Chronique du web : Sale temps pour les auteurs de « fake news » sur Facebook

Si votre passe-temps favori est de créer et propager des fausses informations sur Facebook, de les amplifier ou de vous en servir pour quelque dessein, alors sachez que, dorénavant, vous avez du souci à vous faire. Après les accusations dont il a fait l’objet notamment lors de l’élection présidentielle américaine qui a vu le triomphe de Donald Trump, Facebook a décidé de sortir la grosse artillerie pour sévir contre les pollueurs, ces utilisateurs qui créent des faux comptes pour détourner sa plateforme de sa vocation première : mettre les utilisateurs en réseau en toute convivialité par la diffusion et le partage d’informations fiables. Selon un article publié le 15 avril dernier par journaldugeek.com et de nombreux sites spécialisés, la firme californienne vient de sortir sa grosse faucheuse pour supprimer 30.000 faux comptes en France. Sans autre forme de procès ! Selon Facebook, ces faux comptes sont soupçonnés de mettre à mal l’intégrité des informations qui circulent sur la plateforme. Dans un communiqué rendu public le 12 avril dernier (Improvements in protecting the integrity of activity on Facebook), la société de Mark Zuckerberg affirme que : « « Nous nous sommes rendus compte que lorsque les individus se présentent sur Facebook de la même manière que dans la vraie vie, ils se comportent de manière responsable. Les faux comptes ne fonctionnent pas de cette manière, et sont intimement liés à la création et à la propagation de spams. C’est la raison pour laquelle nous accordons une telle importance à la suppression de ces faux comptes sur notre plateforme ». Si le communiqué ne précise les autres pays dans lesquels des mesures similaires ont été appliquées, il est fort à parier qu’elles ont déjà commencé voire qu’elles s’étendront à toutes les zones géographiques ou des professionnels de la rumeur, de la désinformation, des canulars, du racolage et de la manipulation sur Facebook sévissent. En Afrique, il est difficile de se faire une idée précise de l’ampleur des « fake news » dont la réalité est pourtant palpable. Le « il paraît que… » ; « on m’a dit que… » ; « il semblerait que… », etc.  a parfois causé du tort irréparable à d’honnêtes citoyens simplement parce que, à un moment précis, quelqu’un avait une quelconque raison qu’une telle rumeur se répande sur le compte d’une victime innocente, et d’autres acteurs, par indifférence, naïveté, paresse intellectuelle ou méchanceté l’ont montée en épingle. Il y a aussi ces professionnels connus sous la désignation peu glorieuse de « brouteurs » qui se cachent derrière des comptes doublons créés par leur soin pour mettre des honnêtes gens en coupe réglée. Combien sommes-nous à avoir cru et mordu à l’hameçon jeté par ces escrocs qui ont abusé de notre crédulité ou de notre naïveté pour nous soutirer de l’argent ? Leur technique est simple comme bonjour : pirater le compte – pour les plus expérimentés d’entre eux – ou créer un compte au nom d’une personnalité célèbre, puis arnaquer les amis de cette personnalité par un subterfuge banal mais qui, parfois, fonctionne à merveille. Une variante existe avec les mails qui subissent régulièrement des intrusions intempestives de la part de personnes qui se font passer pour de respectables personnes figurant dans votre carnet d’adresses et vous demandent gauchement de les « dépanner » via Western Union ou tout autre moyen de paiement, mais en toute discrétion.

La problématique des « fake news » a pris tellement d’ampleur ces dernières années que de nombreux pays occidentaux ont mis en place des armées de « Geeks » pour traquer ces fausses informations sur l’internet d’une part, et contre-attaquer les puissances étrangères qui se rendent coupables de ces « fake news » d’autre part. Dans certains milieux, dès qu’on parle de « fake news », on pense automatiquement à la Russie qui fait figure de première accusée. En effet, aux dires des Occidentaux, les services de renseignement de ce pays se seraient rendus coupables d’attaques massives contre des systèmes informatiques américains, anglais, français… et fabriquent la désinformation à des fins de manipulation politique. Selon de nombreux spécialistes occidentaux, les démocrates américains auraient fait les frais des hackers et des combattants russes de l’ombre qui auraient gravement manipulé la dernière présidentielle américaine. Trump aurait été le principal bénéficiaire de cette intervention russe dans l’élection présidentielle américaine au moyen de « fake news », phénomène que la vénérable OTAN assimile à la « Troisième Guerre mondiale ». Si les russes accusent les Occidentaux d’hystérie, ils ne parviennent pas, par contre, à apporter la preuve que les accusations portées contre eux sont fantaisistes. Plus grave, les russes passent désormais pour être les plus grands interventionnistes dans le processus démocratique occidental par l’entremise de leurs services de renseignement qui recrutent à tour de bras des ingénieurs et autres experts en sciences et techniques de la communication et de la manipulation. En France, le candidat Macron semble être la cible idéale des services russes et de la droite catholique qui polluent les réseaux sociaux d’informations toxiques sur le champion de « En Marche ! ». Selon l’équipe de Macron, Sputnik et RT (Russian Today), des médias russes qu’elle accuse d’être inféodés au Kremlin, ont répandu des « fake news » au sujet du déplacement du candidat d’En Marche ! au Liban. Il est aussi accusé de connivence avec la mouvance islamiste. Heureusement que, pour le candidat, de nombreux spécialistes ont pris publiquement la parole pour détricoter ces rumeurs ou ont publié des tribunes dénonçant cette manœuvre dont le seul but est de fausser l’issue du scrutin. Quelles que soient les précautions prises, il sera très difficile d’échapper à l’influence des “fake news” sur le scrutin français dont la principale caractéristique reste à ce jour son indécision. Et le site 20minutes.fr de citer une étude intitulée “Le rôle et l’impact des éditeurs non traditionnels à la Présidentielle française 2017” qui conclut que sur huit millions de liens partagés sur les sujets politiques sur quelque 800 sites, 25% seraient des “fake news”. Dont acte !

Serge de MERIDIO


Source : Maliweb

Maliweb

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