26 ans après la chute de Moussa Traoré : l’exception malienne

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L’histoire retiendra qu’un certain jour de 26 mars 1991, le peuple du  Mali sans défense, ni armée digne de ce nom, au bord de la disparition totale, aurait lancé un cri de détresse : «au secours ! au secours ! au secours!» Et la France de François Mitterrand, bon samaritain, est venue de façon providentielle arrêter la progression imminente à travers des officiers félons le massacre des enfants, des femmes utilisés comme chaire à canon de “démocrates” assoiffés de pouvoir dont aucun proche ne faisait partie des manifestants à une ou deux exceptions près.

Un premier gouvernement de transition a été mis en place par le chef d’Etat ATT chargé de la transition avec le Dr. Soumana Sacko comme PM, une conférence nationale a été organisée et des élections présidentielles et législatives ont été organisées. Ainsi AOK fut élu premier président du Mali démocratiquement élu avec comme président de l’Assemblée Nationale Aly Nouhoum Diallo et PM Younoussi Touré. Ce premier gouvernement fut grillé par les opposants du CNID and Co avec l’AEEM comme moyen de déstabilisation, le second gouvernement Sow a subi le même sort alors vint un certain IBK sosie de GMT qui utilisera le bâton pour mettre aux ordres les opposants, l’AEEM, les religieux, les syndicats et les rebelles.

Ainsi, AOK put gérer en toute quiétude pendant 6 ans les affaires courantes en construisant des monuments ; il fabriqua de toutes pièces des fonctionnaires milliardaires dont Soumaïla Cissé. Il construisit des écoles sans enseignants sans matériels didactiques, des enfants passaient en classes supérieures avec des moyennes médiocres ; le peuple était lobotomisé avec Top étoiles où feu Moutcha Moutcha est devenu premier. Grâce à feu Madou Batrou, il briqua son second mandat un certain 11 mai ou “nazoumé” et il se débarrassa d’IBK qui se victimisa en créant le Rassemblement des Prédateurs des Mœurs (RPM). À la fin de son mandat il bourra les urnes à travers la CENI pour imposer ATT et libéra GMT à la veille de sa passation avec le mari de Lobbo.

Comme l’aime à le dire mon ami et frère Ouattara Donzo, «nous nous sommes résolus à ne pas les laisser faire, nous n’aurons de cesse de dénoncer avec des satires dignes d’Horace et de Juvénal, d’aider le peuple à comprendre car il y a une véritable exception malienne dès lors qu’il s’agit de la chose politique». Au nom de la lutte des classes, je sais d’ores et déjà, que je serai en butte à l’opposition farouche, à l’inimitié, à la foudre infernale des esprits médiocres des tenants du pouvoir d’hier, de leurs courtisans, des membres de leurs confréries et des crapauds des marais à leurs soldes. Et j’irai, par ma constance, aux affronts endurcis, selon la formule célèbre de Boileau. Ils n’entendront pas si facilement se départir des avantages et privilèges qu’ils ont glanés au fil des ans. Le désir de dire la vérité est inhérent à l’homme, en être à son service, c’est s’engager résolument à dénoncer des choses inacceptables, c’est combattre le statu quo. Le Malien est friand de la flagornerie et se méfie de la vérité et de la franchise. C’est cela aussi l’exception malienne.

Dans un entretien accordé à L’Indépendant, le 8 mai 2014, le Pr. Issa N’Diaye affirme : «la démocratie a fini par faire pire que la dictature, surtout au niveau de la qualité des ressources humaines. Elle a injecté sur la scène politique toutes sortes de gens, parfois de véritables voyous». Il épingle le président Alpha Oumar Konaré qu’il accuse d’avoir une grande part de responsabilité dans le désastre. «Terrible fardeau que le sien ! Se construire sa propre prison pour échapper au regard accusateur de ses propres concitoyens ! Alpha le démocrate, rase les murs tandis que Moussa le dictateur parade. Quelle terrible leçon de l’histoire !» Il est temps de se rendre à l’évidence. Le discours qui consiste à soutenir que le paradis perdu le 19 novembre 1968 a été retrouvé le 26 mars 1991 ne résiste pas à l’analyse. Le dessein utopique de reconstituer le Mouvement démocratique pour barrer la route à la Restauration relève de la cécité politique car nul n’ignore qu’on ne peut mettre durablement ensemble l’extrême droite et l’ultra gauche.

Le multipartisme intégral est l’un des acquis essentiels de la Révolution du 26 Mars 1991. «Nous avons eu le multipartisme, disait Mamadou Lamine Traoré, qu’en avons-nous fait ?». ATT continue sur la même lancée que son maître AOK, la ville des trois caïmans est devenue plus belle mais avec des constructions surfacturées, il a mis grâce à son consensus les opposants dans son camp tout ce beau monde est d’accord avec ATTessé pour vu qu’il participe au festival des brigands en participant aux pillages des biens et patrimoines du Mali. ATT nomma plus de 60 généraux cantonnés à Bamako et dans les ambassades et dans les ministères ; les soldats issus des enfants des pauvres sont envoyés au nord comme chaire à canon, des milliards sont distribués à Iyad et ses compagnons ; les vrais patriotes démocrates et sincères sont humiliés et qualifiés de tous les noms d’oiseaux.

Pour un troisième mandant anti-constitutionnel, ATTessé voulait modifier la constitution et profiter de la chute de Kadhafi avec l’arrivée des militaires touaregs de la Libye dans leur débandade. Il distribua des centaines de millions à Najim et ses hommes pour faire semblant de les empêcher de se rebeller et il donna même le récépissé au MNA selon lui sur RFI. Avec les tristes événements d’Aguel Hocks suite aux égorgements comme des moutons de soldats, une minuterie menée par le Capitaine Amadou Kaya Sanogo le chassa de Koulouba le 22 mars 2012. Parallèlement, un coup d’Etat organisé par la France devait déposer sans effusion de sang ATT. C’est ainsi que la France et la CEDEAO se sont empressées à intimider et à corrompre le Capitaine Amdou Kaya Sanogo, hélas une occasion manquée pour nettoyer la classe politique malienne et pour un vrai changement de la gouvernance à travers l’érection d’une nouvelle République du Mali.

Hollande après avoir “libéré” le nord du Mali imposa la date de l’élection présidentielle où IBK a été le seul à mener campagne à Kidal, des cartes NINA pipées et distribuées dans le fief électoral de Koro Whisky et la presse mise à contribution pour démolir ses concurrents et singulièrement Soumi. Ainsi IBK a été imposé intelligemment par son mentor Hollande pour exécuter les intérêts géostratégiques de la France, car avec les casseroles qu’il traîne et son goût de luxe, il ne peut pas dire non à son patron de l’Élysée. La disqualification de la classe politique actuelle laisse cours à des jeunes issus de l’AEEM, des jeunes mal formés et qui ne connaissent que le langage de la violence sous toutes ses formes ; peut-être un miracle sauvera le peu qui reste du Mali.

Si IBK veut sauver le Mali, il doit transformer la conférence d’entente du 27 mars 2017 en conférence nationale souveraine au lieu d’exclure des vrais patriotes, démocrates et sincères qui pourraient faire des propositions salutaires, même les groupes armés et l’opposition ont annoncé qu’ils ne participeront pas. Le Mali ressemble à un vaste champ. On espère sur une bonne récolte sans couper au préalable les mauvaises herbes, sans lutter contre les oiseaux prédateurs et les criquets. En plus, ce champ foisonne de serpents au point de ne plus savoir où mettre les pieds.

Après chaque révolution dans le pays, nous faisons le plein du réservoir de la même vieille voiture, ayant procédé à de toutes petites retouches sur la carrosserie, en gardant toujours l’espoir que cette carcasse ira loin et qu’elle pourra rattraper les autres, voire décrocher le rallye Paris-Dakar. Certes la carcasse brille un peu, mais nous oublions que le moteur est pourri. Voilà pourquoi tous les 20 ans, plutôt sur chaque 20 km, la bagnole tombe en panne très grave. Les hommes politiques que nous voyons toujours sur scène sont tous des mécaniciens. Ces derniers gagnent toujours gros en faisant semblant de la réparer. Ainsi donc, ils ne souhaitent jamais une nouvelle voiture sur la piste, car dans ce cas il y aura moins de réparations et beaucoup de mécaniciens seront en chômage.

Professeur Aboubacrine Assadek Ag Hamady


Source : Maliweb

Maliweb

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