis plus de trois ans.

Les leaders de l’opposition engage le Gouvernement au dialogue avec les forces vives de la nation afin de lever les entraves à une ténue efficiente des concertations Nationales et inclusives. Ils demandent aussi au gouvernement d’impliquer « toutes les forces vives de la nation à l'organisation desdites concertations ». L’Opposition politique a finalement, dans le communiqué, réitéré « sa disponibilité pour un dialogue républicain et inclusif, seule voie de sortie de crise, et sa foi inébranlable en un Mali uni indivisible et solidaire. »

Prévue par l’article 5 de l’Accord pour la Paix et le Réconciliation au Mali, la Conférence d’entente nationale doit s’ouvrir aujourd’hui, lundi du 27 mars à Bamako. La décision a été prise lors du Conseil des ministres extraordinaire le samedi 18 mars dernier. Selon le comité d’organisation 300 participants venant des régions, du District de Bamako et de la diaspora, prendront part à la rencontre organisée autour de trois grands thèmes : la paix, l’unité et la réconciliation nationale.

Madiassa Kaba Diakité

Source : aBamako

aBamako

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