Marche des syndicats d’enseignants: le ministre du travail calme le jeu

Le bras de fer qui oppose six syndicats d’enseignants et le gouvernement a atteint son paroxysme, hier par l’organisation d’une marche pacifique. En effet, à l’appel des syndicats signataires du 15 octobre 2016 (SYLDEF, SYNEB, SYNESEC, SYNEFCT, FENAREC, SYPESCO), ils étaient nombreux les enseignants à marcher, hier mercredi, pour exiger l’application du procès-verbal du 8 janvier 2017, et dénoncer la violation des textes par le gouvernement.

La marche est partie du Monument de l’Indépendance pour prendre fin devant le ministère du travail, de la Fonction publique et des relations avec les instructions, où une déclaration des manifestants a été lue publiquement puis remise au secrétaire général du département, Yaya GOLOGO.
Tout au long du trajet de la marche, les manifestants scandaient des slogans comme : «Non à la violation des textes»; «Oui au statut autonome»; «Non à la banalisation des revendications des syndicats d’enseignants»; «La CSTM solidaire aux enseignants». Les mêmes slogans étaient visibles sur des pancartes et des banderoles que tenaient certains marcheurs. La principale revendication était relative au statut autonome des enseignants.
Cette marche, fortement sécurisée par les forces de l’ordre, a échappé de justesse à la dégénération. Car la trajectoire initiale convenue avec les marcheurs, devant passer par la devanture du ministère de la Défense et des anciens combattants, a été déviée par les forces de l’ordre. Ce qui a provoqué la colère des manifestants qui ont mis du temps avant de revenir à la raison.
Arrivés, devant le ministère de l’Education nationale, les marcheurs ont fait une pose pour scander leurs slogans à haute et intelligible voix avec des hauts parleurs. Ce, en vue d’attirer l’attention du ministre Kénékouo dit Barthélemy TOGO sur leur cri de cœur.
Le deuxième temps chaud de la marche a été aux alentours du ministère du Travail, de la Fonction publique et des relations avec les instructions. Quand des agents de sécurité ont fait usage de leurs gaz lacrymogènes. Résultat : deux manifestantes ont été blessées et beaucoup d’autres ont eu des ennuis avec l’odeur du gaz. Cet acte des agents de la sécurité a failli mettre le feu à la poudre, n’eut été l’intervention des leaders syndicaux et de certains responsables sécuritaires.
Les enseignants ont sévèrement exprimé leur mécontentement face cette réaction des policiers voulant réprimés dans le sang leur marche pacifique.
Finalement, c’est dans un climat tendu marqué par des tiraillements entre les forces de l’ordre et les manifestants que la déclaration a été lue par le porte-parole de ces derniers, Yacouba DIALLO, devant des cadres du ministère.
Dans leur déclaration, les syndicalistes dénoncent le peu d’intérêt et d’attention frisant le mépris de la part du gouvernement face aux préoccupations des syndicats de l’Education ; la légèreté et le manque de sincérité de la part du gouvernement lors des négociations au cours de leurs différents préavis de grève ; le refus manifeste du gouvernement de mettre en œuvre l’Accord du 08 janvier 2017, et le non-respect par le gouvernement de ses propres engagements.
Aussi, ressort-il de la déclaration, les syndicalistes disent prendre à témoin l’opinion nationale, internationale et les partenaires de l’école malienne, de la volonté affirmée du gouvernement à violer les textes qui régissent le dialogue social dont la loi 87-47/AN-RM relative à l’exercice du Droit de grève dans les services publics, notamment en son article 8 qui stipule:
«Les accords qui interviennent sont applicables sauf stipulation contraire à compter du jour qui suit leur signature par les parties».
Par ailleurs, ont-ils fustigé le refus catégorique du gouvernement de mettre en œuvre le procès-verbal du 8 janvier 2017.
«Les syndicats signataires du 15 octobre n’ont peur ni des intimidations, ni des menaces et pressions de toutes sortes dont ils font l’objet de la part du gouvernement », a déclaré leur porte-parole.
Dans la même foulée, les manifestants, par la voix de M DIALLO, exigent l’application immédiate du procès-verbal du 8 janvier 2017 ; soutiennent être prêts à utiliser tous les moyens légaux pour la satisfaction totale de leurs revendications.
«Dans ce procès-verbal, il est bien écrit noir sur blanc que l’Etat s’engage à donner un statut aux enseignants. Aucun aspect, dont la grille, ne sera occulté lors des travaux de la Commission qui sera mis en place à cet effet au plus tard le 31 janvier 2017 », peut-on lire dans la déclaration.
Après la lecture de la déclaration, une délégation composée des leaders syndicaux a été reçue par le secrétaire général du ministère, Yaya GOLOGO, à qui une copie de la déclaration a été remise.
A l’issue d’un bref entretien avec le secrétaire général en présence d’autres cadres du département, le porte-parole des syndicats a déclaré à la presse que gouvernement a décidé de prendre acte de leurs doléances et de continuer avec le dialogue.
Selon lui, cette décision du gouvernement peut être considérée comme positive. « Nous sommes satisfait de cet entretien », a-t-il conclu M DIALLO.

PAR MODIBO KONE ET MEMADJILEM NADJILAR EVELYNE (STAGIAIRE)

Source : aBamako

aBamako

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