Conférence d’Entente Nationale: La voix des Maliens de l’Extérieur

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Ouverts le lundi 27 mars 2017 par le président de la République, les travaux de la Conférence d’Entente Nationale se poursuivent jusqu’au 2 avril 2017 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah. La journée du mardi 28 mars 2017 a été marquée, entre autres, par la présentation des exposés sur les consultations régionales, des Maliens de l’extérieur et des réfugiés.

Egalement, la délégation de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui, comme l’a indiqué à l’ouverture le président de la République, ont pris le train en marche ce jour 28 mars 2017. InfoSept étant un journal s’intéressant à la vie des Maliens de l’extérieur, nous vous proposons dans ce dossier une présentation de l’exposé fait, devant les participants à cette Conférence d’Entente Nationale, par M. Cherif Mohamed Haïdara, Président du Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne (CSDM), une des voix des Maliens de l’Extérieur.

A travers la voix de son président, le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne «salue les autorités Maliennes pour l’intense campagne d’information et de sensibilisation qui a accompagné le processus d’Alger avant et après la signature des accords ».

Le CSDM rappelle que le Mali héritier des grand empires médiévaux de vieilles civilisations de culture multiséculaire et d’échanges de par sa situation géographique, l’histoire de son peuplement, la diversité de ses relations socioculturelle, politico-économique et de coopération, reste un espace de mobilité, de brassage et d’intégration des populations d’origine diverses.

Ainsi, après deux décennies d'ambition et d'espoirs pour un avenir radieux, le Mali s'est enlisé depuis quatre ans dans une crise qui parait sans fin. Pour le CSDM, les causes de cette crise sont nombreuses, complexes, collectives mais aussi individuelles. «Les élites en général, les décideurs politiques, associatifs, communautaires et du secteur privé, les vieux, les jeunes, les hommes, les femmes, les partenaires de la communauté internationale, bref tous ceux qui agissent individuellement ou en groupe dans l'espace public ont leur part de leur responsabilité dans l'effondrement de ce pays, grand par son histoire et sa géographie » a noté le président du CSDM devant les participants à la Conférence d’Entente Nationale.

M. Haïdara poursuivra en indiquant que de nos jours, il est courant de lire dans les journaux et sur les réseaux sociaux des invectives souvent à la limite de l'insulte des jeunes contre leurs ainés et leurs pères, des électeurs contre les élus, des activistes sociaux contre les dirigeants du pays. Pour lui, ces chamailleries peuvent continuer longtemps, mais ne suffiront pas à sortir le Mali de la crise dans laquelle il se trouve plongé depuis 2012.

Cependant, le CSDM persiste à croire que les Maliens, peuvent et doivent se ressaisir et au plus vite. Car, la capacité d'un pays à réagir positivement pour sortir d'une crise tient à un ensemble de facteurs que sont : la confiance en soi, la cohésion des groupes et leur aptitude à se mobiliser autour de défis communs. A ceux-ci, il faut ajouter la capacité des acteurs à se projeter dans l'avenir et enfin la valeur des élites et des dirigeants.

«Osons rêver d'une nation qui décide de sortir de la crise par le haut grâce à la mobilisation de ses propres capacités» indique M. Cherif Mohamed Haïdara, pour qui, «le patrimoine culturel, dont nous sommes tous très fières nous en donne les leviers, si seulement nous prenons le temps d’user de ses valeurs éthiques et morales fondatrices».

En outre, l’instance fédérateur des Maliens de l’extérieur s’engage pour la réussite de la Conférence d’Entente : « En cette journée mémorable, nous du CSDM certes en peine mais profondément émus par ces regroupements dont nous sommes témoins, voudrions apporter notre contribution à l’avènement d’un pays en paix et stable.

Ainsi pour atteindre les objectifs de la conférence et au titre de la paix, le Conseil Supérieur de la Diaspora Malienne recommande la moralisation de la vie publique à travers la bonne gouvernance par la répartition équitable des ressources, l’accès des populations aux services sociaux de base. Il demande également le renforcement des capacités de nos Forces armées pour la sécurisation entière et complète du territoire national. Le CSDM exige également l’interdiction des unités paramilitaires par le cantonnement, le désarmement, la démobilisation et la réinsertion.

Pour l’unité nationale, le Conseil Supérieur de la Diaspora exprime contre toute tentative de division du Mali qu’il considère comme un et indivisible et croit pouvoir accepter, tout comme le Macina, le Wassoulou, le Djitoumou, le Kaarta, le Gourma et l’Azawad comme une entité culturelle.

Pour une véritable Réconciliation nationale, le CSDM estime que lumière doit être faite sur les exactions commises, durant la crise et qui ont endeuillé les familles et contraignant les populations à fuir leur terroir. «Nous encourageons les travaux entamés par la Commission justice vérité et réconciliation mais également l’apport des personnes ressources pour aider à l’encrage d’un pardon national ciment de la réconciliation. Dans le cadre du suivi de l’accord d’Alger, nous demandons la mise en place d’un groupe de veille animer par la Société civile » conclut-il.

Il importe de retenir que la Conférence d’Entente Nationale vise entre autres comme objectifs, un débat approfondi entre les composantes de la Nation malienne sur les causes profondes de la crise que connait le pays. Cette Conférence permettra ainsi de traiter de la problématique de la question de l’Azawad.

Le produit final qui est attendu du processus de cette Conférence est la production d’une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation. De façon spécifique, la Conférence permettra d’analyser les causes profondes des crises que le Mali connaît dans sa partie septentrionale et centrale et qui ont des répercussions sur la paix, l’unité et la réconciliation. Elle permettra aussi de débattre des contours mémoriels, politiques, géographiques, humaines, historiques et culturels de la question de l’Azawad et convenir d’une interprétation consensuelle du terme Azawad. »

Dieudonné Tembely

Source : aBamako

aBamako

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