Surchauffe du front social au Mali: Le pays au bord de l’embrasement

De Kayes à Bamako, les Maliens protestent contre leur mal de vivre. Marches, sit-in, grèves illimitées… tous les moyens de contestations sont utilisés, aujourd’hui, par les Maliens pour manifester leur désarroi, leur souffrance dans l’indifférence totale du pouvoir en place.
Le Mali semble aujourd'hui au bord du gouffre. Les syndicats rivalisent d’ardeur pour revendiquer leurs droits. 26 jours sont passés depuis le déclenchement de la grève du secteur de la santé en début mars. Aucune initiative sérieuse n’est prise par le pouvoir pour trouver une solution à cette grève qui prive le citoyen malien d’un de ses droits les plus fondamentales : se soigner.

Comme il n’y a jamais un sans deux, les enseignants de l’enseignement supérieur ont entamé une grève illimitée depuis hier mardi 4 avril. Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) a, en effet, durcit le ton après deux grèves d’avertissement. Aussi après plusieurs grèves, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (SYLDEF, SYNEB, SYNESEC, SYNEFCT, FENAREC, SYPESCO) marchent demain, le 5 avril, pour demander au gouvernement de respecter ses engagements.

A Kayes, le 1er avril passé, les populations ont marché pacifiquement pour la reprise du train voyageur. De la tribune de la cité des rails à la gare du chemin de fer, les manifestants ont vivement réclamés le retour du train qui boostait l’économie de toute la région.

A Bamako, face au silence de la société civile et l’incapacité du pouvoir à solutionner les problèmes du pays, plusieurs mouvements ont décidé de s’indigner. C’est le cas du mouvement « Trop c’est trop » qui tient un sit-in quotidien, de 9 heures à midi, depuis le 27 mars 2017, devant la Bourse du travail de Bamako. « Ces grèves occasionnent d’énormes souffrances chez les Maliens. Nous demandons au gouvernement aux autorités maliennes de mettre fin à ces souffrances », explique Malick Konaté, l’un des portes paroles du mouvement.

Dans le sillage du mouvement « trop c’est trop », le ras le bol se généralise. De bouche à oreille et sur les réseaux sociaux, un nouveau mouvement « Tarata Wulen » (Mardi rouge) a appelé, pour un bien être minimal, les maliens à s’habiller le mardi en rouge. « Avec Tarata Wulen, il s’agit d’exiger avec dignité le respect strict et sans délai de notre droit à la santé et à l’éducation qui sont conférés par la constitution en son article 17. Ainsi nous demandons à tous les patriotes de se mettre en rouges quelque manière que ce soit, ce mardi 04 avril 2017», explique, sur les réseaux sociaux, les initiateurs du mouvement.

Issaka Sidibé, le Président de l’Assemblée nationale, est aussi sorti de ses gongs avant-hier lors de l’ouverture de la session d’avril du parlement malien. « Il nous est revenu de constater depuis plusieurs mois une ébullition au niveau de certaines corporations due à des revendications syndicales notamment au niveau de la magistrature, des différents ordres d’enseignement, de la santé et j’en passe.

Les multiples grèves perlées ou illimitées qui s’en sont suivies ont paralysé plusieurs secteurs d’activités et continuent, dans certains cas, de causer des dommages fatals à nos populations. Sans préjuger de la légitimité des doléances présentées, la représentation nationale invite solennellement le Gouvernement et les partenaires sociaux à trouver rapidement les compromis nécessaires pour apaiser le climat social. La situation actuelle est inacceptable et intolérable ! », s’est indigné le président de l’Assemblée nationale.

Madiassa Kaba Diakité

Source : aBamako

aBamako

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