Syndicat National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique –SNESUP : En grève illimitée à partir du 4 avril

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Le Comité Exécutif National –SNESUP a déposé un préavis de grève illimitée qui commence à partir du 4 avril prochain. Cette position a été adoptée à l’issue de l’Assemblée générale tenue samedi dernier pour évaluer les premières 48 heures puis 72 heures de grève observées plus tôt, et décider de la marche à suivre. Si donc un accord n’intervient pas dans les prochaines semaines, la Conférence d’Entente Nationale se tiendrait dans une atmosphère incertaine. En effet, une grève prolongée des enseignants pourrait entraîner des manifestations étudiantes.
Dont nul ne peut mesurer les conséquences, au regard de la tension actuelle née des multiples grèves. Particulièrement de la grève de la Santé (beaucoup de rumeurs sur les cas d’horreurs et d’impuissance) qui suscite une indignation généralisée, les citoyens n’ignorant pas que ce sont les plus démunis d’entre eux qui font les frais et que les nantis – notamment les décideurs et leurs proches – se font soigner à l’étranger.
Les autorités ne mesurent peut-être pas l’ampleur de l’indignation, mais le Mali n’est pas loin d’une poudrière aujourd’hui. Et le réveil pourrait être brutal. L’AEEM a déjà haussé le ton en menaçant de descendre dans la rue pour protester contre notamment contre la paralysie de l’école au Nord du pays, consécutive à la grève illimitée des enseignants.
Vers une « révolution » enseignante en Afrique ?
La question mérite certainement d’être posée au regard de la multiplication des grèves dans ce secteur un peu partout en Afrique. C’est le cas au Mali, au Niger, au Tchad, au Gabon, en Guinée, etc. Il est vrai que pendant longtemps « Miché » a été brimé.
La vraie galère de Miché
On se souvient du régime de Moussa Traoré sous lequel de nombreux enseignants furent contraints de vendre lits et matelas avant de prendre la poudre d’escampette. Pour la Côte d’Ivoire, la Guinée Equatoriale, le Gabon, etc. Lorsque GMT demandait aux fonctionnaires « pourquoi ils ne cessaient pas de travailler, étant donné qu’ils n’étaient pas payés pendant trois à quatre mois… ?», les enseignants « saignaient à blanc ».
Contrairement aux autres fonctionnaires qui pouvaient user de certains ‘’moyens’’ pour joindre les deux bouts, eux n’avaient que la craie, qui augmentait plutôt les dépenses puisqu’il fallait payer le savon que ‘’Kôrôbôrô’’ n’était plus prêt à donner systématiquement du fait de la ‘’longueur de la dette’’. Selon des témoignages, des enseignants avaient vu mourir leur femme en couche, faute de moyens pour l’amener dans un centre spécialisé.
Le héros mal aimé ?
Le sauveur de cette situation, ce fut un SoumanaSacko qui a redonné leur dignité aux fonctionnaires maliens. Le même SoumanaSacko que les Maliens récompenseront par une place de « déshonneur » à la dernière présidentielle. Optant pour celui-là même qui se revendique de la bourgeoisie (une insulte dans un pays classé parmi les plus pauvres au monde) et qui honore ce même GMT du titre de Grand Républicain !
Quel peuple ! Qui disait encore que « tout peuple mérité le dirigeant qu’il a » ! A défaut de mériter son dirigeant, ce peuple donne chaque jour un peu plus l’impression de refuser le changement. SoumanaSacko n’est pas « le héros mal aimé » du peuple malien. Nous pensons qu’il est seulement en avance sur son temps. Lui pense que « l’habit ne fait pas le moine » pendant nombre de ses contemporains sont convaincus que « le moine se reconnaît à travers son habit ». Deux conceptions de la Vérité difficilement conciliables.
ATT, le bon Samaritain
Pour revenir à Miché, il a fallu attendre un certain ATT (et curieusement, non un Alpha O. Konaré pourtant de la Famille, ainsi que son épouse) pour voir améliorer les conditions d’existence de l’enseignant malien. C’était sûrement dans l’air du temps, mais toujours est-il que c’est avec ATT que l’enseignant malien a commencé à se faire une place au soleil, à goûter enfin au ‘’miel communautaire’’. Les femmes ne le fuyaient plus au motif que « ce n’est qu’un Miché ».
Peut-on d’ailleurs en vouloir aux femmes, elles qui ont assisté au calvaire de leurs sœurs qui avaient eu la malchance d’être mariées à des Michés, et non à des fonctionnaires des Finances ou des Impôts pourtant formés par ces mêmes Michés ?
Qui aimerait d’ailleurs vivre dans la misère? Personne à coup sûr. Et encore moins les enseignants qui sont désormais à la recherche du temps perdu, qui veulent prendre leur revanche sur le triste destin qui fut le leur. C’est un peu comme ‘’l’…’’, dont on dit qu’après avoir goûté au miel, ne voudrait plus jamais du foin. En d’autres termes, les enseignants empruntent désormais leur slogan aux étudiants : « La bataille ou la mort, nous vaincrons ». Les autorités sont averties .
La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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