Grève/SANTE : Des Syndicalistes tentent de fermer le CESCOM de Kalabancoro

La grève illimitée du Syndicat de la Santé serait-elle en train de s’essouffler ? Il est peut-être tôt pour l’affirmer mais des signes avant-coureurs apparaissent déjà comme la tentative ce matin des syndicalistes d’obliger les travailleurs du CESCOM de Kalabancoro à cesser le travail. La raison d’une telle démarche est sans doute due au fait que ledit CESCOM est contigu au Centre de santé de référence du quartier. Ainsi, les malades qui fréquentaient habituellement ce service se sont tous rabattus sur le CESCOM pour les soins qui y peuvent être donnés. C’est cela qui a provoqué le courroux des syndicalistes qui y voient un moyen de « saboter leur grève » comme l’a dit un des leurs.

En tout cas, monsieur A. A. Touré, président du CESCOM de Kalabancoro, est formel : « Les CESCOM appartiennent aux communautés auxquelles est dévouée la gestion du centre de santé qui porte son nom. Les agents qui y travaillent sont payés par les communautés et non par l’État et ne sont pas affiliés au syndicat de la Santé. En conséquence, ils ne sont pas concernés par la grève illimitée comme l’a souligné la FENASCOM au début de la grève ». A. A. Touré a ajouté que même les travailleurs de l’État ne sont pas obligés de suivre le mot d’ordre de grève à plus forte raison ceux des structures non étatiques.
Quoi qu’il en soit, cette tentative de débaucher les agents des CESCOM est la preuve que les grévistes ne sont nullement préoccupés par la santé des malades et ne pensent qu’à satisfaire leurs revendications même au prix de centaines voire de milliers de morts et créer un chaos total pour faire céder l’État. Ici se pose la question de l’éthique : jusqu’où un syndicat de la santé peut aller pour que ses revendications soient satisfaites ? Car les morts qui s’accumulent dans les hôpitaux et les CSREF ne sont pas imputables à l’État mais à ceux qui, au mépris du Serment d’Hippocrate, refusent de soigner les populations dont la grande majorité n’a pas les moyens de fréquenter les cliniques privées et se rabattent par conséquent sur les CESCOM.

L’État serait bien inspiré de renoncer aux taxes imposées aux cliniques privées au titre de 2017 pour leur permettre de recevoir, à un coût réduit, les populations sans grandes ressources, en attendant qu’une issue heureuse soit trouvée à la grève illimitée dans les hôpitaux et centres de santé publics. Ce serait difficile car beaucoup de médecins du public sont sollicités par des cliniques, s’ils ne possèdent pas eux-mêmes leurs propres cliniques, au mépris de la loi. L’État pourrait surtout réquisitionner des médecins et autre personnel de soutien et recourir aux médecins et infirmiers de l’Armée pour amoindrir les souffrances des populations.
DTK

Source : aBamako

aBamako

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