Crise au sein du football malien : La FIFA dissout, à son tour, la FEMAFOOT

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La Fédération malienne de football perd tous ses droits de membre. Autrement dit, les équipes nationales et les clubs qui lui sont affiliés ne sont désormais plus en droit de prendre part aux compétitions internationales et d’entretenir des relations sur le plan sportif avec les autres associations membres de la FIFA.

Grande désillusion. Suite à la dissolution de la FEMAFOOT par le ministre en charge des Sports, Housseïni Amion Guindo, le 8 mars dernier, la secrétaire générale de la FIFA (Fédération internationale de football), Fatma Samoura, a écrit au désormais ancien président, Boubacar Baba Diarra, pour lui notifier la suspension de la FEMAFOOT par l’instance internationale de football « avec effet immédiat à compter du vendredi 17 mars ».

Par conséquent, la FEMAFOOT perd tous ses droits de membre (article 13 des statuts de la FIFA). Autrement dit, les équipes nationales et les clubs affiliés à la FEMAFOOT ne sont désormais plus en droit de prendre part aux compétitions internationales et d’entretenir des relations sur le plan sportif avec les autres associations membres de la FIFA.

La Sénégalaise Fatma Samoura relève aussi que la FEMAFOOT et ses membres ne peuvent plus bénéficier des programmes de développement de la FIFA et de la CAF.
A qui la faute ? Sans complaisance, l’historique de la crise montre à suffisance que l’équipe de Boubacar Baba Diarra n’a pas du tout raison. En plus de l’arrogance et de la défiance vis-à-vis du pouvoir, ce bureau là a profondément divisé le monde sportif malien depuis 2013, avec le scrutin de liste, suivi de l’arrangement électoral de 2014. Résultats : des acteurs clés ont été injustement suspendus à 5, 10, 20 ans pour les uns et à vie pour les autres.

Les nombreuses médiations : Dioncounda Traoré, ancien président de la transition, Issiaka Sidibé, président de l’Assemblée nationale, Cheick Chérif Madani Haïdara, le Comité Olympique et bien d’autres structures et gloires du football malien. Tous ont mouillé le maillot pour apaiser la situation. En vain. Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, est intervenu officiellement dans un discours pour inviter les acteurs à enterrer la hache de guerre.
Il n’a pas été entendu. L’équipe dirigeante se comportait, il faut le dire, encore une fois de plus, de façon arrogante, avec refus d’appliquer la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS) du 4 octobre 2016. Le pire, c’est que nos différentes équipes et clubs multipliaient ces derniers temps les échecs, dans un climat malsain, vicié. Sans compter la mauvaise gestion des fonds publics (nous y reviendrons).

Dans ce contexte délétère, la FEMAFOOT s’apprêtait à renouveler les structures sans certains acteurs clés illégalement suspendus et dont le TAS a demandé la levée de cette sanction. C’est dire que la crise va s’alimenter davantage, avec la dérive autoritaire de la FEMAFOOT. Face à ce comportement peu respectueux de l’équipe de Boubacar Baba Diarra dont la plupart sont des agents bien perchés de l’Etat, que faut-il faire ?

Mon Dieu ! Le jeune ministre Guindo a été bien inspiré en dissolvant la FEMAFOOT, conformément au décret N°98-215/P-RM du 02 juillet 1998, régissant les activités physiques et sportives, signé à la fois par le Président Konaré, le Premier ministre d’alors, Ibrahim Boubacar Keïta, le ministre des Sports, Adama Koné et bien d’autres ministres de l’époque.

L’article 49 de cette disposition précise : « En cas de violation grave par une fédération des statuts ou de la législation en vigueur ou lorsque son fonctionnement ou ses activités portent préjudice à sa discipline, le ministre des Sport peut dissoudre l’organe directeur fédéral. A cet effet, il prendra toutes mesures idoines et désignera un comité provisoire chargé d’assurer la gestion de la fédération jusqu’à l’élection d’un nouveau bureau. Cette élection doit intervenir dans un délai qui ne saurait excéder un an». C’est cette réglementation que le ministre a strictement observée. Il y va de l’avenir de notre football qu’une « Camaria » veut prendre en otage.
A suivre.

Chahana Takiou

Source : aBamako

aBamako

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