Energie et eau : Assurer l’accessibilité géographique et financiere aux moins nantis

53

C’est une mesure de justice à l’égard des populations rurales et urbaines des villes de l’intérieur, qui sont les plus pauvres et qui payent plus cher les services d’eau et d’électricité.

« Regardez monsieur le ministre, c’est cette eau rougeâtre comme une boisson sucrée, que nous buvons ici à Kolondièba. Elle ne suffit même pas, non plus, à couvrir nos besoins de consommation. Pour l’avoir, nous sommes obligées de nous lever très tôt le matin. Celles qui se lèvent tardivement, peuvent rester dans le rang jusqu’à 11 heures. Leurs enfants sont obligés d’aller à l’école sans se laver la figure. Car, là-bas aussi, il n’y a pas d’eau, alors que l’établissement compte plus de 2000 élèves ». C’est par ces mots très émouvants que Konaté Konsa Koné et ses sœurs ménagères ont accueilli le ministre de l’Energie et de l’Eau, Malick Alhousseini à Kolondièba, le vendredi dernier.

Cette visite était la deuxième étape d’une tournée d’inspection des installations de fourniture d’eau et d’électricité dans la région de Sikasso, que le ministre avait entamée. Il était accompagné des premiers responsables des Sociétés maliennes de gestion de l’eau potable et du Patrimoine de l’eau potable (SOMAGEP-SA et SOMAPEP-SA), Boubacar Kane et Adama Tiémoko Diarra. L’objectif de la mission était de partager avec les populations le message du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta visant à corriger une injustice à l’égard des populations rurales et citadines de certaines villes de l’intérieur, qui payent cher les services d’énergie et de l’eau. Malheureusement, la mission a été écourtée dans la ville de Sikasso, suite à un accident de la circulation dont a été victime le véhicule transportant les agents de l’EDM, à environ une cinquantaine de kilomètre de la ville de Sikasso. L’accident a coûté la vie au chef des Centres de l’intérieur, Modibo Sylla. Qui a succombé à ses blessures quelques minutes après, alors que c’est lui qui devait entretenir le ministre et sa délégation du fonctionnement du poste d’interconnexion de Zégoua.

Rappelons que Kolondièba est le chef-lieu de Cercle de la commune de Kolondièba. C’est une ville secondaire, située à une centaine de kilomètres de la Côte d’Ivoire et souffrant d’un grave problème de pénurie d’eau. Face aux difficultés de la population, les autorités communales se sont impliquées dans la recherche de solution à ce problème. Les tractations de la Mairie ont permis d’avoir une nouvelle pompe avec un champ de panneaux photovoltaïque avec l’aide des partenaires extérieurs sans pouvoir résoudre totalement le problème. Dans cette ville, alternativement, deux sources d’énergie fournissent du courant pour alimenter deux châteaux, d’une capacité totale de 60 m3 avec un débit de 20m3/heure. 157 particuliers et 21 bornes fontaines sont branchés sur le réseau. Mais, avec la dégradation dudit réseau, le système ne parvient plus à couvrir les besoins des abonnés. Qui reçoivent l’eau par rotation. Et même là, certains foyers ne sont pas servis. Ce qui pose le problème de paiement des factures dans la mesure où, les familles qui n’ont l’eau qu’une ou deux fois dans le mois, refusent de s’acquitter de leur redevance. Parailleurs, si la population y était de 37 945 en 1998, aujourd’hui, elle dépasse les 57 898 âmes. Les châteaux installés datent respectivement de 1986 et de 2003. Ce qui fait que Kolondièba a besoin d’un système d’adduction digne d’une ville de sa taille. Par conséquent, selon la vision du chef de l’Etat, des dispositions seront prises pour passer la gestion de l’ouvrage à la SOMAGEP-SA et la Société malienne de patrimoine pour approvisionner la ville en eau potable. L’objectif étant d’assurer aux populations rurales des villes intérieures l’accès géographique et économique aux services de l’eau et de l’électricité au même titre que Bamako et d’autres villes de l’intérieur. Les populations pauvres ne doivent pas payer ces services plus chers qu’à Bamako ou ailleurs. A kolondièba, le m3 d’eau est vendu à 500 Fcfa contre 350 Fcfa à Yanfolila, des prix plus chers que ceux pratiqués à Bamako et les autres localités desservies par la SOMAGEP. La première étape de la tournée d’inspection a commencé par Yanfolila. Cette bourgade cosmopolite, carrefour située à une trentaine de kilomètre de la frontière ivoirienne et quelques encablures de la frontière guinéenne, est approvisionnée par un système d’adduction villageois, qui peine à couvrir les besoins de la population de plus en plus croissante, estimée à plus de 211 824 âmes, selon le recensement de 2009. Le système est alimenté par 5 forages, 2 châteaux de 60 et 40 m3, soit au total 100 m3. 267 particuliers et 25 bornes fontaines sont branchés sur le réseau. Qui a été réalisé le 23 juillet 2009, grâce à la coopération française (AFD). Le mètre cube d’eau est cédé à 350 Fcfa. Ce qui paraît cher selon le ministre. Raison pour laquelle, le gouvernement a décidé de reprendre la gestion et l’a confiée à la SOMAGEP-SA et la SOMAPEP-SA La même mesure équivaut pour les services publics de l’électricité. Qui seront repris partout où les opérateurs privés interviennent déjà avec des coûts plus élevés que ceux proposés par EDM-SA aux consommateurs des villes qu’elle dessert.

Si les 1405 abonnés de Yanfolila sont approvisionnés par un poste de transformation qui reçoit le courant de Sélingué pour alimenter la ville, tel n’est pas le cas à Kolondièba. Dans cette bourgade, les 433 abonnés reçoivent le courant d’un opérateur privé Yelen Cura. Qui n’a qu’une capacité d’installation de 150 kw. Malick Alhousseini a donné des instructions fermes aux agents de l’EDM-SA en vue d’accélérer le processus de reprise de cette centrale par ses services.

Envoyé spécial, A. O. Diallo

Zoom sur la mort de l’agent de l’EDM-SA, Modibo Sylla

C’est sur le chemin de Sikasso, que l’accident qui a coûté la vie au doyen Sylla est survenu. C’était aux environs de 22 heures, à la sortie d’un pont qui débouchait sur un petit tournant au carrefour d’une piste rurale. Sur une grande partie de la chaussée, un muni bus de couleur rose qui a provoqué l’accident était garé avec, à son bord, des passagers qui descendaient du véhicule selon des témoignages recueillis sur place. Le muni bus était en provenance, probablement, d’un village proche

Le chauffeur du véhicule de l’EDM-SA aurait mal apprécié l’engin garé devant lui et qu’il percuta violemment par derrière, endommageant toute la devanture de son véhicule et l’arrière du muni bus et entrainant la mort du doyen Sylla avec beaucoup de blessés, dont un grave. Les autres occupants de la voiture de l’EDM ont eu la vie sauve grâce à la ceinture de sécurité qu’ils avaient d’attachée. Ses collègues retiendront de lui, un homme pétri de sagesse, symbolisée par son habillement ce jour-là. Il était tout vêtu de blanc de la tête à la chaussure (le boubou blanc, la chéchia blanchâtre et une écharpe blanche au cou). Au départ de Kolondièba, il a été le dernier à monter à bord du véhicule le transportant. Car, à la demande du ministre, toute la délégation l’a attendu pour qu’il termine tranquillement sa prière du soir. Qui était sa dernière d’ailleurs. Le doyen a été conduit à sa dernière demeure samedi, par une foule de parents, d’amis et de collaborateurs inconsolables.

Dors en paix, le doyen Sylla

Envoyé spécial

Amadou O. DIALLO

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here