Bonne gouvernance publique : L’électrochoc venu de l’Edm-sa

Si tous les directeurs généraux qui ont précédé Dramane Coulibaly à la tête de l’Energie du Mali avaient su prendre des mesures courageuses pour permettre à l’entreprise de recouvrer ses créances sur les clients, certainement que la situation de l’entreprise publique de distribution d’électricité ne se serait pas autant dégradée pour pénaliser finalement les bons payeurs. Comme pour dire que la campagne de recouvrement des créances de plusieurs milliards de fcfa est à la fois salutaire et louable pour la santé financière de l’Edm-sa, mais en même temps, elle ôte de la tête du Malien Lamda, l’image d’une société publique qui opprime les pauvres pour protéger les riches.

Cette campagne de recouvrement n’est dirigée contre personne “ a tenu à préciser le Dg de l’Edm-sa, Dramane Coulibaly, lors d’un point-presse animé l’avant-dernière semaine, pour expliquer aux journalistes les objectifs de cette campagne de recouvrement des arriérés qui entraîne des désagréments au niveau de certaines structures, notamment publiques, suite à la suspension de la fourniture de courant, le temps qu’elles se décident à passer à la caisse.

Recouvrer l’argent dû à sa société ne nécessite pas des explications et l’on se demande même pourquoi le DG a pris le soin de le faire. Cela entre dans le cadre de la nouvelle démarche de la Direction générale de l’Edm-sa qui laisse beaucoup de place à la communication pour éviter des interprétations fantaisistes sur fond de tentative d’intoxication intellectuelle du public.

De toute façon, l’Edm-sa est dans son droit et sur le bon chemin. En effet, aucune personne, morale ou physique, ne peut s’arroger le droit d’user et d’abuser de l’électricité publique, sans payer ses factures. C’est comme si, le laxisme noté au niveau de l’Edm-sa depuis plusieurs décennies dans le recouvrement des impayés, avait fini de produire une mentalité de courant gratuit chez des clients et pas des moindres: des structures publiques avec des budgets équilibrés à chaque exercice budgétaire et comprenant les frais d’électricité pourtant jamais reversés au Trésor public, mais aussi jamais payés à qui de droit.

Cela pose en filigrane la question de la fiabilité des comptes de certaines structures publiques ou même, plus profondément, une question de management à laquelle il faut trouver une réponse adéquate, comme cette réaction vigoureuse de la Direction générale de l’Edm-sa qui amène tous les clients du secteur public à changer d’attitude et ainsi se conformer aux règles de gestion. Au moins en ce qui concerne l’utilisation judicieuse de la part du budget destinée aux frais d’électricité.

Par ailleurs, l’Edm-sa soulage psychologiquement la majorité de sa clientèle composée de privés et de ménages qui se considéraient comme harcelés par la société publique dans le cadre du recouvrement de ses factures, alors que des privilégiés dont les factures mensuelles en hausse permanente n’étaient jamais réglées.

Et pourtant, ces services et démembrements de l’Etat qui ne réglent pas leurs factures de courant sont dotés de puissants groupes électrogènes qui leur permettent, en cas de délestages, de se soustraire des affres de la hausse vertigineuse des températures comme ces derniers temps et de continuer leur production. Alors que, en grande partie, le refus de payer les factures d’électricité a plongé l’entreprise publique de distribution d’électricité dans une mauvaise passe qui nécessite ces délestages.

Une attitude des gros débiteurs qui est non seulement un pied de nez à l’Edm-sa, mais constitue aussi un manque criard de civisme. Un mauvais exemple de patriotisme économique pour les populations qui triment à la fin de chaque mois pour payer leurs factures d’électricité. C’est donc une véritable injustice à laquelle cette campagne de recouvrement des impayés d’électricité est en train de s’attaquer. Espérons que cela aille jusqu’au bout !

Mais c’est avec regret qu’il a été constaté de la résistance de débiteurs qui pensent certainement détenir un droit spécial, pour ne pas se priver de se servir sans retenue avec l’Edm-sa sans bourse déliée. C’est même une honte de rester autant redevable au point de subir une pression de la société publique d’électricité pour s’exécuter. Mais apparemment, dans notre pays, les repères sont perdus et il faut les retrouver rapidement car au plan moral et sociétal, tout est en train d’aller à vau-l’eau.

Le Dg de l’Energie du Mali, Dramane Coulibaly, a donc droit d’entendre Djandjo et de résister aux nombreuses pressions car il se trouve même des personnes privées qui pensent que la proximité du pouvoir les exempte du paiement d’électricité, alors qu’ils éclairent leurs différents domiciles comme des phares, mais certainement pour indiquer la mauvaise voie. Cela donne des idées du genre : pourquoi toutes les autres sociétés publiques ne suivraient-elles pas les pas de l’Energie du Mali ? car c’est le meilleur moyen de mettre fin aux comportements rétrogrades, néfastes au développement économique. En tout cas, un particulier, Malien Lambda, ne peut se permettre de refuser de régler ses factures d’eau, d’électricité, de téléphone, d’Internet et même ses impôts. Alors que l’on sait, comme pour l’électricité, que les impayés de factures de communications avaient condamné l’évolution financière et technique de la Sotelma pour la rendre quasiment paralysée avant la privatisation. Alors, plus jamais ça !

Amadou Bamba NIANG

Source : aBamako

aBamako

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