Propos mémorables : Mr Alpha Oumar Konaré Président de la République (9avril 1993).

‘’Par Dieu, nous n’avons rien de mieux, ni de plus cher à notre cœur, que le Mali. J’en appelle donc au civisme et à la solidarité de tous les Maliens pour se dresser contre la montée du terrorisme, voire du fascisme, aux vrais démocrates et aux patriotes pour barrer la route aux fauteurs de trouble, afin de nous permettre de nous atteler à l’œuvre de développement qui nous attend.

Dieu m’a donné la chance de diriger ce pays avec votre aide, mais je répète aujourd’hui ce que j’ai dit le 8 juin 1992 : aucun homme seul, aucun parti seul ne peut construire la Mali.

Seules la solidarité, la tolérance, la concorde de toute la Nation, pourront venir à bout de nos misères criantes que sont l’analphabétisme, la maladie, la soif et la faim.

Il y a donc urgence à unir l’effort des Maliens et à opérer la jonction de toutes les forces de paix et de progrès. Nous devons, en ces heures tant graves, nous remémorer le passé récent et nous convaincre que plus jamais nous ne devons retomber dans le gouffre d’où le courage héroïque de notre peuple nous a tirés le 26 mars 1991.

Nous devons ici saluer les forces armées et de sécurité pour les sacrifices qu’elles ont consentis et qu’elles consentent pour la consolidation de la démocratie et la restauration de la paix sociale.

Nous devons saluer aussi les mouvements et le front unifié de l’Azawad, engagés avec nous dans le combat pour la démocratie.

L’héritage légué au mouvement démocratique était catastrophique à bien des égards. L’avènement de la IIIè République a coïncidé avec une période de forte dépression sur le plan économique et financier, aboutissant à une tension sociale extrême.

Je voudrais dire à tous que l’Etat ne peut faire que la politique de ses moyens. Je veillerai cependant à faire partager par tous cette réalité sans louvoiement, avec vérité, pour éviter les crises de confiance qui affaiblissent aussi l’autorité de l’Etat.

Ce n’est un secret pour personne qu’aujourd’hui l’Etat malien est fragilisé. Il l’a été par ceux qui avaient toutes les raisons de combattre un état de démocratie véritable. Ceux-là ont déployé une série d’obstacles de toute nature à la marche du progrès. Il l’a été aussi par certains qui, se réclamant de la démocratie, ne veulent pas en assumer les contraintes politiques et morales, même s’ils en réclament tous les avantages. Il l’a été enfin par ceux qui, atteints de nombrilisme, pensent que le soleil doit tourner autour de leur personne. Ils n’acceptent pas l’alternance comme une donnée politique incontournable dans le nouveau paysage politique de notre pays, même s’ils déclarent que c’est l’objectif de leur combat.

Je souhaite que chacun se départisse de l’esprit de vengeance.’’

Source : aBamako

aBamako

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