Mars 1991-mars 2017 : Les gros mensonges de la démocratie malienne

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Le peuple souverain du Mali a acquis sa liberté au prix du sang de ses martyrs. Le pays aspirait au changement. C’était un 26 mars 1991. Il revendiquait entre autres: le multipartisme intégral, la liberté d’expression, l’instauration d’un État de droit, la démocratie etc. Le pays libéré, c’était la liesse populaire. Mais les lendemains vont vite déchanter.

En effet, ceux qui hier défendaient les valeurs démocratiques, se couchent malheureusement aujourd’hui et gardent un silence assourdissant comme si tous les problèmes des maliens étaient réglés. Ces gens-là, ont trahi l’esprit de la démocratie et n’ont nullement honoré la mémoire de nos braves martyrs. Comme le disent les syndicalistes « ils ont trahi la cause ». Ils ne méritent pas qu’on leur chante le “Janjon », la chanson des braves.

Aujourd’hui, le constat est triste et amer. Résultat : le peuple malien ne croit plus à ses dirigeants, des journalistes sont agressés, parfois même emprisonnés, la corruption est érigée en système de gouvernance, la justice est une justice des riches, l’école est malade et ne semble préoccuper personne, l’opposition n’existe plus, donc pas de débat contradictoire, la pauvreté est le quotidien des maliens pendant même qu’elle constitue une violation des droits de l’homme, les jeunes sont au chômage et beaucoup ont tenté les routes de l’immigration clandestine. N’en déplaise aux défenseur de l’immigration légale.

L’accès à l’eau potable, à l’éducation, à suffisamment de nourritures à un minimum de soins de santé, à un logement décent est un luxe pour la majorité des Maliens. Où sont donc les bienfaits de notre démocratie ? La démocratie pour la démocratie, on n’en a pas besoin. Les deniers publics sont détournés, l’enrichissement illicite est monnaie courante et l’avenir du pays est hypothéqué.

En effet, entre 1992 à 1995, la Banque Mondiale faisait état de 21 milliardaires au Mali dont 18 fonctionnaires. Des fonctionnaires milliardaires, quel modèle de démocratie ! Jamais ces individus n’ont été inquiétés, encore moins punis ? L’impunité est à son comble. La démocratie, c’est aussi l’obligation de rendre compte.

Ceux qui hier ont servi le régime militaire de Moussa Traoré sont aujourd’hui aux affaires. Certains sont des plénipotentiaires et d’autres brillent encore à la présidence de la République. Quelque part le peuple malien n’a t- il pas été trompé ?
Alors, pourquoi autant de haine pour le président Moussa ? C’est cela le mensonge de notre démocratie.

Le peuple malien a vu que lors de la célébration du cinquantenaire, le pouvoir de ATT a presque passé sous silence le règne de Moussa Traoré. Tout se passait comme si le président Moussa n’a jamais engagé le Mali pendant 23 ans ? Non, on ne déchire pas les pages de l’histoire d’un peuple. Car comme le dit le griot dans « Soundjata, l’épopée Mandingue » « le monde est vieux mais l’avenir sort du passé ».

Un pays ne peut pas se construire dans la division, la haine. Nous devons accepter courageusement notre histoire et d’œuvrer pour l’unité nationale. Notre volonté doit être de bâtir le Mali, un Mali qui se réconcilie avec tous ses fils. Nous donnerons ainsi à notre devise tout son sens. Oui, le Mali, c’est un Peuple, un But, une Foi.

Je voudrais rendre ici un hommage à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour l’avènement de la démocratie. Le flambeau de la liberté ne s’éteindra point. Le Mali est notre bien commun. Ensemble, nous devons le construire. Vive le Mali uni et indivisible!

Mohamed Attaher Halidou.

Journaliste à Africable Télévision

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Source : aBamako

aBamako

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