Mali : les finances publiques sous forte pression

Aux récentes assises de printemps du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, il a soufflé un harmattan poudreux et fiévreux. Depuis plusieurs mois, le front social au Mali se tord, se détord et se retord au gré des revendications catégorielles, et de la résistance tenue, entretenue et soutenue des gouvernants. Le malaise social est presque généralisé. Tous les secteurs sensibles ont été touchés : justice, éducation, santé. Face à un pouvoir fragilisé par les multiples enjeux et les défis prégnants qui l’assaillent, les grèves se multiplient et se démultiplient. Dans les chapelles des organisations faîtières, le mot d’ordre semble invariable : «grève brutale et illimitée». Tenez, ne lâchez rien du chapelet des doléances ! Egrenez-le, psalmodiez partout où besoin sera ! Rien n’y fit, pas même les flétrissures et les meurtrissures. Le gouvernement, remanié à l’occasion avec un nouveau premier ministre, a dû casser sa tirelire pour obtenir une « trêve sociale ». Mais à quel prix ?

La soudaineté et l’intensité de la surchauffe du front social a surpris plus d’un analyste de la scène politique malienne. Même les experts du FMI ne les avaient pas intégrés dans leur « matrice d’évaluation des risques »[1]. Le nouveau chef de gouvernement, fraîchement nommé, s’est empressé de trouver un compromis avec les partenaires sociaux. « Notre équipe gouvernementale doit relever d’immenses défis. Un large éventail de défis. Parmi ces défis qui urgent, l’apaisement du front social par l’obtention rapide d’une trêve sociale pour garantir des négociations sereines, exigeantes et courtoises avec les syndicats. Cette trêve constitue une urgence, une condition nécessaire pour un travail gouvernemental serein », a déclaré le premier ministre. Il reste maintenant une question essentielle qui taraude tout esprit averti ou perverti. Comment l’Etat va mobiliser les ressources nécessaires à la satisfaction des énormes engagements pris ? Avec quoi va-t-il financer ces nouvelles dépenses ? Y aura-t-il un collectif budgétaire ?

Source : aBamako

aBamako

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