Conférence d’entente nationale : Ils ont dit…

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La conférence d’entente nationale pour le vivre ensemble et le renforcement de la paix suit son cours normal, sans l’opposition politique qui a décidé de se démarquer du processus. Nous avons tendu notre micro à des participants.

BOCARI TRETA, Président du RPM et de la CMP

« L’opposition doit savoir qu’elle n’est pas un second pouvoir au Mali »

« C’est un acte patriotique que les leaders ont fait en décidant de revenir prendre part aux travaux de cette conférence. C’est aussi l’expression de la raison et de la compréhension. Nous venons de très loin en organisant une conférence d’entente nationale telle que prévue par l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Ce n’était pas un pari gagné. Le chronogramme de mise en œuvre de l’accord est trop surchargé. Et le temps manque. La réalité du terrain n’est pas totalement maîtrisée. L’un dans l’autre, le gouvernement sous l’autorité du président de la République, a essayé de faire ce qu’il peut. Il fallait organiser cette rencontre pour que les Maliens de divers horizons, toutes tendances confondues, puissent dans une démarche unitaire analyser ensemble les causes profondes de notre crise. C’est une crise cyclique et multidimensionnelle. Notre peuple est un peuple de paix dont l’histoire a été forgée dans le temps par des grands empires, des grands royaumes. Nous devons solidairement nous engagés à travers une charte pour faire en sorte que ce qui s’est passé ne se reproduise plus jamais. Nous devons nous engagés pour qu’il n’y ait plus jamais de crise. L’accord a été une chance pour nous. Elle a réglé beaucoup de questions, y compris des dimensions politiques. Nous rendons grâce à Dieu et remercions tous les partenaires pour avoir voulu nous accompagner et aider à faire savoir à tous que notre pays doit rester Un et Indivisible.

Par rapport à la participation des gens de la CMA, je dirai qu’il y avait eu un quiproquo dans l’organisation de l’agenda de la conférence. Réunir les Maliens de divers horizons n’est pas chose facile. La divergence ne porte pas sur le fond, mais c’était sur la forme et la démarche. Le président dans son discours a fait un geste hautement politique, pour rappeler à tous que la constitution précise que l’objectif à atteindre est le plus essentiel. Certains de ces groupes armés que j’ai rencontré m’ont dit que s’ils avaient entendu cela du président, ils seraient venus au plus tôt que possible. Je me réjoui de la décision de la CMA. Cette décision de la CMA est responsable, sage, constructive et patriotique.

L’opposition doit savoir ce qu’elle veut. Elle est une force politique. Elle a un projet de société. Elle se bat pour la conquête et la gestion démocratique du pouvoir. L’opposition n’est pas un contre pouvoir. Mon constat personnel est que depuis l’installation du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, à la tête du pays, le 04 septembre 2013, l’opposition n’a pris part à aucun fait majeur de construction nationale. L’opposition s’est trouvée systématiquement opposée à toute décision majeure du pouvoir. Depuis la déclaration de politique générale du gouvernement, la négociation pour la paix, son chronogramme de mise en œuvre, et aujourd’hui, c’est la conférence d’entente nationale. Quand on veut le pouvoir et faire partager son projet de société, on ne peut en même temps décider la politique de la chaise vide. Il faut le courage de faire le choix entre le fond d’une chose et sa forme qui n’importe pas. Le fond, il y a une conférence où des maliens de diverses sensibilités viendront donner leurs idées et dire ce qu’ils pensent du Mali. Je pense que le débats ne devrait pas se porter sur le nombre du jour et sur comment la conférence a été convoquée. L’opposition doit savoir qu’elle n’est pas un second pouvoir au Mali. Au Mali, il y a un pouvoir légitime. Le président IBK a été élu à un score jamais égalé en République du Mali. La majorité que nous représentons ici, tient à l’Assemblée nationale un nombre suffisant de députés qui confère au président et au gouvernement, une majorité politique et une force sociale forte et stable pour diriger le pays, pour assurer le bonheur et l’honneur du Mali ».

OUMAR DIALLO, Ancien Officier de Police

« Nous allons nous entendre sur l’essentiel »

« Pour ma part, j’estime que la tenue de cette conférence d’entente nationale est une bonne chose pour le Mali. Ce sont tous les fils du Mali qui se retrouvent. Nous pensons qu’à la fin des travaux, nous allons nous entendre sur l’essentiel. Comme l’a rappelé le président de la République, l’essentiel, c’est le Mali. Au finish, les gens vont se comprendre sur beaucoup de points qui concernent l’accord. Comme c’est une affaire de famille, tout ce que nous pouvons améliorer sans toucher à l’essentiel, la conférence doit s’atteler à ça. C’est comme ça que je vois les choses ».

HAMATTAT AG ELMAHDY, Chargé à la Communication du Congrès pour la Justice dans l’Azawad

« En soi, c’est une bonne chose »

« C’est une disposition de l’Accord. C’est vrai que des préalables devraient être faits avant le début de la rencontre, comme l’effectivité de l’installation des autorités intérimaires et dont certaines localités restent encore. C’est un problème qui n’est pas totalement résolu. Par exemple, à Taoudéni, faute de prise de décision de la part du gouvernement et de la médiation internationale. Nous qui sommes là-bas et qui exerçons un blocus dans ces régions jusqu’à ce que ces autorités et les DDR soient installées avant l’organisation de cette rencontre, déplorons le retard accusé. La conférence d’entente devrait trouver que ces cas sont gérés et permettre la signature d’une charte. Nous souhaitons que la rencontre puisse renforcer la réconciliation nationale, une paix durable et poser les jalons d’un vivre ensemble durable. En soi, c’est une bonne chose. Mais il faut que ça soit sur une base solide, qui remplisse certains critères et qui respecte certains préalables de l’accord pour que la conférence ait tout son sens en tant que clause de l’accord. Cela suppose la résolution de beaucoup de problèmes qui n’ont pas encore pu être résolus, comme le MOC. Je souhaite que les gens aient le temps de discuter de leurs préoccupations pour que des résultats soient obtenus ».

SINAMAR GOUSMANE, Société civile de la région de Kidal

« C’est à nous, acteurs de la société civile, groupes armés de faire de cette conférence une réussite »

« A mon avis, la conférence ne fait que démarrer. Rien n’est encore joué. Les acteurs commencent à revenir à la raison. Tout se passe bien pour le moment. C’est à nous, acteurs de la société civile, groupes armés de faire de cette conférence une réussite. Je souhaite que les discussions et les débats aboutiront à des reformes, une charte devant nous permettre de vivre pacifiquement et de définir ensemble des conditions de cette action ».

SIDI ELMADY ELBACAR, Citoyen Malien

« On ne peut pas faire le pays avec une seule main »

« Quand on ne connait pas l’histoire de son pays, il ne faut pas chercher à le déformer. Les noms de Tombouctou, Kidal, de l’Azawad, ont tous une histoire. Cette conférence serait l’occasion de mettre de l’eau dans les vins. Il faut que les gens comprennent qu’on ne peut pas faire le pays avec une seule main. C’est ensemble qu’on peut relever les défis. Ce Mali nous engage au sacrifice pour sa dignité, pour sa liberté. On peut tout avoir ailleurs, sauf un pays ».

AZAROCK, Président du CJA

« Il s’agira de développer ce qui unit les gens »

« C’est de plus en plus inclusif, avec la venue des gens de la CMA. C’est une très bonne chose. Nous pensons que l’inclusivité est en train de faire son petit bonhomme de chemin. C’est à saluer. Il y a beaucoup de mouvement non signataires qui sont là. On souhaite que personne ne soit exclue des débats. Il faut éviter ce qui divise. Il faut chercher à prendre les choses par les bons côtés. Aussi, il s’agira de développer ce qui unit les gens. Tout cela dépend de la bonne foi des acteurs qui participent à cette rencontre et de l’agenda de chacun. L’agenda de tout le monde, c’est le Mali, c’est la paix, c’est l’unité pour donner l’occasion au pays de se développer. Je pense que nous devons être optimistes ».

IBRAHIM AG MOHAMED, Ressortissant du nord

« Personne n’a intérêt que la paix soit prise en otage »

« Cette conférence d’entente est un facteur important qui nous aide à sortir progressivement de la crise que nous traversons. Tout ce qui est écrit dans l’accord nous permet d’aller vers la paix. Rien ne vaut la paix. Je suis très heureux que toutes les parties aient pu se comprendre et se donner la main pour en arriver à ce stade. Nous devons tous savoir que seul le Mali doit compter. Personne n’a intérêt que la paix soit prise en otage. C’est pourquoi cette rencontre est la bienvenue. »

Source : aBamako

aBamako

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